"Devoir de regard" - La campagne 2013 d’Amnesty

Dès le milieu du mois de mars débutera "Devoir de regard", nouvelle campagne d’Amnesty International Belgique francophone. Durant une année au moins et de façon itinérante, Amnesty va investir de nombreuses villes avec une exposition photographique exceptionnelle et d’autres événements.

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Cette photo-extraite de l’exposition "Devoir de regard"-d’une petite fille, Kim Phuc, fuynat les bombardements au napalm, a eu un énorme retentissement dans le monde entier. Elle a nourri les condamnations déjà vives de la guerre du Viêtnam et contribué au retrait des troupes américaines. Nick Ut/Ap/Sipa

En 2013, Amnesty International désirait aller à la rencontre de ses militants… mais aussi des autres sympathisants des droits humains, là où ceux-ci se trouvent. Puisqu’ouvrir les yeux c’est déjà agir, il s’agissait de sensibiliser ces personnes et de les inviter à agir en faveur des droits humains dans le monde. La campagne « Devoir de regard » était née… Cette volonté s’est en effet transformée en une véritable campagne dont le concept est plutôt simple : investir, tout au long de l’année 2013 (et peut-être audelà) et de façon itinérante, un certain nombre de villes de Belgique francophone (Bruxelles, Liège, Charleroi, Namur, Tournai, Louvain-la-Neuve, Mons, etc.). À chacune de ses haltes, grâce à la mobilisation des militants, la campagne se décline en trois temps :

  • une invasion visuelle créative et originale qui introduit de façon surprenante l’arrivée d’Amnesty dans la région investie ;
  • une exposition de photos mettant en avant le lien étroit entre l’art de la photographie et le travail de défense des droits humains d’Amnesty International ;
  • un événement public qui marque la présence d’Amnesty dans la ville et rassemble les sympathisants des droits humains.

D’une manière plus générale, au-delà de ces activités, ce sont les Individus en Danger (IED) qui constituent la thématique générale de la campagne. Ceux-ci sont des personnes pour qui se battent les militants d’Amnesty International, visant ainsi leur libération et/ou l’amélioration de leur situation. Ces IED proviennent de tous horizons et de toutes les régions du monde. Ce sont des personnes en danger en raison de leurs opinions, de leur identité ou de leurs activités en faveur des droits des autres. Ils courent un danger d’emprisonnement, de procès inéquitables, de torture, d’enlèvement, de mort et d’autres violations des droits humains internationaux et du droit humanitaire. Le choix d’une telle thématique témoigne d’une volonté, de la part de l’organisation, de donner un visage humain aux personnes pour lesquelles elle travaille. Amnesty International demeurant une association de personnes qui se battent pour le sort d’autres individus dans le monde, ce lien entre tous – entre le local et le global – est capital !

CÉDRIC GERBEHAYE, UN PHOTOGRAPHE ENGAGÉ
Cédric Gerbehaye est l’un des photographes belges dont le travail est représenté dans l’exposition. C’est d’ailleurs l’une de ses photos qui a été choisie pour illustrer les affiches de la campagne (voir couverture). Depuis de nombreuses années, il parcourt le monde, pour les yeux de tous…

ARRÊT SUR SON PARCOURS…

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Cédric Gerbehaye

Cédric Gerbehaye, journaliste de formation, est membre de l’Agence VU’. À partir de 2002, il s’intéresse au conflit israélo-palestinien avant de se pencher sur la question kurde, tant en Turquie qu’en Irak.

En 2006, il obtient deux récompenses au prix Photographie ouverte du musée de la Photographie de Charleroi. Un an après, son travail Gaza : pluies d’été est salué au prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre.

À partir de 2007, il se rend régulièrement en République démocratique du Congo et en ramène un état des lieux : Congo in Limbo qui fera l’objet d’un livre, de nombreuses expositions et lui vaudra sept distinctions internationales, parmi lesquelles un World Press Photo et l’Olivier Rebbot Award de l’Overseas Press Club of America.

Son attention se porte ensuite sur le Sud-Soudan avec le soutien de la Fondation Magnum et du Pulitzer Center. Sa série de reportages intitulée Land of Cush recoit le prix SCAM en 2012. Cette même année, il expose au Festival Photoreporter de Saint-Brieuc le premier chapitre d’un retour sur son pays d’origine, la Belgique.

En 2013, il est invité en résidence par le Festival ImageSingulières pour photographier la ville de Sète.

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Les enfants-soldats ont représenté jusqu’à 40% des combattants des conflits successifs qu’à connu la RDC ces dernières années. Les programmes de démobilisation et de réinsertion restent insuffisants pour effacer les stigmates d’années passées au combat. D’autres pays : Sri Lanka, Mexique, Colombie... sont touchés par ce phénomène. Cédric Gerbehaye/Agence VU’
Les enfants-soldats ont représenté jusqu’à 40% des combattants des conflits successifs qu’à connu la RDC ces dernières années. Les programmes de démobilisation et de réinsertion restent insuffisants pour effacer les stigmates d’années passées au combat. D’autres pays : Sri Lanka, Mexique, Colombie... sont touchés par ce phénomène. Cédric Gerbehaye/Agence VU’

UNE EXPOSITION PHOTOS DE CHOIX

Conçue pour poser un autre regard sur plus de 50 ans de combats pour les droits humains, l’exposition « Devoir de regard » constitue le coeur de la campagne. Elle rappelle le lien étroit qui, depuis ses débuts en 1961, rapproche Amnesty International et le travail des photographes. La sélection présentée souligne toute l’ampleur du rôle joué par ces derniers dans le combat pour les droits humains. Les images peuvent en effet être un appui déterminant dans le travail des organisations et des mouvements qui se donnent, comme Amnesty International, la mission d’identifier, de nommer, et de dénoncer les violations des droits humains. Des plus iconiques – images qui ont gravé dans la mémoire collective des faits majeurs – aux témoignages plus intimes d’engagements personnels ou de victoires décisives, ces photographies montrent aussi la complexité de témoigner. Tel le militant des droits humains dans certaines parties du monde, le photographe s’expose également à de nombreux périls par ses engagements. L’exposition proposée a été initialement montrée en France dans le cadre des Rencontres de la photographie d’Arles en 2011 et y a rencontré un grand succès. En Belgique, l’exposition, quelque peu modifiée, fait la part belle au travail extraordinaire de photographes belges, tels que Cédric Gerbehaye, Gaël Turine, Peter Casaer, Pierre Buch, mais aussi Teun Voeten. D’un autre côté, elle laisse aussi place à des photographes « stars » des grandes agences de photos de presse (AP/Sipa, Agence VU’, Noor Images, etc.).

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Birmanie. Au quartier de la Mong Tai Army (MTA), l’armée du seigneur de la drogue Khun Sa qui régnait à l’époque sur la production et le trafic d’opium et d’héroïne dans le célèbre Triangle d’Or. La MTA comprenait une "branche" constituée d’enfants issus des villages montagnards pauvres de la région. Ils recevaient une éducation scolaire et militaire. Thierry Falise

LA PHOTO AU SERVICE DES DROITS HUMAINS

La photo joue un rôle prépondérant dans l’examen des droits humains. Elle peut servir d’outil d’investigation et d’exposition. Elle provoque le dialogue et fournit un niveau de compréhension conceptuelle qui est immédiate. La photo donne aux violations des droits humains un support pour communiquer leurs histoires. Les images ont une qualité démocratique, quel que soit la langue, le niveau d’alphabétisation ou la nationalité, regarder la photo d’un étudiant qui se fait tuer par les forces de l’ordre ou de manifestants pacifiques qui se font arrêter, donne le témoignage de la souffrance universelle lorsque les droits humains sont violés. L’intersection entre l’art et les sphères politique et sociale est riche en histoire. L’art est une vraie liberté. L’art est la capacité illimitée de la liberté d’expression. L’art offre la capacité unique de capturer l’horreur et la beauté d’un événement. Sa fonction est de rester à jamais comme le rappel que ces moments forts – qu’ils soient inhumains ou libérateurs – se sont produits. L’éducation aux droits humains, à travers l’art entre autres, encourage les gens à penser de manière critique le monde autour d’eux, en mettant en balance les préjugés ou stéréotypes et en explorant différentes perspectives.

ET LES JEUNES DANS TOUT CA ?

Parce que les jeunes sont acteurs de changement, et que la construction d’un monde plus respectueux des droits humains ne se fera pas sans eux, la campagne « Devoir de regard » s’adresse aussi tout particulièrement à eux. La venue de la campagne près de chez eux est l’occasion de participer à des activités pédagogiques et ludiques sur le rôle de la photo et l’état des droits humains aujourd’hui, et d’agir pour les individus en danger.

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Une femme hazara relève sa burqa lors d’une visite d’une ONG médicale. Les violences domestiques et publiques sont tellement répandues que cela constitue un problème de santé publique, de même qu’un problème pour le respect des droits humains, mais il y a peu de statistiques et peu d’intérêt porté à ce problème. Le viol et les abus sexuels ne sont pas clairements définis comme des crimes. Banlieue Hazara. Kaboul, Afghanistan, octobre 1996. Gaël Turine/Agence VU’

UNE VISITE PÉDAGOGIQUE

Les jeunes du secondaire sont invités à venir visiter l’expo avec leur classe ou leur groupe de jeunes, accompagnés d’un professeur ou éducateur. Quelques jours avant la visite, l’encadrant recevra un fascicule de visite de l’exposition, réalisé par l’Ecole Normale de Mons. Ce petit guide propose plusieurs activités à mettre en place pendant l’exposition ou après, en classe. On dit souvent que « les images parlent d’elles-mêmes », mais une photo, en réalité, peut être comprise et interprétée de multiples manières. Analyser la composition d’une photo, le ressenti et les émotions qu’elle dégage, essayer de deviner l’intention du photographe, comprendre le contexte et approfondir les thématiques liées, etc : le fascicule balaye de nombreuses possibilités d’activités, qui permettront aux encadrants d’approcher l’exposition sous différents angles.

DES ACTIONS QUI ONT DU SENS

L’action pour les individus en danger s’adresse également particulièrement aux jeunes. N’oublions pas que, « Devoir de regard » s’adressant à toute la Wallonie et Bruxelles, de nombreux jeunes qui viendront visiter l’exposition n’auront jamais participé à une action Amnesty. C’est l’occasion pour eux d’agir de manière concrète pour les droits humains, de participer à une action qui a du sens et qui peut porter ses fruits. Les individus que nous avons choisis pour « Devoir de regard » sont emblématiques de trois thématiques sur lesquels le Programme Jeunes d’Amnesty Belgique mène - ou a mené récemment - campagne : les enfants-soldats, la liberté d’expression et le droit des femmes. Des fiches pédagogiques sur les individus en danger seront disponibles pour les écoles, ainsi que les dossiers pédagogiques correspondant à ces trois thématiques. Les encadrants pourront ainsi continuer l’action après l’exposition et creuser les thématiques abordées.

INFORMATIONS ET INSCRIPTIONS POUR LES ÉCOLES :

Zoé Spriet, responsable secteur jeunes, zspriet@amnesty.be / 02/ 543 79 08. Site web : www.amnesty.be/jeunes

AGENDA
L’exposition (accompagnée d’autres événements) passera par une trentaine de villes de Belgique francophone, à commencer par Bruxelles.

  • Bruxelles, au Palais de Justice du 15 au 29 mars 2013.
  • Namur, aux Facultés Universitaires ND Namur du 20 avril au 10 mai 2013.
  • Liège, à l’Hôtel de ville du 15 mai au 1er juin 2013.
  • Charleroià la Maison de la Laïcité du 7 au 21 octobre 2013.
  • Mons, au Manège-Maison Folie du 25 octobre au 10 novembre 2013
  • Louvain-La-Neuve, à la Salle des Tapisseries de l’UCL du 20 novembre au 8 décembre 2013.

De nombreux autres lieux de passage de la campagne et de l’exposition seront confirmés prochainement. Retrouvez tous les détails concernant ces événements sur www.devoirderegard.be et à cette adresse : campagnes@amnesty.be

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.