#Jesuishumain-e : un an de mobilisation et des défis toujours plus grands

Alors que des politiques de discrimination à l’égard des migrants et des réfugiés sont menées dans de nombreux pays, dont la Belgique, la campagne #JeSuisHumain-e bat son plein.
Objectif : faire de la Belgique un pays plus respectueux des droits de celles et ceux qui fuient les conflits et les persécutions.

200 000 livrets contre les préjugés distribués en Belgique francophone, une forte présence dans les festivals d’été, des concerts célébrant l’humanité qui nous rassemble et près de 20 000 signatures recueillies pour demander à notre gouvernement une Belgique plus accueillante envers les personnes en quête de protection. Les actions menées durant la campagne depuis mars dernier ont été nombreuses, et vont continuer.

Ces initiatives positives et pleines d’humanité contrastent avec les politiques menées par nos gouvernements européens, qui n’ont cessé de s’éloigner toujours un peu plus des valeurs qu’ils prétendent défendre.

DES ACCORDS HONTEUX

Ainsi, il y a un an, était conclu un accord entre l’Italie et la Libye prévoyant des mesures pour empêcher les réfugiés et les migrants de se rendre en Europe. Dans ce cadre, le gouvernement italien et l’Union européenne (UE) ont fourni aux garde-côtes libyens des bateaux, des formations et de l’aide pour patrouiller en Méditerranée et repousser les réfugiés et les migrants qui tentent une traversée désespérée pour rejoindre l’Europe.

Les conséquences de cet accord sont catastrophiques : des milliers de personnes demeurent confinées dans des camps de détention libyens où la torture, la détention arbitraire et les extorsions sont monnaie courante. Les terribles images qui ont déferlé sur nos écrans récemment sont venues nous le confirmer.

Autre date, autre triste anniversaire. Le 26 mars, cela fera deux ans que l’UE et la Turquie ont scellé un accord qui correspond à un « marchandage » de réfugiés syriens arrivés sur les îles grecques — que les autorités de ce pays espèrent envoyer précipitamment en Turquie. Là encore, les effets sont désastreux : 15 000 personnes sont actuellement bloquées dans les îles grecques, la grande majorité ayant fui leurs foyers à cause de la guerre.

Cet accord, qui part du principe que la Turquie est un pays sûr pour les réfugiés syriens — ce qui est loin d’être le cas, a été salué comme un succès par beaucoup puisqu’il a réduit le nombre de personnes arrivant en Grèce. Mais en réalité, c’est encore un autre moyen pour l’UE de transférer sa responsabilité envers les réfugiés vers d’autres pays. Il condamne également des milliers de personnes très vulnérables à des conditions épouvantables.

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Le 20 septembre, quelque 6 000 personnes ont assisté aux concerts de plus de 60 artistes dans le cadre du #JeSuisHumain-e United Music Festival à Bruxelles

ET LA BELGIQUE DANS TOUT ÇA ?

La Belgique n’est malheureusement pas en reste. Récemment, le gouvernement a insuffisamment évalué les risques de torture ou de mauvais traitements que couraient plusieurs individus en les renvoyant dans leur pays, le Soudan. Elle a ainsi violé le principe de non-refoulement qui interdit aux États de renvoyer toute personne (demandeuse d’asile ou non) dans un pays où il existe un risque réel qu’elle soit victime de violations graves des droits humains.

Amnesty International condamne la manière dont la Belgique a collaboré avec le gouvernement soudanais par le biais d’une « mission d’identification », qui n’a pas été assortie de garanties suffisantes. Elle a notamment mis en contact la délégation soudanaise avec des migrants arrêtés avant même que leur besoin de protection ne soit évalué.

Heureusement, dans un contexte où notre gouvernement entend se baser sur des sondages faisant état d’une population peu favorable à l’accueil, se multiplient encore et encore des actes citoyens d’êtres humains envers d’autres êtres humains, malgré les écueils en tout genre. Ces élans de solidarité témoignent de l’indignation de la population face à ce qui se passe dans le monde et face à ce qui se passe en Belgique.

Ces manifestations d’humanité sont à mettre en exergue pour montrer à nos autorités que la population n’est pas d’accord avec les orientations prises en matière de migration. Notre pétition #JeSuisHumain-e s’inscrit dans la même lignée.

Ce que nous demandons est clair : la dignité humaine doit retrouver sa place au coeur des politiques migratoires. La Belgique doit non seulement veiller à respecter les droits humains des personnes en quête de protection via les coopérations qu’elle mène au sein de l’Union européenne, mais elle doit en outre le faire dans ses coopérations bilatérales. L’un des moyens d’y parvenir : mettre en place des voies d’accès sûres et légales. La Belgique, comme les autres pays européens, doit veiller à ce que des garanties soient mises en place et se mobiliser en priorité pour offrir des places de réinstallation et des visas humanitaires à ceux qui en ont tant besoin.

Pour donner du poids et de la force à nos demandes, nous avons besoin de vous. Vous avez déjà été 20 000 à signer notre pétition. Si ce n’est pas encore fait, signez-la et diffusez-la, de façon à ce que d’ici au 20 juin, Journée mondiale des réfugiés, nous récoltions 30 000 signatures complémentaires.

Parce qu’il est temps de dire non à des politiques migratoires inhumaines, soyons plus que jamais #JeSuisHumain-e. amnesty.be/jesuishumain #JeSuisHumain circule partout à Bruxelles et en Wallonie.

Photo : © Johanna de Tessières/Collectif Huma

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