Les défenseurs des droits humains en danger

Depuis la tentative de coup d’État de juillet 2016, les autorités turques mènent une campagne de répression sans limite. Les défenseurs des droits humains et Amnesty en font les frais.

16 juillet 2016. Le jour se lève sur une Turquie sous le choc.
Une tentative de coup d’État a eu lieu et s’est soldée par de terribles violences. Depuis lors, une intense répression s’est abattue sur le pays, dépassant largement le cadre des poursuites contre les responsables de la tentative de putsch.
Les fonctionnaires, la société civile et les médias sont visés. Plus de 100 000 enseignants, représentants des forces de l’ordre, professionnels de la santé et de la justice ont ainsi été limogés et nombre d’entre eux emprisonnés ; plusieurs centaines d’ONG et de médias ont été fermés et plus de 120 journalistes incarcérés. Il est clair que le but recherché est d’étouffer toutes les voix critiques du régime. Chaque jour, l’espace accordé à la dissidence se réduit, et celles et ceux qui veulent dénoncer la situation le paient au prix fort.

Les défenseurs des droits humains dans la ligne de mire

Depuis le mois de juin, Amnesty International est elle-même victime de cette répression. Le 6 juin, Taner Kiliç, le président de la section turque d’Amnesty International, a en effet été arrêté et inculpé plus tard d’appartenance à l’« organisation terroriste de Fethullah Gülen ». Il est en détention provisoire, alors qu’aucun élément de preuve crédible n’a été présenté pour étayer les accusations portées contre lui. Moins d’un mois plus tard, le 5 juillet, c’est la directrice d’Amnesty International Turquie, Idil Eser, qui a été arrêtée avec neuf autres défenseurs des droits humains lors d’un séminaire. Si quatre d’entre eux ont été libérés sous caution, six sont encore derrière les barreaux et ils sont tous soupçonnés d’avoir « commis une infraction pour le compte d’une organisation terroriste sans en être membre ». Ces arrestations absurdes sont une attaque contre six des plus importantes ONG de défense des droits humains du pays ; elles portent un coup fatal à une société civile turque assiégée de toutes parts.

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Le 25 juillet, Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty, a rencontré Federica Mogherini, haute représentante de la Commission européenne pour les affaires étrangères, et lui a remis près de 900000 signatures collectées par Amnesty International et Avaaz.

AMNESTY CONTRE-ATTAQUE

Notre objectif est clair : nous voulons la libération de tous les défenseurs des droits humains emprisonnés. Aussi, à Bruxelles et dans de nombreuses autres capitales, au cours de l’été, des manifestations ont été organisées devant les ambassades turques.

Le 25 juillet, près de 900 000 signatures ont été remises par Salil Shetty, le Secrétaire général de notre organisation, à la haute représentante de la Commission européenne pour les affaires étrangères, Federica Mogherini.


Cette dernière devait rencontrer le ministre des Affaires étrangères turc plus tard dans la journée et nous lui avons demandé d’aborder avec lui de toute urgence la question des défenseurs des droits humains emprisonnés. Cette action a été couronnée de succès puisque le ministre turc a ensuite reconnu publiquement qu’Amnesty International était« une organisation internationale crédible ». Il a toutefois déclaré que nous pourrons « mener librement [nos] activités », ce qui est fort audacieux au vu de l’incarcération des membres de la section turque.

Tant que Idil, Taner et les autres défenseurs des droits humains resteront derrière les barreaux, nous n’aurons de cesse d’exhorter les autorités turques à les libérer et à donner un coup d’arrêt la répression dont sont victimes les ONG. Au travers de sa campagne #FreeTurkeyMedia, nous continuons par ailleurs de soutenir les médias d’opposition que le régime tente de faire taire, et notamment les 17 membres du personnel (journalistes, responsables et avocats) du journal Cumhuriyet, dont 12 avaient été placés en détention provisoire l’année dernière. Suite à une mobilisation intense, sept d’entre eux ont été libérés sous condition le 28 juillet, mais les cinq autres sont toujours détenus et tous sont encore inculpés.

Agissez avec nous pour la libération de tous les défenseurs des droits humains emprisonnés.

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