le saviez-vous ? Le 20 juin, journée mondiale des réfugiés

La Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés définit le réfugié comme une personne qui, « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays. »
Les réfugiés ont quitté leur pays parce qu’ils n’avaient pas le choix et craignaient pour leur sécurité ou celles de leur famille. Souvent les autorités de leur pays ne peuvent pas ou ne veulent pas les protéger ; parfois, ce sont précisément les pouvoirs publics qui les persécutent. Si d’autres pays ne leur offrent pas le refuge et le soutien qui leur est nécessaire, ils risquent dans bien des cas des atteintes aux droits humains et même la mort.

irak : pas de refuge possible

Les Irakiens qui ont trouvé refuge à l’étranger, en particulier dans des pays d’Europe de l’Ouest, risquent d’être renvoyés de force et exposés de nouveau aux dangers qui les avaient poussés à fuir leur pays.
Chaque mois, des centaines de civils sont tués ou blessés dans les violences qui continuent à déchirer l’Irak. Rien que la première semaine d’avril 2010, plus de 100 civils ont été tués dans des attentats-suicides et d’autres attaques ciblées. Le mois précédent – au cours duquel se sont déroulées les élections parlementaires – au moins 200 civils avaient été tués, et sans doute bien davantage.
Les civils sont toujours les principales victimes. Beaucoup d’entre eux sont visés en raison de leur religion, de leur origine ethnique ou de tout autre élément d’ordre identitaire, ou encore parce qu’il s’agit de défenseurs des droits humains, de journalistes ou de militants politiques.
En février 2010, par exemple, huit chrétiens ont été tués dans des attaques ciblées à Mossoul. Le 13 avril, Omar Ibrahim Al Jabouri, un journaliste de la chaîne de télévision Rasheed, a perdu ses deux jambes lorsqu’une bombe fixée à son véhicule a explosé.
Les hommes et les femmes qui contestent les rôles liés aux genres ou les codes moraux traditionnels font encore l’objet d’attaques de groupes armés ou de milices, et peuvent même être agressés par des proches, qui considèrent parfois qu’ils défendent l’« honneur » de la famille.
Les groupes armés, comme la branche irakienne d’Al Qaïda, sont responsables de la plupart de ces homicides. Néanmoins, les forces de sécurité irakiennes et étrangères, ainsi que les milices, ont également fait preuve d’un profond mépris pour la sécurité des civils. Une vidéo rendue publique en avril 2010 en est une illustration brutale : elle montre des militaires américains en train de tuer des civils, y compris des professionnels des médias, depuis un hélicoptère survolant Bagdad ; les faits remontent à 2007.
Malgré la violence qui sévit actuellement en Irak et qui fait l’objet d’un nouveau rapport d’Amnesty International intitulé Civilians under fire, certains États européens continuent à renvoyer de force des personnes dans ce pays. En 2009, le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède ont expulsé des dizaines d’Irakiens vers les zones les plus dangereuses, notamment le centre du pays, et ce en violation des directives du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Le 30 mars 2010, les Pays-Bas ont renvoyé de force au moins 35 Irakiens à Bagdad. Certaines de ces personnes ont fait part de leurs craintes à Amnesty International. Parmi elles figurait un jeune homme de 22 ans : ce Turkmène chiite est originaire de Tal Afar, ville située au nord de Mossoul, où des centaines de civils ont été tués au cours des dernières années au cours d’épisodes violents motivés par l’intolérance religieuse ou des considérations politiques, et où les violences se poursuivent. À la mi-avril, il était toujours bloqué à Bagdad.

Agissez

Signez la pétition ICI

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse