Kenya : pour la dignité, améliorer la sécurité

Dans les bidonvilles de Nairobi, les agressions et les viols mena- cent les femmes qui s’aventurent jusqu’aux toilettes. Le gouverne- ment kenyan doit veiller à leur sécurité.
La violence contre les femmes est omniprésente dans les bidonvilles de Nairobi. À la maison, dans la rue et au travail. Infligée par les propriétaires ou le personnel de sécurité. La police est pratiquement absente de ces quartiers, et les femmes qui subissent des violences n’ont guère d’espoir d’obtenir justice.

La difficulté d’accéder à des installations sanitaires et en particulier à des toilettes aggrave encore l’insécurité dans laquelle vivent ces femmes. Bien souvent, il leur faut une dizaine de minutes de marche pour rejoindre des toilettes. La nuit, le risque de viol ou d’agression est trop élevé. Elles ne peuvent donc pas sortir et doivent se débrouiller autrement.
Lancé à Nairobi le 7 juillet dernier en partenariat avec plusieurs groupes de femmes concernées, le rapport d’Amnesty International intitulé Insecurity and indignity – women’s experiences in the slums of Nairobi, Kenya (AFR 32/002/2010) évoque la situation des femmes dans les bidonvilles de Nairobi.
Il souligne que la loi kenyane fait obligation aux propriétaires de prévoir des installations sanitaires et notamment des toilettes dans tout nouveau bâtiment. Les autorités locales, notamment le conseil municipal et les responsables des services de santé publique, doivent veiller à ce que les propriétaires s’acquittent de ces obligations.
Si la législation et les normes en matière d’installations sanitaires sont respectées dans la plupart des quartiers de Nairobi – certains propriétaires qui ne fournissaient pas les services requis ont même été traduits en justice –, il n’en va pas de même dans les bidonvilles et les zones d’habitat précaire.
Les propriétaires et les promoteurs privés construisent bien souvent des habitations dépourvues de toute installation sanitaire. Souvent, les propriétaires ne sont pas prêts à faire des frais pour ce genre d’équipement, car un grand nombre de ces bâtiments, sortis de terre sans autorisation officielle, risquent d’être démolis à tout moment. Les pouvoirs publics les lais- sent faire.
Des délégués d’Amnesty International ont rencontré des représentants du gouvernement kenyan avant le lancement du rapport, et ont plaidé en faveur d’une meilleure sécurité pour les habitantes des bidonvilles.
Amnesty International associe des groupes de femmes des bidonvilles aux décisions concernant l’orientation des recherches et de la campagne. Les personnes vivant dans la pauvreté ont en effet un rôle essentiel à jouer dans la lutte contre ce fléau.
Après le lancement du rapport, l’organisation est revenue dans les quartiers où les recherches avaient été menées et a présenté le document final, avec un résumé en swahili, aux groupes de femmes qui y avaient contribué. Des ateliers d’une journée ont été organisés à Kibera, Mukuru Kwa Njenga, Mathare et Korogocho, les quatre bidonvilles de Nairobi où l’enquête avait eu lieu. Les habitantes ont été consultées sur la forme à donner à la campagne pour qu’elle fasse progresser la cause de la sécurité et de la dignité des femmes dans les bidonvilles de Nairobi.

Journée mondiale des toilettes : manifestation le 19 novembre 2010. Nous y étions — Vous y étiez !

La vidéo et les photos de cette manif sont disponibles ICI : http://www.amnestyinternational.be/doc/article16516.html

Demandez également aux ministres d’aider les propriétaires dépourvus des moyens nécessaires pour installer des toilettes et des salles d’eau. un modèle de lettre existe en ligne à la page : www.isavelives.be/fr/node/6047

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