SÉNÉGAL

République du Sénégal
CAPITALE : Dakar
SUPERFICIE : 196 720 km²
POPULATION : 11,7 millions
CHEF DE L’ÉTAT : Abdoulaye Wade
CHEF DU GOUVERNEMENT : Macky Sall
PEINE DE MORT : abolie
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifié

Les affrontements armés ont cessé en Casamance, dans le sud du pays. Des réfugiés et des paysans qui avaient dû quitter leurs terres ont pu rentrer chez eux après le lancement des travaux de reconstruction et de déminage. De nouvelles atteintes à la liberté d’expression se sont produites ; plusieurs journalistes et opposants politiques ont été arrêtés. L’adoption d’une loi d’amnistie sur les infractions à caractère politique commises dans le passé n’a fait que renforcer l’impunité.

Contexte

Les travaux de reconstruction et de déminage ont débuté en Casamance, à la suite de l’accord de paix de décembre 2004 qui a mis un terme à deux décennies de conflit dans la région. Le retour des réfugiés, des anciens combattants et des agriculteurs déplacés a ainsi pu commencer. Lancées au mois de février, les négociations sur la mise en œuvre de l’accord ont buté sur les divisions existant entre les différentes factions du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Émanant des organisations issues de la société civile et de certains partis politiques, le mouvement de protestation contre le président Wade s’est accentué après l’arrestation, au mois de juillet, de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck (voir ci-dessous), et la multiplication des actes d’intimidation visant des journalistes et des opposants politiques.

Arrestation d’Idrissa Seck

En juillet, l’ancien Premier ministre Idrissa Seck a été arrêté et inculpé, de toute évidence uniquement pour des raisons politiques, d’atteinte à la sûreté de l’État. Il a ensuite fait l’objet d’une seconde inculpation, pour détournement de fonds. Idrissa Seck était toujours détenu à la fin de l’année 2005. Certains de ses droits n’ont pas été respectés, notamment celui de pouvoir rencontrer ses avocats en privé. Plusieurs autres personnes ont été retenues pendant de courtes périodes ou interrogées dans le cadre de cette affaire.

Atteintes à la liberté d’expression

Cette année encore, des journalistes et des opposants politiques ont été victimes d’actes de harcèlement et d’intimidation visant à restreindre leur liberté d’expression.
En mai, Abdourahim Agne, dirigeant du Parti de la Réforme (opposition), a été arrêté et inculpé d’incitation à l’insurrection populaire. Il avait appelé la population à suivre l’exemple de l’Ukraine et à tenir des rassemblements pacifiques afin d’obtenir le départ du président Wade. Abdourahim Agne a été remis en liberté provisoire en juin.
Au mois d’octobre, la police a fermé Sud FM et arrêté une vingtaine de ses employés. Cette station, l’une des principales radios privées du pays, avait diffusé une interview d’un chef militaire du MFDC, Salif Sadio, qui appelait à la sécession de la Casamance. Le ministre de l’Information a déclaré que la suspension avait été décidée car l’interview risquait de « porter atteinte à la sûreté de l’État ». Les employés de Sud FM ont été relâchés quelques heures après leur interpellation, et la radio a pu reprendre ses émissions.

Impunité

En dépit des promesses des autorités à ce sujet, aucune mesure n’a été prise pour mettre un terme à l’impunité dont bénéficiaient les auteurs d’atteintes aux droits humains. En janvier, le Parlement a adopté une loi octroyant une amnistie pour les infractions à « motivations politiques » commises entre le 1er janvier 1983 et le 31 décembre 2004.

Affaire Hissène Habré

Le Sénégal n’a pas accédé à la demande d’extradition présentée par la Belgique contre l’ancien président tchadien. Hissène Habré fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par un juge belge, qui l’a inculpé pour les graves violations des droits humains commises pendant sa présidence, de 1982 à 1990. Il vit au Sénégal depuis qu’il a dû quitter le pouvoir, en 1990. Amenée à statuer sur la demande d’extradition, la cour d’appel de Dakar s’est déclarée incompétente en novembre. Les autorités sénégalaises ont fait savoir quelques jours plus tard qu’il appartenait à l’Union africaine d’indiquer quelle juridiction était compétente pour juger l’affaire Habré, et que l’ancien président tchadien resterait au Sénégal dans l’attente de cette décision.

Autres documents d’Amnesty International

 Sénégal. Le gouvernement doit immédiatement arrêter et extrader Hissène Habré vers la Belgique pour qu’il puisse y répondre des crimes contre l’humanité dont il est accusé (AFR 49/001/2005).

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