TANZANIE

République-Unie de Tanzanie
CAPITALE : Dar es Salaam
SUPERFICIE : 945 087 km²
POPULATION : 38,3 millions
CHEF DE L’ÉTAT : Benjamin William Mkapa, remplacé par Jakaya Kikwete le 21 décembre
CHEF DU GOUVERNEMENT : Frederick Tluway Sumaye, remplacé par Edward Ngoyai Lowassa le 30 décembre
PEINE DE MORT : maintenue
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : non signé

Des atteintes aux droits humains ont été signalées pendant les élections à Zanzibar. Des mutilations génitales féminines continuaient d’être pratiquées. Environ 400 personnes étaient condamnées à mort. Aucune sentence capitale n’a été exécutée.

Contexte

Les scrutins programmés en octobre pour élire le chef de l’État et le Parlement ont été reportés à décembre. Jakaya Kikwete, le candidat du parti au pouvoir, Chama Cha Mapinduzi (CCM, Parti de la révolution), a prêté serment après avoir remporté l’élection présidentielle contre le Civic United Front (CUF, Front civique unifié) et les autres candidats de l’opposition. Le CCM a remporté 206 des 232 sièges que compte le Parlement.

Élections à Zanzibar

Les élections présidentielle, législatives et locales concernant l’île semi-autonome de Zanzibar ont eu lieu en octobre. Amani Abeid Karume, le candidat du CCM, a été réélu à la présidence, devant le candidat du CUF. Le CCM a obtenu 30 sièges, contre 19 pour le CUF.
Le CUF a déclaré que les forces de sécurité et de jeunes miliciens favorables au CCM (appelés « Janjawid ») s’étaient rendus coupables de nombreuses violations des droits humains pendant les inscriptions sur les listes électorales au début de l’année 2005, notamment en frappant et en arrêtant de manière arbitraire certains de ses partisans.
Dans les semaines qui ont précédé les élections, des affrontements violents ont éclaté entre partisans du CCM et du CUF, faisant de très nombreux blessés. Lors d’un rassemblement apparemment pacifique organisé le 9 octobre malgré l’interdiction des autorités, la police a tiré sur la foule, blessant huit sympathisants de l’opposition.
Les scrutins ont été suivis de trois jours d’affrontements entre les partisans du CUF, qui dénonçaient des fraudes électorales, et les forces de sécurité. Dans les rangs des premiers, certains ont jeté des pierres et brûlé des pneus tandis que d’autres manifestaient pacifiquement. Les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau pour disperser la foule. Des dizaines d’arrestations ont eu lieu et deux manifestants auraient été tués. Certaines des personnes placées en détention ont été inculpées, mais aucune n’avait été jugée fin 2005.
Selon certaines informations, les forces de sécurité auraient frappé et volé de nombreux partisans du CUF sur l’île de Pemba ; elles auraient également tiré sur l’un d’entre eux.
En novembre, plusieurs dirigeants du CUF ont été placés en détention pour une courte période.

Violences contre les femmes

Les mutilations génitales féminines restaient répandues dans de nombreuses régions de la Tanzanie continentale, bien que cette pratique soit illégale sur les jeunes filles de moins de dix-huit ans. Aucune poursuite ne semblait avoir été engagée.

Défenseurs des droits humains

Christopher Kidanka, un responsable du Legal and Human Rights Centre (LHRC, Centre juridique des droits humains), et Mpoki Bukuku, photographe au journal The Citizen, ont fait partie des dizaines de personnes rouées de coups par des gardiens de prison à Dar es Salaam le 10 septembre. Les deux hommes enquêtaient sur l’expulsion de personnes installées illégalement sur des terrains appartenant à la prison d’Ukonga. Par la suite, plusieurs gardiens ont été inculpés de coups et blessures.

Peine de mort

Plusieurs sentences capitales ont été prononcées. Il n’y a eu aucune exécution en 2005. À la fin de l’année, environ 400 détenus étaient sous le coup d’une condamnation à mort.

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