ARGENTINE

République argentine
CAPITALE : Buenos Aires
SUPERFICIE : 2 766 889 km²
POPULATION : 38,7 millions
CHEF DE L’ÉTAT et du GOUVERNEMENT : Néstor Kirchner
PEINE DE MORT : abolie sauf pour crimes exceptionnels
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée avec réserves
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : signé

Selon les informations reçues, des milliers de prisonniers étaient détenus dans des conditions déplorables. Les forces de sécurité auraient fait un usage excessif de la force contre des manifestants et des groupes indigènes. D’importantes décisions de justice ont témoigné des progrès accomplis dans la lutte contre l’impunité pour les violations des droits humains commises par les militaires.

Contexte
Malgré une certaine reprise économique, un grand nombre de personnes étaient encore touchées par la pauvreté. Le taux de chômage s’élevait à 12,1 p. cent. Selon certaines sources, quelque cinq millions de personnes occupaient un emploi non déclaré ; leurs droits en matière de travail n’étaient en général pas respectés et elles ne bénéficiaient d’aucune assurance sociale. Cette année encore, des piqueteros (membres de groupements de chômeurs) ont organisé des manifestations pour exiger du travail ainsi qu’une augmentation des allocations chômage et des salaires.
En septembre, le gouvernement a approuvé un Plan national contre la discrimination.

Populations indigènes
En août et en septembre, des représentants des populations autochtones ont demandé que le gouvernement national mette fin aux expulsions violentes et suspende des projets d’exploitation minière envisagés dans certaines régions habitées par des communautés indigènes.
En juillet, José Galarza, soixante-treize ans, chef de la communauté indigène wichi de Pozo Nuevo (province de Salta), aurait été grièvement blessé par des balles en caoutchouc tirées par des policiers qui pénétraient en territoire indigène en vue de récupérer le véhicule d’un propriétaire terrien. Les Wichis s’en étaient emparés pour protester contre le déclôturage de terres dont ils affirmaient qu’elles appartenaient à leur communauté.

Manifestations
En avril, des enseignants qui participaient à une manifestation pacifique pour soutenir des revendications salariales à Salta (province de Salta) ont été roués de coups et tenus en joue par des policiers armés. Certains manifestants ont dû recevoir des soins médicaux, et plusieurs ont été arrêtés et inculpés. Tous ont été remis en liberté par la suite.

Prisons
En 2005, quelque 62 500 personnes étaient détenues dans les prisons argentines. Dans la plupart des établissements de province, les services les plus élémentaires comme l’eau potable et les soins médicaux faisaient défaut, les conditions d’hygiène et l’éclairage étaient insuffisants, tout comme les programmes de réinsertion. Le problème de la surpopulation carcérale était généralisé, et des détenus auraient été maltraités par des gardiens. Soixante-quinze pour cent des personnes incarcérées étaient en détention provisoire. Dans les prisons de Córdoba, Coronda, Rosario, Tucumán, Mendoza et Magdalena, des détenus ont pris part à des mouvements de protestation et à des émeutes qui ont fait plusieurs morts.
En octobre, au moins 33 détenus ont été tués dans un incendie qui s’est déclaré dans le quartier n°16 de l’unité pénitentiaire 28 de Magdalena (province de Buenos Aires). D’après les informations reçues, un mouvement de protestation avait été lancé pour exiger de meilleures conditions de détention. La plupart des victimes sont mortes par asphyxie. D’après les informations recueillies, des gardiens auraient verrouillé les portes lorsque l’incendie s’est déclaré ; des détenus d’une aile voisine ont néanmoins réussi à libérer certaines des personnes piégées à l’intérieur. L’enquête judiciaire ouverte sur cette affaire n’était toujours pas terminée fin 2005.
En juin, Ricardo David Videla Fernández, un adolescent condamné à la réclusion à perpétuité, a été retrouvé pendu dans sa cellule du quartier de haute surveillance n°2 de la prison de Mendoza (province de Mendoza). Quelques jours auparavant, le jeune homme aurait été maintenu dans des conditions de détention inhumaines et dégradantes, selon une commission locale de suivi des politiques carcérales.

Des décisions de justice pour lutter contre l’impunité
En juin, la Cour suprême a déclaré anticonstitutionnelles la Loi du « point final » et la Loi sur le devoir d’obéissance, confirmant ainsi la décision du Congrès qui les avait abrogées en août 2003. Ce nouvel arrêt rendait possible l’ouverture de poursuites contre des militaires soupçonnés d’avoir commis des violations des droits humains sous le régime militaire (1976-1983).

Adolfo Scilingo
Au mois d’avril, l’ancien officier de marine Adolfo Scilingo a été jugé en Espagne pour des crimes contre l’humanité - dont la détention arbitraire et la torture - commis en Argentine sous le régime militaire. Condamné à six cent quarante années d’emprisonnement, il devrait en passer trente derrière les barreaux. L’ancien officier avait reconnu s’être trouvé à bord d’avions transportant des détenus que l’on droguait et déshabillait avant de les jeter à la mer.

Visites d’Amnesty International
Une délégation d’Amnesty International s’est rendue à Santiago del Estero, Salta, Jujuy et Mendoza au mois de mai.

Autres documents d’Amnesty International

 Argentina : Implementation of the United Nations Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment (AMR 13/001/2005).

 Argentine. Un jugement historique ouvre la voie à la justice dans le pays (AMR 13/005/2005).

 Argentina : Memorandum to the Governor of Mendoza Province (AMR 13/008/2005).

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