HONDURAS

République du Honduras
CAPITALE : Tegucigalpa
SUPERFICIE : 112 088 km²
POPULATION : 7,2 millions
CHEF DE L’ÉTAT et du GOUVERNEMENT : Ricardo Maduro
PEINE DE MORT : abolie
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : non signé

Cette année encore, des défenseurs des droits humains et des personnes militant pour les droits des communautés autochtones ont été harcelés, emprisonnés sur la base d’accusations pénales forgées de toutes pièces, torturés ou assassinés. Le nombre de plaintes portant sur des violences envers les femmes au sein de la famille a continué de monter en flèche.

Contexte
Manuel Zelaya, membre du Partido liberal (Parti libéral, opposition), a remporté l’élection présidentielle de novembre.
En juin, plus de la moitié de la dette extérieure du Honduras a été effacée dans le cadre d’un programme en faveur des pays pauvres lourdement endettés. Environ 64 p. cent de la population vivaient dans la pauvreté ; selon l’indicateur du développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Honduras était classé 116e sur 177 pays. Des ouragans ont fait des dizaines de morts ; des milliers de personnes se sont également retrouvées à la rue et des cultures ont été détruites.

Agressions de défenseurs des droits humains
Des militants écologistes et des défenseurs des droits des indigènes figuraient au nombre des personnes emprisonnées, torturées ou assassinées. Le gouvernement n’a pas fait preuve de la volonté politique suffisante pour mettre fin aux atteintes aux droits fondamentaux, dont les instigateurs étaient le plus souvent d’influents propriétaires terriens ou des compagnies d’exploitation forestière.
Le 24 mai, Edickson Roberto Lemus, coordonnateur régional de la puissante Central Nacional de Trabajadores del Campo (Centrale nationale des travailleurs agricoles), a été abattu dans un autobus par un individu non identifié. Il se rendait auprès de l’organisation paysanne Renacer (Renaître), dans la communauté d’El Pajuiles (département de Yoro), qui s’était vu signifier un ordre d’expulsion le 19 mai. La victime avait fait l’objet de menaces, mais les autorités auraient déclaré être dans l’impossibilité d’assurer sa protection. Fin 2005, personne n’avait encore été identifié ou arrêté pour des faits liés à ce meurtre.
Feliciano Pineda, dirigeant d’une communauté indigène dans la municipalité de Gracias (département de Lempira), a été attaqué et grièvement blessé au mois de juin. Dès son arrivée à l’hôpital, il a été menotté et mis en état d’arrestation, puis incarcéré avant d’avoir pu recevoir des soins. Les charges retenues contre lui auraient été forgées de toutes pièces. Il a été acquitté, en décembre, du chef d’homicide mais est resté emprisonné pour des infractions moins graves malgré l’expiration du délai de détention sans jugement prévu en la matière.
Le cas des dirigeants indigènes Marcelino et Leonardo Miranda était toujours devant les tribunaux. Condamnés à l’issue d’un procès à caractère politique en raison de leur action visant à résoudre des conflits fonciers et à défendre les droits des indigènes, ils cherchaient à obtenir l’annulation de la peine de vingt-cinq ans d’emprisonnement qui leur avait été infligée. Les deux hommes ont été tortures à plusieurs reprises pendant leur détention provisoire. Le recours pour irrégularités de procédure formé en 2004 devant la Cour suprême a été rejeté en août. Au mois d’octobre, un nouveau recours pour mauvaise application de la loi a été soumis à la Cour suprême, qui ne s’était toujours pas prononcée à la fin de l’année 2005.

Violences contre les femmes
D’après les informations reçues, les tribunaux spéciaux mis en place pour traiter des affaires de violences conjugales étaient débordés en raison de l’augmentation du nombre de plaintes. Plus de 30 000 auraient été déposées entre 2000 et le milieu de l’année 2005. Selon la procureure spéciale chargée de la condition féminine, sur dix femmes ayant dénoncé des violences, trois finissaient par être tuées par leur agresseur. En août, le procureur général adjoint, Omar Cerna, aurait reconnu que les allégations de violence au sein de la famille n’étaient pas suffisamment prises au sérieux.
En janvier, Marta Beatriz Reyes a été grièvement brûlée pendant son sommeil, semble-t-il par son mari dont elle s’était séparée. Emmenée à l’hôpital à San Pedro Sula avec des brûlures du deuxième et du troisième degré sur 40 p. cent du corps, elle est morte onze jours plus tard. Elle avait quitté son mari après avoir vécu des années de violences. Elle avait porté plainte à plusieurs reprises, mais la police n’était pas intervenue et n’avait pris aucune mesure pour assurer sa protection.

Enfants et jeunes gens
Cette année encore, un nombre élevé d’enfants et de jeunes gens ont été tués. On a signalé 431 morts violentes en 2005. Les mesures promises par le gouvernement les années précédentes pour enquêter sur ces affaires et traduire les responsables en justice sont restées lettre morte. Les auteurs continuaient à jouir de l’impunité.
Au mois de février, le gouvernement ayant omis de donner suite aux recommandations de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a été saisie de l’affaire de quatre jeunes gens tués à Tegucigalpa en 1995. Les victimes faisaient partie de quelque 120 personnes qui avaient été interpellées par la police en septembre de cette année, et leurs corps avaient été retrouvés deux jours plus tard dans différents quartiers de la ville. Tous portaient plusieurs traces de balles dans la nuque. Cette affaire était représentative de milliers de cas analogues non suivis d’enquêtes.

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