NICARAGUA



République du Nicaragua
CAPITALE : Managua
SUPERFICIE : 130 000 km²
POPULATION : 5,5 millions
CHEF DE L’ÉTAT et du GOUVERNEMENT : Enrique Bolaños Geyer
PEINE DE MORT : abolie
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome non signé
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : non signé

La violence contre les femmes demeurait un grave motif de préoccupation. Des personnes souffrant de problèmes de santé qui seraient liés à l’utilisation de pesticides dans les plantations de bananiers ont cherché à obtenir réparation auprès d’entreprises multinationales ; elles ont également demandé le soutien de l’État. Des cas de recours excessif à la force par des policiers ont été signalés.

Contexte

L’année 2005 a été marquée par une recrudescence des troubles civils et des tensions politiques. Des tentatives ont été faites pour retirer des pouvoirs à l’exécutif et des scandales de corruption ont compromis des représentants du gouvernement au plus haut niveau. Des manifestations de grande ampleur ont eu lieu dans plusieurs villes pour protester contre l’augmentation du coût des carburants, de la nourriture et des transports publics.

Violences contre les femmes

Beaucoup s’inquiétaient du nombre élevé de femmes victimes de violences et de l’insuffisance des mesures prises par les autorités pour faire face à ce problème. Selon la presse, 25 femmes et jeunes filles sont mortes entre janvier et août des suites de violences domestiques ou de sévices sexuels.
Le 12 avril, Xiomara Obregón Hondoy a été abattue par son compagnon. Elle avait signalé à plusieurs reprises le comportement violent de celui-ci, mais les autorités n’avaient pas pris les mesures requises pour assurer sa protection.

Droit à la santé : la responsabilité des entreprises et de l’État

D’anciens ouvriers des bananeraies qui travaillaient pour des entreprises multinationales américaines ont intensifié leur lutte en vue d’obtenir réparation pour leurs problèmes de santé, qu’ils attribuaient à l’utilisation de pesticides dans les plantations pendant les années 1960 et 1970, ainsi qu’au début des années 1980. Les affections signalées comprenaient des cancers de la peau et du sein ainsi que des atteintes hépatiques, pancréatiques et rénales ; des troubles nerveux et des fausses couches ont également été signalés. D’après les estimations, quelque 22 000 personnes - anciens travailleurs et membres de leurs familles - étaient touchées. Selon certaines informations, fin 2005, plus de 1 000 anciens employés des bananeraies étaient morts de maladies liées aux pesticides. Des mouvements de protestation ont eu lieu car le gouvernement n’avait pas respecté un accord de mars 2004 en vertu duquel il devait fournir une assistance médicale et juridique aux personnes concernées. Un nouvel accord signé en août prévoyait un ensemble de mesures législatives destinées à satisfaire les demandes des travailleurs, notamment en matière d’accès aux soins de santé.
Fin 2005, des décisions de justice prises contre plusieurs entreprises multinationales au Nicaragua et aux États-Unis n’avaient toujours pas été appliquées ou faisaient l’objet d’appels interjetés par les compagnies.

Populations autochtones

Dans un arrêt rendu en juin, la Cour interaméricaine des droits de l’homme s’est prononcée en faveur du groupe indigène Yabti Tasba Masraka Nani Asla Takanka (YATAMA, Organisation des Nations de la Terre mère), au motif que ses droits en matière de garanties judiciaires n’avaient pas été respectés. De ce fait, la participation de cette organisation aux élections municipales de 2000 avait été bloquée.
En mai, la communauté des Awas Tingnis a saisi la Cour interaméricaine des droits de l’homme d’une nouvelle demande en réparation. Le gouvernement nicaraguayen n’avait pas donné suite à un arrêt rendu par la Cour en 2001, aux termes duquel le Nicaragua devait accorder réparation aux Awas Tingnis, délimiter leurs terres et leur en délivrer les titres de propriété. Cette affaire avait été portée devant la Cour après que l’État eut octroyé à une société d’exploitation forestière étrangère, en 1994, une licence d’exploration sur le territoire ancestral de la communauté sans le consentement de cette dernière, en violation des lois nationales et régionales.

Recours excessif à la force par la police

Selon la presse, des policiers ont fait un usage excessif de la force lors de deux manifestations au moins. En février, trois personnes qui avaient occupé l’exploitation agricole de la Pañoleta, à Chinandega, auraient été tuées par des policiers au cours de leur expulsion.

Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres

Les relations homosexuelles étaient toujours considérées comme une infraction pénale. Des policiers auraient empêché des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres de porter plainte. Nombre de ces personnes auraient également été victimes d’arrestations arbitraires et d’abus de pouvoir.

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