RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

République dominicaine
CAPITALE : Saint-Domingue
SUPERFICIE : 48 442 km²
POPULATION : 8,9 millions
CHEF DE L’ÉTAT et du GOUVERNEMENT : Leonel Fernández Reyna
PEINE DE MORT : abolie
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifié

De très nombreux Haïtiens et Dominicains d’origine haïtienne ont été renvoyés. Beaucoup ont été frappés et certains ont été tués, dans un climat d’hostilité xénophobe. Cette année encore, des femmes ont été victimes de violences domestiques.

Discrimination envers les Haïtiens
Expulsions
De très nombreux Haïtiens et Dominicains d’origine haïtienne ont été renvoyés en Haïti, de l’autre côté de la frontière. Bien que des représentants de l’État aient affirmé que les rafles et expulsions massives visaient à combattre l’immigration illégale, des Haïtiens qui résidaient légalement en République dominicaine et des Dominicains noirs figuraient parmi les personnes renvoyées.
En mai, plus de 3 000 Haïtiens et Dominicains noirs ont été forcés de quitter le territoire en trios jours. Ils auraient été rassemblés à l’aube, obligés de monter dans des cars et abandonnés à la frontière haïtienne. Beaucoup d’entre eux n’avaient pas eu la possibilité de prendre leurs affaires et certains auraient été séparés de leur famille.
Accès à la nationalité
Au mois d’octobre, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a rendu sa décision dans l’affaire Dilcia Yean et Violeta Bosico c. République dominicaine. D’origine haïtienne, ces deux jeunes filles étaient nées en territoire dominicain et y avaient toujours vécu, mais elles se sont vu refuser l’octroi de la nationalité dominicaine. Du fait de ce refus, contraire à la Constitution, elles ne pouvaient pas obtenir de certificat de naissance ni s’inscrire dans un établissement scolaire, et vivaient continuellement sous la menace d’une expulsion. La Cour a jugé que la République dominicaine appliquait de manière discriminatoire les lois et règlements relatifs à la nationalité, enfreignant ainsi les normes internationales en matière de droits humains.
Agressions
Les Haïtiens ont dû faire face à une augmentation des manifestations xénophobes. Les tensions se sont aggravées à la suite du meurtre - attribué à des immigrés haïtiens - d’un commerçant dominicain dans le nord du pays, en mai. Des cas de lynchage ont été signalés, souvent après le meurtre ou le viol d’une personne de nationalité dominicaine ; plusieurs Haïtiens ont été tués. Les forces de sécurité ne sont pas intervenues pour empêcher ces agressions.
Au mois d’août, trois Haïtiens ont été lynchés et brûlés vifs, semble-t-il après une querelle avec un groupe de Dominicains.

Homicides commis par les forces de sécurité
Amnesty International a relevé une augmentation du nombre de personnes tuées dans des échanges de coups de feu avec des membres des forces de sécurité, apparemment lors d’opérations de lutte contre la criminalité. Du mois de janvier au mois d’août, selon les statistiques officielles, 348 personnes ont trouvé la mort dans de telles circonstances, contre 360 pour toute l’année 2004. Des informations non confirmées tendent à indiquer que plusieurs de ces morts par balle auraient été en fait des exécutions extrajudiciaires. Cinquante-cinq membres des forces de sécurité auraient été tués pendant cette même période de huit mois.

Torture et mauvais traitements
En août, selon les informations recueillies, cinq détenus de la prison de Mao ont été torturés par des policiers de l’établissement qui les ont laissés avec des fractures aux côtes, aux bras et aux jambes. Ils avaient apparemment aidé un autre détenu à s’évader. Ce prisonnier en fuite a finalement été abattu par des gardiens. Selon la presse, le chef de la police nationale aurait ordonné au responsable de la police locale d’ouvrir une enquête sur les allégations de torture formulées par les prisonniers.

Violences contre les femmes
La violence contre les femmes restait monnaie courante dans toutes les catégories de population. Sur les six premiers mois de 2005, le Centre d’accueil pour femmes battues a fait état de 386 affaires d’agressions sexuelles, dont 205 cas où les victimes avaient également été battues.

Défenseurs des droits humains
En septembre, le prêtre belge Pedro Ruquoy a été menacé de mort, semble-t-il en raison de ses activités en faveur de paysans dominicains et d’immigrés haïtiens travaillant dans les plantations de canne à sucre. En novembre, du fait de ces menaces et d’autres actes d’intimidation, il a été forcé de quitter le pays après trente ans de mission pastorale en République dominicaine. Amnesty International a appris que d’autres défenseurs des droits humains connus pour leur action en faveur des Haïtiens et des Dominicains d’origine haïtienne avaient dû fuir le pays.

Autres documents d’Amnesty International

 République dominicaine. Craintes pour la sécurité / Menaces de mort. Pedro Ruquoy (h), prêtre et défenseur des droits humains, 52 ans (AMR 27/001/2005).

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