LAOS

République démocratique populaire laotienne
CAPITALE : Vientiane
SUPERFICIE : 236 800 km²
POPULATION : 5,9 millions
CHEF DE L’ÉTAT : Khamtay Siphandone
CHEF DU GOUVERNEMENT : Bounyang Vorachit
PEINE DE MORT : maintenue
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome non signé
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : non signé

Le conflit armé intérieur, qui opposait les forces gouvernementales à des groupes rebelles recrutant essentiellement au sein de la population hmong, durait toujours. On était sans nouvelles de plusieurs centaines de civils hmongs qui s’étaient rendus aux autorités. Au moins quatre prisonniers d’opinion étaient toujours en détention. Un homme incarcéré pour des raisons politiques depuis des décennies est mort en prison. Des actes de torture et des mauvais traitements ont été signalés cette année encore. Les condamnations à mort se sont multipliées, mais aucune exécution n’a apparemment eu lieu en 2005. Deux personnes ont été condamnées à des peines d’emprisonnement parce qu’elles refusaient d’abjurer leur foi. Les pratiques religieuses continuaient d’être réprimées dans plusieurs provinces.

Contexte
Les restrictions apportées à la liberté d’expression, ainsi que l’extrême difficulté qu’avaient les observateurs indépendants et les spécialistes des droits humains pour se rendre sur place, rendaient difficile toute évaluation objective de la situation dans le pays. En janvier le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes [ONU] a recommandé au Laos de faire de la violence domestique et du viol des infractions sanctionnées par le Code pénal.
Le Laos a ratifié en juin deux conventions de l’Organisation internationale du travail destinées à mettre un terme au travail des enfants. Toutefois, il n’avait toujours pas ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ni le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, deux traités qu’il avait pourtant signés en décembre 2000.
La Banque mondiale a donné le feu vert au projet de barrage Nam Theun 2, malgré les sérieuses réserves exprimées par plusieurs groupes de défense de l’environnement, qui craignaient que le futur ouvrage n’ait des conséquences néfastes pour plusieurs milliers de personnes, dont le déplacement serait nécessaire, et n’hypothèque en outre les moyens de subsistance de nombreux autres habitants de la région.
La culture du pavot et la production d’opium ont continué de baisser dans des proportions notables. Le Laos s’était fixé pour objectif de ne plus produire d’opium d’ici la fin 2005. Cela a cependant eu pour conséquence préoccupante que quelque 65 000 personnes originaires des hautes terres du pays ont été déplacées et réinstallées dans des régions où leurs besoins les plus fondamentaux n’étaient pas satisfaits.

Conflit hmong
Le sort des rebelles hmongs et de leurs familles était de temps à autre évoqué par la presse internationale, lorsque des journalistes étrangers parvenaient à se rendre clandestinement dans les zones où vit cette ethnie, en proie à un conflit armé depuis des décennies. Un certain nombre d’attaques des forces régulières contre des combattants rebelles et leurs familles ont été signalées.
Plusieurs groupes de civils hmongs, composes notamment de femmes, d’enfants et de personnes âgées, se sont rendus aux autorités en 2005 parce qu’ils ne trouvaient plus à se nourrir dans la forêt et manquaient des soins médicaux les plus élémentaires. On ignorait ce qu’ils étaient devenus ensuite. Au mois de juin, un groupe de 173 personnes s’est rendu aux autorités à Chong Thuang, un village de la province de Xieng Khouang. Deux ressortissants américains appartenant à la Fact Finding Mission, une organisation de soutien aux Hmongs installée aux États-Unis, et deux citoyens américains issus de l’immigration hmong ont été témoins de cette reddition. Ils ont tous les quatre été arrêtés et expulsés. Les personnes venues se rendre ont été emmenées par des soldats. On était sans nouvelles d’elles depuis. Selon des informations parvenues en octobre, deux membres du groupe auraient été arrêtés et tortures à Chong Thuang par l’armée et la police laotiennes, et un autre aurait été tué illégalement.
Bien que le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, ait publiquement affirmé que l’organisation était prête à apporter une assistance humanitaire à ces groupes, les pouvoirs publics laotiens n’ont fait aucune demande en ce sens et les agences des Nations unies n’ont pas été autorisées à se rendre sur place.
En octobre, 242 Hmongs (composant 43 familles) se sont rendus aux autorités dans la province de Bolikhamxay. Ils n’auraient reçu pratiquement aucune aide humanitaire. Les autorités refusaient de reconnaître que des membres de groupes rebelles hmongs s’étaient rendus, affirmant que les personnes concernées appartenaient simplement à la population locale et n’avaient aucun lien avec les insurgés.
Ce conflit intérieur a, cette année encore, poussé des centaines de Hmongs à gagner la Thaïlande voisine, où ils ont rejoint ceux qui s’y étaient réfugiés les années précédentes. À la fin de l’année 2005, plus de 6 000 Hmongs originaires du Laos vivaient dans la province thaïlandaise de Phetchabun.
Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale [ONU] a examiné en février le rapport soumis - avec un retard considérable - par le Laos. Il a réitéré ses appels au gouvernement laotien pour qu’il autorise les institutions des Nations unies à accéder aux régions dans lesquelles des membres de la minorité hmong en conflit avec les autorités avaient trouvé refuge, et à fournir une assistance humanitaire d’urgence à ces personnes.

Prisonniers politiques
Thongpaseuth Keuakoun et Seng-Aloun Phengphanh étaient toujours incarcérés à la prison de Samkhe. Ces deux prisonniers d’opinion faisaient partie d’un groupe de cinq militants du Mouvement des étudiants laotiens pour la démocratie arrêtés en octobre 1999 pour avoir tenté d’organiser une manifestation non violente à Vientiane. Ils auraient été condamnés à dix ans d’emprisonnement. L’identité de deux autres membres du groupe - Keochay et Bouavanh Chanhmanivong - était toujours contestée par les autorités. Selon certaines informations, ces deux hommes ont été condamnés à cinq ans d’emprisonnement et auraient donc dû être élargis au mois d’octobre 2004 ; leur libération n’a toutefois pas été confirmée. Le cinquième membre du groupe est mort en détention en 2001, après avoir été torture par des gardiens de la prison.
Pangtong Chokbengboun est mort en détention au mois de mars. Gravement malade, il s’était vu refuser l’accès à des soins adaptés. Son codétenu, Sing Chanthakoummane, restait emprisonné, dans des conditions particulièrement pénibles. Arrêtés en 1975, les deux hommes avaient été détenus pendant dix-sept ans sans inculpation ni jugement, pour « rééducation », avant d’être condamnés à l’emprisonnement à vie, en 1992, à l’issue d’un procès inéquitable.

Liberté de culte
Bien que la Constitution garantisse la liberté de culte, plusieurs Églises appartenant notamment au mouvement chrétien évangéliste étaient la cible, à des degrés divers, d’actes de harcèlement et de persécution. Des cas de chrétiens soumis à des traitements pénibles et contraints d’abjurer leur foi ont été signalés.
Au mois de mars, 11 hommes appartenant à la minorité ethnique bru ont été arrêtés à Houeihoy Neua, un village du district de Muong Phine (province de Savannakhet), alors qu’ils participaient à un office de Pâques. Neuf d’entre eux ont été relâchés après avoir signé une déclaration dans laquelle ils disaient renoncer à leur religion. Ils avaient, semble-t-il, passé quarante-huit heures dans une plantation de riz, les mains liées, sans boire ni manger. Les deux autres - Khamchanh, ancien chef de village et membre du Parti populaire révolutionnaire laotien, et Vanthong - ont été condamnés un peu plus tard à trois ans d’emprisonnement pour détention illégale d’armes. Ils auraient en réalité été condamnés parce qu’ils refusaient d’abjurer leur foi.

Peine de mort
Au Laos, la peine de mort était maintenue pour toute une série d’infractions. Les condamnations à la peine capitale étaient de plus en plus fréquentes. Vingt-six personnes, dont une femme, ont été condamnées à mort pour des infractions à la législation sur les stupéfiants, ce qui portait à au moins 60 le nombre de détenus attendant d’être exécutés. Aucune exécution n’a été signalée cette année.

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