QATAR

État du Qatar
CAPITALE : Doha
SUPERFICIE : 11 437 km²
POPULATION : 0,81 million
CHEF DE L’ÉTAT : Sheikh Hamad bin Khalifa al Thani
CHEF DU GOUVERNEMENT : Sheikh Abdallah bin Khalifa al Thani
PEINE DE MORT : maintenue
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome non signé
CONVENTION SUR LES FEMMES : non signée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : non signé

Quelque 6 000 membres d’une tribu ont été arbitrairement privés de la nationalité qatarienne. Les femmes étaient victimes de toute une série de lois et de pratiques discriminatoires. Au moins 19 personnes étaient sous le coup d’une condamnation à mort.

Contexte
Une nouvelle Constitution est entrée en vigueur en juin. Elle prévoit l’exercice héréditaire du pouvoir par les membres masculins de la famille al Thani et contient diverses garanties en matière de droits humains, dont certaines n’étaient toujours pas mises en œuvre.
En mars, un homme a été tué et au moins 12 personnes ont été blessées à la suite d’un attentat-suicide à la voiture piégée perpétré à proximité d’une école de langue anglaise de Doha. L’auteur de l’attentat serait un ressortissant égyptien.
Le ministère de l’Intérieur a créé une unité spécialisée chargée de surveiller la situation des droits humains, d’examiner les plaintes et de répondre aux questions soulevées par des organisations internationales de défense des droits humains. En juillet, le ministère a ouvert un centre d’accueil pour les personnes victimes de crimes, de trafic d’êtres humains ou de mauvais traitements infligés par leur employeur.

Atteintes aux droits humains dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme »
Les forces de sécurité ont procédé à des arrestations à la suite de l’attentat à l’explosif perpétré en mars à Doha. Au moins 17 personnes, dont des étrangers, étaient maintenues en détention sans inculpation ni jugement à la fin de l’année.
Mohamed Naseem Abdel Latif Hijazi, un graphiste de nationalité égyptienne, a été arrêté sur son lieu de travail le 21 mars. Il a été maintenu à l’isolement, sans inculpation ni jugement, dans la prison du Département de la sûreté de l’État à Doha jusqu’à sa remise en liberté, en novembre.

Privation de la nationalité
Quelque 6 000 membres de la branche al Ghufran de la tribu al Murra ont été privés de la nationalité qatarienne entre octobre 2004 et juin 2005 au motif, apparemment fallacieux, qu’ils étaient ressortissants d’autres pays. Certains auraient été contraints de quitter le Qatar pour s’installer dans un pays voisin ; les autorités auraient fait incarcérer d’autres personnes pour les inciter à partir, en dépit des garanties de la nouvelle Constitution contre l’expulsion des citoyens qatariens.

Droits des femmes
L’article 35 de la nouvelle Constitution prohibe toute discrimination « fondée sur le sexe, la race, la langue ou la religion ». Dans la pratique toutefois, les femmes continuaient d’être victimes de discrimination en vertu de toute une série de lois et de pratiques. La législation relative aux contrats de mariage favorise ainsi les hommes, et les femmes doivent obtenir l’autorisation de leur mari ou de leur tuteur avant d’entreprendre un voyage. Par ailleurs, les enfants nés de mère qatarienne et de père étranger ne peuvent obtenir la nationalité qatarienne, contrairement à ceux nés de père qatarien et de mère étrangère.
Selon les informations recueillies, Hamda Fahad Jassem Ali al Thani, membre de la famille au pouvoir, était maltraitée et confinée au domicile familial car son père désapprouvait son mariage. Cette femme aurait été enlevée en Égypte en novembre 2002 par des membres des forces de sécurité qatariennes, qui l’ont ramenée dans son pays. Après avoir été maintenue en détention secrète dans la capitale pendant cinq mois, elle a été transférée, en avril 2003, dans les locaux de la Direction de la sûreté spéciale, à Doha, où elle a été détenue jusqu’en novembre 2003. Elle a ensuite été remise à sa famille, qui la retenait contre son gré au domicile familial.

Peine de mort
Au moins 19 prisonniers étaient sous le coup d’une condamnation à mort pour leur participation à une tentative de coup d’État en 1996. Deux autres - Hamad bin Jassem bin Hamad al Thani et Bakhit Marzouq al Abdullah - ont été graciés par l’émir, Sheikh Hamad bin Khalifa al Thani, et remis en liberté.

Autres documents d’Amnesty International

 Gulf Cooperation Council (GCC) countries : Women deserve dignity and respect (MDE 04/004/2005).

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