NAMIBIE

Les organisations de la société civile ont fait part de leur vive inquiétude face à la fréquence des violences contre les femmes et les enfants. Le parti au pouvoir, la South West African People’s Organisation (SWAPO, Organisation du peuple du Sud-Ouest africain), a refusé de débattre de la question des violences commises dans ses propres camps avant l’indépendance. Aucune mesure n’a été prise afin d’ouvrir une enquête sur les fosses communes découvertes près de la frontière angolaise. Les personnes détenues pour des faits en rapport avec le soulèvement séparatiste de 1999 dans la région de Caprivi ont passé une septième année derrière les barreaux, tandis que leur procès entrait dans sa troisième année.




Contexte
Une commission ministérielle chargée d’enquêter sur les charniers datant de la guerre de libération (1966-1989) n’avait rendu aucune décision à ce sujet fin 2006. En octobre, le parti au pouvoir a rejeté la demande de l’opposition, qui réclamait un débat sur l’emprisonnement et la torture de centaines de membres de la SWAPO dans les camps de ce parti installés en Angola avant l’indépendance. La SWAPO s’est appuyée sur sa majorité parlementaire pour écarter la motion déposée par le Congress of Democrats (COD, Congrès des démocrates) avant qu’elle ne puisse être examinée, arguant qu’une telle démarche risquait de nuire à la politique de réconciliation nationale.


Violences contre les femmes et les enfants

En octobre, le Legal Assistance Centre (LAC, Centre d’assistance juridique) a publié des statistiques indiquant que le nombre de viols signalés aux autorités avait plus que doublé entre la signature de l’indépendance, en 1990, et l’année 2005. Des organisations de la société civile ont déclaré que la fréquence des viols de mineurs relevait de l’« état d’urgence » et ont demandé une meilleure formation des agents de police et des représentants de l’appareil judiciaire, ainsi qu’une réforme de ces deux secteurs.

Liberté d’expression
Le rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression a écrit au gouvernement en août afin de demander des éclaircissements sur les menaces proférées par Sam Nujoma, président de la SWAPO et ancien chef de l’État, à la suite de demandes d’indemnisation déposées par d’anciens combattants. Des défenseurs des droits humains participant à un rassemblement de la SWAPO à Katutura, le 30 juillet, ont signalé que l’ancien président avait lancé des menaces de mort contre deux anciennes combattantes de la guerre de libération – Ruusa Malulu, présidente de la National Committee on the Welfare of Ex-Combatants (Commission nationale pour l’aide aux anciens combattants), et Lapaka Ueyulu, présentatrice radio.

Lutte contre la corruption
Au mois de février, le gouvernement a établi une commission de lutte contre la corruption. Bien que certaines critiques aient dénoncé l’insuffisance de ses moyens, la commission a commencé à procéder à des arrestations et plusieurs affaires concernant des fonctionnaires de niveau subalterne ou intermédiaire ont été portées devant les tribunaux.

Détenus de Caprivi
Le procès de 119 personnes inculpées pour leur participation présumée au soulèvement séparatiste de 1999 dans la région de Caprivi est entré dans sa troisième année. La plupart des accusés étaient incarcérés depuis sept ans. Les policiers accusés d’avoir torturé des suspects arrêtés au lendemain du soulèvement n’avaient toujours fait l’objet ni d’une inculpation ni d’une procédure disciplinaire.
En septembre, le gouvernement a déclaré illégal le United Democratic Party (UDP, Parti démocratique uni), qui s’est prononcé en faveur de la sécession de la région de Caprivi. Cette formation représente la branche politique de la Caprivi Liberation Army (CLA, Armée de libération de Caprivi), qui avait lancé en 1999 une attaque sur la ville de Katima Mulilo, dans cette région du nord-est du pays.

Accès aux traitements contre le sida
En décembre, le président Pohamba a indiqué, lors d’un rassemblement organisé à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, que 22 000 personnes atteintes du sida recevaient des médicaments antirétroviraux, alors qu’on estimait à environ 50 000 le nombre de Namibiens qui avaient besoin de ce type de traitement.

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