NIGER

Un tribunal militaire a condamné à des peines d’emprisonnement plus de 100 soldats déclarés coupables de mutinerie. De nombreuses atteintes à la liberté d’expression ont été recensées.


Contexte
La Coalition équité, qualité et lutte contre la vie chère (également appelée Coalition contre la vie chère), qui rassemble syndicats et organisations de la société civile, a organisé des grèves nationales en juin et en juillet en signe de protestation contre la politique économique du gouvernement, qui se traduisait par la hausse des services de base comme l’eau et l’électricité. Le dialogue qui s’est instauré entre les autorités et la Coalition n’avait pas débouché sur un quelconque résultat à la fin de l’année.

Procès de militaires

Plus de 170 soldats accusés d’avoir participé à une mutinerie en août 2002 ont été jugés par un tribunal militaire en mars et en octobre. Une centaine d’entre eux ont été condamnés. Les accusés n’ont pas été autorisés à choisir leur avocat. Si l’un des militaires s’est vu infliger une peine de neuf ans d’emprisonnement pour tentative de meurtre, la plupart des personnes condamnées, qui avaient effectué quatre ans de détention provisoire, ont été remises en liberté à l’issue du procès.


Atteintes à la liberté d’expression

Un certain nombre de journalistes qui s’intéressaient à la mauvaise gestion des affaires publiques ou à d’autres questions politiques ont été arrêtés au cours de l’année. Plusieurs ont été condamnés à des peines d’emprisonnement.
Le directeur de la publication de l’hebdomadaire Le Républicain, Mamane Abou, et le journaliste Oumarou Keita ont été condamnés, en septembre, à dix-huit mois d’emprisonnement pour divulgation de fausses nouvelles et diffamation de l’État. Le Républicain avait publié un article accusant le Premier ministre de « courtiser » l’Iran. Les deux hommes ont été libérés en appel au mois de novembre.


Menaces d’expulsion massive

Invoquant des tensions croissantes avec les populations locales, les autorités ont annoncé, en octobre, qu’elles entendaient expulser vers le Tchad quelque 100 000 éleveurs arabes vivant dans le sud-est du pays. Devant les protestations de la communauté internationale, le gouvernement a déclaré qu’il allait finalement réinstaller les Arabes mahamides dans des régions d’élevage plus fertiles.

Autres documents d’Amnesty International

 Niger. Prisonniers d’opinion. Journalistes : Mamane Abou (h) ; Oumarou Keita (h) (AFR 43/001/2006).

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