Koweit

Des travailleurs immigrés, et en particulier des employées de maison, ont subi toute une série de mauvais traitements pour lesquels ils n’avaient que peu d’espoir d’obtenir réparation. Cette année encore, la peine de mort a été appliquée et des condamnations à mort ont été prononcées.


Travailleurs immigrés

Les travailleurs immigrés, qui forment une partie importante de la main-d’œuvre du Koweït, continuaient d’être victimes de mauvais traitements divers, et les milliers d’employées de maison, originaires pour la plupart des pays d’Asie du Sud et du Sud-Est, étaient particulièrement vulnérables. Elles faisaient l’objet d’une double discrimination, d’une part en tant que femmes et d’autre part du fait que les protections accordées aux autres travailleurs immigrés par le Code du travail de 1964 ne s’appliquaient pas aux employées de maison. Alors qu’elles travaillaient habituellement un nombre d’heures excessif, ces femmes percevaient un salaire dérisoire. Elles déclaraient être victimes de violences physiques et de mauvais traitements, y compris d’agressions sexuelles, infligés par leurs employeurs contre lesquels elles ne disposaient pratiquement d’aucune voie de recours. Selon certaines sources, le salaire minimum pour les employées de maison étrangères était inférieur de plus de la moitié à celui des autres immigrés et il ne représentait que le tiers du salaire minimum versé aux Koweïtiens.
Entré en vigueur en octobre 2006, le contrat type pour les employées de maison étrangères a entraîné certaines améliorations. Cependant, en leur interdisant de changer d’employeur, il semblait avoir aggravé la situation des femmes victimes de sévices physiques ou d’autres mauvais traitements de la part de leur patron. Ce contrat prévoit en effet l’expulsion du pays des employées de maison qui quittent leur employeur ou sont congédiées.
 ?En février, quelque 1 300 Bangladaises qui travaillaient comme femmes de ménage pour une société privée se sont mises en grève pour protester contre le non-paiement de leur salaire et la dureté de leurs conditions de vie.

« Guerre contre le terrorisme »
Deux anciens prisonniers de la base navale américaine de Guantánamo Bay (Cuba) qui étaient poursuivis pour des infractions liées à des actes de terrorisme ont été libérés en mars après avoir été acquittés. Omar Rajab Amin et Abdullah Kamel al Kandari avaient été arrêtés à leur retour au Koweït en septembre 2006. Leur acquittement a été confirmé en mai par la Cour d’appel, ce qui a porté à huit le nombre de Koweïtiens renvoyés de Guantánamo et acquittés par des juridictions koweïtiennes.
Quatre autres ressortissants koweïtiens étaient toujours détenus à Guantánamo à la fin de l’année.
En juin, la Cour de cassation a commué les condamnations à mort de quatre hommes – Mohammad Saad, Abdullah Saad, Mohammad Issa et Salah Abdullah – qui avaient été déclarés coupables, en 2005, d’infractions en rapport avec des actes de terrorisme, et notamment d’appartenance à la brigade des Lions de la péninsule, un mouvement qui serait lié à Al Qaïda. Ces hommes ainsi que des coaccusés s’étaient plaints d’avoir été torturés lorsqu’ils avaient été interrogés dans la période précédant leur procès. L’un d’eux avait, semble-t-il, affirmé que les services de la Sûreté de l’État avaient fait venir des experts de l’étranger pour les torturer. Lors de l’audience devant la Cour de cassation, Mohammad Saad aurait ôté sa chemise pour montrer des cicatrices qui, selon lui, résultaient des sévices qui lui avaient été infligés alors qu’il était détenu dans les locaux des services de la Sûreté de l’État. À la connaissance d’Amnesty International, aucune enquête indépendante n’a été effectuée sur les allégations de torture formulées par les accusés.

Liberté d’expression
 ?Basher al Sayegh, rédacteur en chef du quotidien Al Jarida, a été arrêté en août après qu’une déclaration critiquant l’émir eut été publiée sur un site Internet qu’il hébergeait. Il l’avait pourtant retirée du site au bout de quelques heures. Jassim al Qames, un journaliste qui avait tenté de photographier l’interpellation de Basher al Sayegh, a également été arrêté. Il s’est plaint d’avoir été brutalisé par des agents de la Sûreté de l’État. Les deux hommes étaient de nouveau libres trois jours plus tard.

Peine de mort
Au moins un condamné, un Pakistanais reconnu coupable de trafic de stupéfiants, a été pendu. Une personne au moins _ une employée de maison philippine _ a été condamnée à mort pour le meurtre du fils de son employeur. En décembre, l’émir a commué la condamnation à la peine capitale de Marilou Ranario, une autre employée de maison philippine, en réclusion à perpétuité, après que la présidente des Philippines eut elle-même directement demandé sa grâce. Marilou Ranario avait été déclarée coupable du meurtre, en 2005, de sa patronne koweïtienne.
En décembre également, la Cour d’appel a confirmé la condamnation à mort prononcée contre un membre de la famille régnante Al Sabah, identifié par son seul prénom de Talal, qui avait été reconnu coupable, en décembre 2006, de trafic de stupéfiants.

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