Le mouvement en 2001 (3)

Campagnes mondiales
Amnesty International a poursuivi son travail intensif dans le cadre de la campagne mondiale Pour un monde sans torture. Lancée au mois d’octobre 2000, cette campagne s’articule autour de trois grands thèmes : la prévention de la torture, le rôle joué par la discrimination dans la torture de certains groupes de population et l’importance de mettre fin à l’impunité, derrière aquelle s’abritent tant de personnes responsables d’actes de torture. La campagne a eu des répercussions significatives dans plusieurs domaines importants ; personnes menacées de torture et de mauvais traitements (voir l’exemple plus loin) ; prise de conscience et meilleure compréhension des phénomènes de la torture, de la discrimination et de l’impunité. Les membres d’Amnesty International ont en outre effectué un important travail de pression auprès des gouvernements afin qu’ils respectent les traités internationaux. À la fin de l’année, 32 790 personnes originaires de 188 pays avaient visité le site web de la campagne contre la torture, www.stoptorture.org, et s’étaient engagées à intervenir sur des cas urgents en envoyant des appels.
Campagne en faveur d’une personne
Au mois de novembre, Amnesty International a lancé une action mondiale en faveur de Houndjo Mawudzro, dirigeant étudiant et militant des droits humains au Togo, qui avait été détenu et torturé en septembre.
On a craint qu’il ne soit de nouveau torturé lorsqu’il a été une nouvelle fois arrêté en novembre et inculpé d’« atteinte à l’honneur et dénonciation calomnieuse » pour avoir publié un communiqué de presse dans lequel il expliquait en détail les tortures auxquelles il avait été soumis lors de sa précédente détention, au mois de septembre. Un appel urgent en sa faveur a été diffusé sur le site web www.stoptorture.org, et un communiqué de presse a été publié au moment de la visite du président togolais en France.
Dix mille neuf cents appels en faveur de Houndjo Mawudzro ont été enregistrés. Il a été remis en liberté le 28 novembre, après avoir été cité à comparaître devant le procureur. Il a remercié les personnes qui l’avaient soutenu et a déclaré qu’il avait eu connaissance de la campagne d’Amnesty International en sa faveur.
Campagne en faveur de l’action intergouvernementale
Des actions ont été menées avec succès sur un plan plus large.
À la suite de l’adoption du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, le 17 juillet 1998, Amnesty International a lancé une campagne mondiale pour que tous les gouvernements ratifient ce Statut. La Cour, qui traduira en justice les personnes accusées de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, verra le jour lorsque 60 États auront ratifié le Statut. Quarante-huit pays l’avaient fait à la fin de l’année, et l’on prévoyait qu’ils seraient au nombre de 60 dans le courant du premier semestre 2002. Presque toutes les sections et les structures d’Amnesty International à travers le monde ont fait un travail de pression auprès de leur gouvernement en faveur de la ratification. Dans un grand nombre de pays, ces sections ou structures ont mené une campagne nationale en faveur de la ratification, généralement en étroite collaboration avec d’autres ONG nationales.
La campagne menée par les militants d’Amnesty International a contribué à convaincre quatre pays de ratifier la Convention des Nations unies contre la torture cette année. Un certain nombre de Premiers ministres et de responsables gouvernementaux se sont engagés à adopter des lois pour prévenir la torture dans leur pays. La Commission des droits de l’homme des Nations unies a adopté les recommandations d’Amnesty International demandant aux gouvernements de prendre des mesures afin de mettre un terme à la production et au transfert de matériel de torture. Un autre progrès important a été l’adoption par l’UE de directives pour la prévention et l’éradication de la torture dans les pays tiers.

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse