Afrique : Principales formes d’atteintes aux droits humains

Dans de nombreux pays d’Afrique, des guerres civiles ont continué à créer des situations propices à de graves atteintes aux droits humains. En Angola, au Burundi, en Guinée, au Libéria, en Ouganda, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo (RDC), en Sierra Leone, en Somalie, au Soudan et au Tchad, des membres des forces gouvernementales et de groupes armés d’opposition ont soumis des milliers de civils non armés à certaines des pires violations des droits fondamentaux commises en Afrique –arrestations et détentions illégales, enlèvements, actes de torture et autres formes de mauvais traitements, viols, meurtres et « disparitions ».
Au Burundi, des centaines de civils non armés ont été tués par des membres des forces gouvernementales ou par des groupes armés d’opposition, et des centaines de milliers de personnes déplacées à l’intérieur du pays n’ont pu regagner leur foyer.
Au Soudan, des compagnies pétrolières ont continué à être impliquées dans des atteintes aux droits humains : elles ont protégé leurs champs de pétrole en recourant aux services de milices qui se sont livrées à des violences et elles ont fourni aux forces gouvernementales du carburant destiné à l’aviation, qui a bombardé des civils délibérément et sans discrimination dans les zones de conflit situées dans le sud du pays.
À la fin de l’année, on estimait que 4,5 millions de personnes environ avaient été déplacées à l’intérieur du Soudan et que quelque 500 000 autres avaient fui à l’étranger. Des milliers de réfugiés sierra-léonais et libériens, ainsi que des milliers de Guinéens et de Libériens déplacés à l’intérieur de leur pays, ont été attaqués et harcelés de façon répétée ou placés en détention par les forces gouvernementales ou par des groupes armés dans les régions proches des frontières séparant la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone.
Au Zimbabwe, la situation des droits humains s’est nettement détériorée à l’approche de l’élection présidentielle de mars 2002. Le parti au pouvoir, la ZANU-PF, et ses partisans ont recouru à la violence pour museler l’opposition, et de nombreuses personnes ont été arrêtées, maintenues en détention, torturées, enlevées ou tuées. Certaines actions du gouvernement et de nouvelles lois ont porté atteinte à l’indépendance de la justice et de la presse, ainsi qu’à l’impartialité de la police.
Au Burkina Faso et au Cameroun, des dizaines de personnes auraient été victimes d’exécutions extrajudiciaires ou auraient « disparu » dans le cadre d’actions menées par les forces de sécurité au nom de la lutte contre le brigandage et la criminalité.
Tout au long de l’année, au Nigéria, des milices se sont rendues responsables d’arrestations illégales, d’actes de torture, d’autres violences et d’homicides.
Des soldats ont tué des centaines de personnes au cours d’attaques menées en représailles ou d’interventions effectuées lors d’affrontements interethniques à Lagos ainsi que dans le centre et le nord du pays. Ces violations n’ont donné lieu
qu’à peu d’enquêtes, voire aucune, et dans les rares cas où des sanctions ont été prises, celles-ci étaient minimes. Nombre de victimes n’ont pas porté plainte par crainte de représailles.
Des centaines de personnes ont été maintenues en détention pour des raisons politiques dans des pays tels que l’Angola, le Burundi, la Côte d’Ivoire, l’Erythrée, l’Éthiopie, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, le Kenya, la République centrafricaine, le Rwanda, le Soudan, le Swaziland et le Zimbabwe. Certaines d’entre elles étaient des prisonniers d’opinion présumés.
Les prisonniers et autres détenus étaient incarcérés dans des conditions inhumaines, caractérisées par une surpopulation extrême, une hygiène médiocre et l’absence de soins médicaux élémentaires. Amnesty International a reçu des informations faisant état de conditions de détention effroyables en RDC,
au Nigéria et au Togo.
Malgré la tendance prédominant dans le monde en faveur de l’abolition de la peine de mort, les autorités guinéennes, somaliennes et soudanaises ont procédé à des exécutions. Des centaines de personnes ont été condamnées à la peine capitale au Burundi, en Éthiopie, en Guinée, au Kenya, en Mauritanie, au Nigéria, en RDC, en République centrafricaine, au Rwanda, en Somalie, au Soudan et en Zambie. Au Nigéria, des condamnations à la peine de mort et à d’autres châtiments cruels, inhumains et dégradants ont été prononcées en vertu de nouvelles législations pénales adoptées dans plusieurs États du Nord et basées sur la charia (loi islamique).
L’impunité dont bénéficiaient les auteurs de violations des droits humains restait une des principales causes de la persistance de telles atteintes dans la région. À la fin de l’année 2001, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone, créé en août 2000 par le Conseil de sécurité des Nations unies pour juger les auteurs présumés de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et d’autres violations graves du droit international humanitaire, ne fonctionnait toujours pas, faute de moyens suffisants.
Toutefois, la situation commençait à changer, quoique lentement, un nombre croissant de pays reconnaissant la nécessité de traduire en justice les auteurs présumés de violations des droits humains. Soumises à de fortes pressions nationales et internationales, les autorités du Cameroun ont pris des mesures pour enquêter sur certains homicides imputés à des membres des forces de sécurité.
Au Burkina Faso, un membre des forces de sécurité a été poursuivi pour avoir tué quatre personnes de manière extrajudiciaire, dont un journaliste d’investigation de premier plan. Un tribunal belge a réussi à engager des poursuites contre quatre Rwandais accusés de complicité dans le génocide de 1994, en application du principe de compétence universelle, qui permet de poursuivre dans n’importe quel pays tout auteur présumé de crimes contre l’humanité.
Exécutions extrajudiciaires
• Des personnes ont ou auraient été victimes d’exécutions extrajudiciaires dans 18 pays de la région en 2001.
« Disparitions »
• Dans huit pays au moins, des personnes ont « disparu » ou n’avaient toujours pas été retrouvées après avoir « disparu » au cours des années précédentes.
Torture et mauvais traitements
• Des personnes auraient été torturées ou maltraitées par les forces de sécurité, la police ou d’autres agents de l’État dans 23 pays de la région.
Prisonniers d’opinion
• Des prisonniers d’opinion ou des personnes susceptibles d’être considérées comme tels, étaient détenus dans 15 pays.
Détention sans inculpation ni jugement
• Dans 20 pays, des personnes ont été arrêtées et détenues de manière arbitraire, ou ont été maintenues en détention sans inculpation ni jugement.
Peine de mort
• Dans 12 pays, des personnes ont été condamnées à mort, et des exécutions ont eu lieu dans au moins trois pays.
Exactions commises par des groupes armés d’opposition
• Dans 11 pays, des groupes armés d’opposition se sont livrés à de graves exactions, telles que des homicides délibérés et arbitraires de civils, des actes de torture et des prises d’otages.

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