Malawi

RÉPUBLIQUE DU MALAWI
CAPITALE : Lilongwé
SUPERFICIE : 118 484 km_
POPULATION : 12,1 millions
CHEF DE L’ÉTAT et du GOUVERNEMENT : Bakili Muluzi
PEINE DE MORT : maintenue
CONVENTION SUR L’ÉLIMINATION DE TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATION À L’ÉGARD DES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR L’ÉLIMINATION DE TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATION À L’ÉGARD DES FEMMES : signé

Les violences dues aux tensions politiques se sont aggravées à l’approche des élections législatives qui doivent se tenir en 2004. Des policiers auraient fait un usage excessif de la force et des actes de torture en garde à vue ont continué d’être signalés. Des journalistes jugés critiques vis-à-vis du régime ont été menacés, agressés et placés en état d’arrestation.

Contexte

Le 31 mars 2003, le président Bakili Muluzi a affirmé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat. Fin 2003 cependant, le projet de loi portant modification de la Constitution lui permettant d’être candidat pour la troisième fois n’avait pas été retiré.
Au mois de septembre, le Programme alimentaire mondial annonçait que le Malawi avait surmonté la plupart des graves problèmes de pénurie de nourriture qui, en 2002, avaient menacé près de 3,3 millions de Malawiens de disette, voire de famine.

Maintien de l’ordre

Les forces de l’ordre ont fait un usage excessif de la force pour réprimer les manifestations qui dénonçaient un éventuel troisième mandat du président, et disperser des rassemblements de l’opposition. Le 27 janvier, des policiers ont tiré des balles en caoutchouc et lancé des grenades lacrymogènes contre des personnes opposées au troisième mandat qui manifestaient à l’appel d’associations de citoyens. Par ailleurs, on a continué à signaler des actes de torture et des morts en garde à vue.
_Peter Mussa Gama est mort le 12 septembre pendant sa garde à vue. Il avait été arrêté à Blantyre pour être interrogé sur une affaire présumée de vol à main armée. Une autopsie a révélé qu’il était mort par asphyxie et qu’il avait peut-être été brutalisé.

Liberté d’expression

La liberté d’expression a globalement diminué. Les autorités s’en sont prises de plus en plus aux journalistes et aux publications indépendantes jugés critiques à l’égard du gouvernement. En octobre, le procureur général a adressé au préfet de la région Sud et à d’autres hauts fonctionnaires de police un courrier leur demandant de faire cesser les arrestations arbitraires de journalistes et leur rappelant que de tels actes étaient contraires à la Constitution.
Le 8 juillet à Blantyre, Daniel Nyirenda, reporter photographe au quotidien The Nation, a été roué de coups par des membres présumés de la branche jeunesse du United Democratic Front (UDF, Front démocratique uni), le parti au pouvoir, en présence de cadres de l’UDF et de policiers. Au mois de septembre, Frank Namangale, reporter au Daily Times, a été arrêté pour « publication de fausses informations de nature à effrayer et alarmer l’opinion publique ». Le procureur général a fini par ordonner l’abandon des poursuites.

Arrestation de membres présumés d’Al Qaïda

Le 22 juin, cinq hommes soupçonnés d’appartenir à Al Qaïda ont été appréhendés par des agents du Bureau national de renseignements et des membres présumés de la Central Intelligence Agency (CIA, Services de renseignements des États-Unis). Les cinq suspects ont été placés en détention dans un endroit secret, sans possibilité de consulter un avocat. Ils ont ensuite quitté le Malawi en avion vers une destination inconnue et ils ont été remis pour interrogatoire aux autorités américaines. Fin juillet, il a été signalé qu’ils avaient été amenés au Zimbabwe, où ils étaient restés détenus un mois avant d’être envoyés au Soudan où ils avaient été libérés, en l’absence de preuve établissant leurs liens avec Al Qaïda. Dans le district de Kasungu, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de balles réelles contre des manifestants protestant contre l’expulsion des cinq hommes.