Zambie

RÉPUBLIQUE DE ZAMBIE
CAPITALE : Lusaka
SUPERFICIE : 752 614 km_
POPULATION : 10,8 millions
CHEF DE L’ÉTAT et du GOUVERNEMENT : Levy Mwanawasa
PEINE DE MORT : maintenue
CONVENTION SUR L’ÉLIMINATION DE TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATION À L’ÉGARD DES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR L’ÉLIMINATION DE TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATION À L’ÉGARD DES FEMMES : non signé

Des journalistes jugés critiques à l’égard du régime ont été harcelés et arrêtés. Des médias ont été fermés sous prétexte qu’ils fonctionnaient illégalement. Des policiers ont continué à commettre des violations des droits humains. Plus de 50 personnes ont été condamnées à mort, dont 44 soldats qui avaient été impliqués dans un coup d’État manqué en 1997. Il n’y a pas eu d’exécution et, selon certaines informations, le président ne prévoyait de signer aucun ordre d’exécution.

Contexte

En mai 2003, le président Mwanawasa a nommé Nevers Mumba, l’un des dirigeants de l’opposition, au poste de vice-président. Affirmant que cette décision n’était pas conforme à la Constitution, les partis d’opposition ont déposé un recours devant la Haute Cour et entamé une procédure de destitution repoussée en août. Le président Mwanawasa était toujours sous la menace du recours déposé devant la Cour suprême au sujet des résultats de l’élection présidentielle de 2001. Il a mené une opération anti-corruption qui a conduit à l’arrestation de son prédécesseur, Frederick Chiluba. Celui-ci, selon une décision d’un tribunal de Lusaka le 11 novembre, devrait être jugé pour détournement de fonds publics.

Atteintes à la liberté d’expression

Au cours de l’année 2003, les menaces pesant sur la liberté de la presse n’ont pas cessé malgré le retrait, au mois de novembre 2002, du projet de loi relatif à la liberté de l’information.
_Le 5 février, Chali Nondo, journaliste au Monitor, a été arrêté et inculpé de « publication de fausses nouvelles dans l’intention d’effrayer et d’alarmer le public », à la suite de la parution d’un article alléguant que des policiers chargés de capturer un ancien ministre accusé de corruption avaient eu recours pour ce faire la sorcellerie. Chali Nondo a été libéré sous caution cinq jours plus tard. La publication de fausses nouvelles est une infraction tombant sous le coup de l’article 67 du Code pénal, et est passible d’une peine maximale de trois ans d’emprisonnement.
Le 24 juin, June Masautso Phiri, rédacteur en chef du journal Today, a été interrogé par la police après la parution d’un article contenant des commentaires sur le style du président Mwanawasa et sur l’existence présumée d’un complot en vue de préparer un coup d’État. Il a été accusé d’avoir publié des fausses nouvelles dans l’intention d’alarmer le public. S’étant présenté de nouveau à la police une semaine plus tard, il s’est vu notifier un « avertissement ».
_Le 1er novembre, des policiers ont fait irruption dans les locaux d’Omega, une chaîne de télévision privée de Lusaka, et ordonné au personnel d’interrompre immédiatement leurs émissions tests. Cette opération faisait suite à l’envoi au ministre de l’Information et des Services de la radiodiffusion d’un courrier de l’adjoint du procureur général, en date du 27 octobre, affirmant que la chaîne fonctionnait dans l’illégalité et devait être fermée. Le ministre a ensuite annulé le permis de construire (servant d’autorisation temporaire d’émettre) de la chaîne, invoquant pour ce faire des motifs relevant de l’« intérêt public ».

Violences imputables à des policiers
La torture de suspects en garde à vue est restée une pratique courante, de même que le recours à une force excessive par la police. La Police Public Complaints Authority (Service chargé des plaintes contre la police), qui ouvre des voies de recours individuel, a commencé ses activités le 7 mai.
_Le 26 mars, trois hommes - Felix Mengo, Kalengo Kalowani et Stuart Chulu - ont été arrêtés et amenés au commissariat central de Lusaka, où des policiers les auraient torturés. Selon des rapports médicaux, Felix Mengo avait les pieds enflés ainsi que des blessures à la jambe droite et aux bras, et il urinait avec difficulté. Il semble que Kalengo Kalowani présentait pour sa part des blessures infectées sur les deux avant-bras, des hématomes aux fesses et des oedèmes à la tête. Au mois d’avril, les inspecteurs de la Professional Standards Unit (Unité chargée du respect des normes professionnelles dans les services de police) ont déclaré qu’ils recueillaient les déclarations des témoins.
_Les services de police ont aussi ouvert une enquête sur le passage à tabac, le 7 juin, d’une détenue enceinte, rouée de coups par un responsable de la police et trois de ses subalternes. La femme avait les fesses tuméfiées, des hématomes sur le côté gauche du corps et un talon enflammé. Elle a finalement été hospitalisée. Les médecins auraient alors procédé à une interruption de grossesse car elle présentait une grave hémorragie.
_En septembre, à Ndola, des policiers ont lancé des grenades lacrymogènes sur un rassemblement de fonctionnaires grévistes. Ces derniers protestaient contre le non-paiement de leurs indemnités de logement par le gouvernement.

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