Uruguay

RÉPUBLIQUE ORIENTALE DE L’URUGUAY
CAPITALE : Montevideo
SUPERFICIE : 176 215 km_
POPULATION : 3,4 millions
CHEF DE L’ÉTAT et du GOUVERNEMENT : Jorge Batlle Ibáñez
PEINE DE MORT : abolie
CONVENTION SUR L’ÉLIMINATION DE TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATION À L’ÉGARD DES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR L’ÉLIMINATION DE TOUTES LES FORMES DE DISCRIMINATION À L’ÉGARD DES FEMMES : ratifié

La Comisión para La Paz (Commission pour la paix) a indiqué dans son rapport final que 26 Uruguayens étaient morts des suites d’actes de torture sous le régime militaire. Personne n’a eu à répondre devant la justice de ces graves atteintes aux droits humains.

Violations des droits humains commises par le passé
En avril, la Commission pour la paix, créée en août 2000 par le président Jorge Batlle pour apporter des éclaircissements sur le sort de ressortissants uruguayens « disparus » entre 1973 et 1985, a rendu public son rapport final. Elle y concluait que 26 Uruguayens qui avaient « disparu » durant cette période étaient morts des suites d’actes de torture. Selon les informations de source militaire reçues par la Commission, les victimes ont d’abord été enterrées dans des casernes puis, en 1984, leurs corps ont été exhumés et brûlés. Les cendres ont ensuite été dispersées dans les eaux du Rio de la Plata. La Commission a également précisé que cinq ressortissants argentins avaient été arrêtés en Uruguay au cours de cette période et transférés dans des centres de détention secrets en Argentine. Par ailleurs, toujours selon la Commission, 182 Uruguayens auraient été arrêtés pendant la dictature militaire en Argentine.
La Commission a recommandé que les familles des personnes arrêtées en Uruguay reçoivent réparation « intégrale et complète » et que les pratiques telles que la disparition forcée et la torture soient inscrites dans le Code pénal uruguayen. Les familles et les organisations de défense des droits humains se sont félicitées des progrès effectués par la Commission pour faire la lumière sur les violations des droits humains sous le régime militaire. Elles ont toutefois déclaré qu’établir la vérité ne suffisait pas et que, sans justice, il serait impossible de parvenir à une réconciliation.

Impunité
En avril, il semble que les autorités aient voulu étendre le champ d’application de la Loi de prescription promulguée en 1986 et exemptant de toute sanction les membres de la police et de l’armée responsables de violations de droits humains commises avant le 1er mars 1985. Les mesures prises pour étendre cette loi aux civils paraissaient être liées à l’arrestation d’un ancien ministre des Affaires étrangères, accusé de l’emprisonnement illégal d’Elena Quinteros Almeida, « disparue » en 1976 après avoir été emmenée de force de l’ambassade du Vénézuéla en Uruguay, où elle s’était réfugiée. Il s’agissait de la première arrestation pour atteintes aux droits humains commises sous le gouvernement militaire. À la fin de l’année, le ministre avait été remis en liberté conditionnelle dans l’attente de son procès.
Un juge qui enquêtait sur des informations selon lesquelles des corps de « disparus » auraient été enterrés dans des complexes militaires a reçu l’ordre d’arrêter ses recherches, ce qui a suscité de profondes craintes quant à l’indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis du gouvernement.

Extradition
En juillet, Al Sayid Hassan Mukhlis, ressortissant égyptien, a été extradé vers l’Égypte, malgré les risques sérieux qu’il courait de subir dans ce pays des violations de ses droits fondamentaux, notamment des actes de torture et un procès inéquitable. Les autorités égyptiennes avaient demandé son extradition en raison de son implication présumée dans des atteintes aux droits humains perpétrées par le groupe armé d’opposition islamiste Al Djamaa al Islamiya. En mai, la Cour suprême de l’Uruguay avait approuvé l’extradition d’Al Sayid Hassan Mukhlis, malgré de nombreuses informations tendant à prouver que plusieurs membres présumés de groupes armés islamistes avaient été victimes de torture après avoir été renvoyés de force en Égypte.

Torture et mauvais traitements
Des détenus auraient été torturés et maltraités. Des enquêtes visant à vérifier la véracité de ces allégations ont été entamées mais, à la fin de l’année, aucune d’elles n’était arrivée à son terme.

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