Principaux événements survenus entre janvier et avril 2004

Union européenne

Le 1er mai, l’Union européenne (UE) a admis dix nouveaux États membres - Chypre, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie. Amnesty International a exprimé certaines préoccupations au sujet du fonctionnement de la justice, de la discrimination contre les minorités -notamment contre les Roms - dans certains des nouveaux États membres, et du traitement des demandeurs d’asile. L’UE doit prendre en compte plus sérieusement la question du respect des droits humains à l’intérieur de ses frontières.

Espagne

Le 11 mars, à Madrid, des attentats à la bombe visant des trains de banlieue ont fait 192 morts et plus de 1 460 blessés. Au regard du droit international, ce massacre pourrait constituer un crime contre l’humanité.

Ouzbékistan

Des postes de contrôle de la police ont été les cibles d’une série d’explosions et d’attaques, dans les villes de Tachkent et de Boukhara, entre le 28 mars et le 1er avril 2004. Les autorités ouzbèkes imputent ces actes de violence, qui ont fait plus de 40 victimes, aux « extrémistes islamiques », notamment à un petit groupe islamiste appelé Jamo’at, qui aurait des liens avec le Mouvement islamique d’Ouzbékistan, un groupe armé frappé d’interdiction, et le parti islamiste d’opposition Hizb-ut-Tahrir (Parti de la libération), accusé par les autorités de tentative de déstabilisation du pays.

Royaume-Uni

En mars 2004, un ressortissant libyen, M., a été libéré de la prison de haute sécurité de Londres. La Special Immigration Appeals Commission (SIAC, Commission spéciale des recours en matière d’immigration) avait en effet statué que la présomption d’activité liée au terrorisme international, motif invoqué pour justifier la détention de M., n’avait pas été établie. M. faisait partie des 14 personnes détenues en vertu de la Loi de 2001 relative à la sécurité et à la lutte contre la criminalité et le terrorisme (Loi relative à la sécurité), qui autorise la détention potentiellement illimitée, essentiellement sur la base de « preuves » secrètes, des étrangers qui ne peuvent être expulsés du Royaume-Uni, ainsi que l’usage de « preuves » obtenues sous la torture. En avril 2004, la SIAC avait accordé une mise en liberté provisoire à un autre détenu, G., car elle estimait que l’état mental et physique de cette personne s’était sérieusement dégradé du fait de sa détention au titre de la Loi relative à la sécurité. La libération de G., soumise à des conditions très strictes, s’apparente à un placement en résidence surveillée.
En mars 2004, cinq Britanniques ont été libérés de la base américaine de Guantánamo Bay, à Cuba, et renvoyés au Royaume-Uni, où ils n’ont pas été inculpés.
En avril 2004, le gouvernement britannique n’a pas tenu compte de la recommandation du juge Cory, qui préconisait l’ouverture immédiate d’une enquête publique sur la mort de Patrick Finucane, un avocat spécialisé dans la défense des droits humains. Des enquêtes publiques ont été annoncées : elles doivent porter sur trois autres affaires de connivence présumée des autorités britanniques dans des cas d’homicides.
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Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse