Sénégal

République du Sénégal
CAPITALE : Dakar
SUPERFICIE : 196 720 km²
POPULATION : 10,3 millions
CHEF DE L’ÉTAT : Abdoulaye Wade
CHEF DU GOUVERNEMENT : Idrissa Seck, remplacé par Macky Sall le 22 avril
PEINE DE MORT : abolie pour tous les crimes en décembre
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifié

Les affrontements armés ont nettement diminué en Casamance et un accord de paix visant à mettre fin pour de bon au conflit a été signé en décembre. Les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur du pays ont commencé à regagner leur foyer. Des actions ont été entreprises afin de reconstruire les infrastructures détruites. Des mouvements issus de la société civile se sont publiquement élevés contre les interpellations de journalistes et d’opposants politiques. En décembre, le Sénégal a aboli la peine de mort.

Contexte

Au mois d’avril, le président Abdoulaye Wade a révoqué le Premier ministre, Idrissa Seck, rejetant les mesures prises par celui-ci pour élargir l’assise politique du gouvernement. Il a par la suite nommé Macky Sall pour former un nouveau gouvernement, dans lequel a été inclus Djibo Leïty Kâ, dirigeant de l’Union pour le renouveau démocratique (URD), un parti d’opposition.

Reconstruction en Casamance

Les affrontements entre les forces de sécurité et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), groupe d’opposition armé revendiquant l’indépendance de la région, ont connu une nette diminution. En septembre, la branche armée du MFDC s’est engagée publiquement à cesser ses attaques contre la population civile casamançaise. Cette déclaration a encouragé les réfugiés et les personnes déplacées à rentrer chez eux. Des efforts sensibles ont été entrepris afin d’éliminer les mines terrestres, reconstruire les maisons détruites et relancer une économie délabrée.
Les négociations visant à appliquer les accords de paix signés en 2001 par le gouvernement et le MFDC semblaient piétiner en raison de divisions internes entre des factions rivales du MFDC. La lutte pour la direction du mouvement s’est accrue entre le dirigeant historique du MFDC, le père Augustin Diamacoune Senghor, et le secrétaire général, Jean-Marie Biagui. Ce dernier a été reconduit dans ses fonctions à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire du MFDC organisée au mois de septembre. Jean-Marie Biagui a demandé que le MFDC devienne un parti politique dont le sigle signifierait désormais Mouvement pour le fédéralisme et la démocratie constitutionnelle. Toutefois, en décembre, les autorités sénégalaises et le père Diamacoune ont signé à Ziguinchor, la principale ville de Casamance, un accord de paix visant à sceller officiellement la fin du conflit.

Menaces contre la liberté d’expression

Cette année encore, des journalistes et des opposants politiques ont été victimes d’actes de harcèlement et d’intimidation visant, de toute évidence, à restreindre la liberté d’expression.
En janvier, Mamadou Lamine Diop, porte-parole du Parti de la réforme, a été arrêté par des policiers de la Direction des investigations criminelles (DIC) parce qu’il avait critiqué le président Wade au cours d’un entretien radiophonique. Il a été soumis, durant quelques heures, à un interrogatoire mené par les membres des forces de l’ordre.
En juillet, Madiambal Diagne, directeur de rédaction du journal Le Quotidien, a été interpellé et inculpé de « diffusion de correspondances et de rapports secrets », de « diffusion de fausses nouvelles » et de « diffusion de nouvelles tendant à causer des troubles politiques graves ». Cette arrestation a soulevé une vague de protestation parmi les organisations de défense des droits humains, qui ont accusé les autorités de chercher à bâillonner la presse. La plupart des quotidiens sénégalais indépendants ont instamment demandé la remise en liberté de Madiambal Diagne, qui a été relâché à titre provisoire après deux semaines passées en détention. Fin 2004, aucune autre procédure judiciaire n’avait été signalée.

Impunité en Casamance

Depuis de nombreuses années, les agents des forces de sécurité qui se sont rendus coupables de violations massives des droits humains en Casamance jouissaient de l’impunité. Les autorités n’avaient entrepris aucune action pour ouvrir des enquêtes ou traduire ces personnes en justice. En juin, par l’annonce d’une amnistie générale des membres du MFDC, le gouvernement a fait un pas supplémentaire dans le sens d’une impunité totale. Une telle mesure protège les auteurs de graves atteintes aux droits humains contre les poursuites judiciaires.

Abolition de la peine de mort

En juillet, le président Wade a présenté un projet de loi portant abolition de la peine de mort. Ce texte a reçu l’approbation unanime du Conseil des ministres et a été adopté par l’Assemblée nationale en décembre, à une majorité écrasante. En conséquence, le ministre de la Justice a annoncé qu’il demanderait la commutation de quatre sentences de mort, dont celles pesant sur trois hommes qui avaient été condamnés à cette peine en 2004, par la cour d’assises de Dakar, pour vol qualifié ayant entraîné la mort.

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