TRINITÉ-ET-TOBAGO

République de Trinité-et-Tobago
CAPITALE : Port of Spain
SUPERFICIE : 5 130 km²
POPULATION : 1,3 million
CHEF DE L’ÉTAT : George Maxwell Richards
CHEF DU GOUVERNEMENT : Patrick Manning
PEINE DE MORT : maintenue
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : non signé

Les conditions de vie en détention restaient médiocres, s’apparentant parfois à un traitement cruel, inhumain et dégradant. De nouvelles condamnations à la peine capitale ont été prononcées. Amnesty International a continué de recevoir des informations faisant état d’actes de torture et de brutalités imputables à la police.

Brutalités policières
De nouveaux cas de torture et de mauvais traitements infligés par des policiers ont été signalés. La police a tué par balle au moins 24 personnes.
En janvier, Kevin Cato a été abattu par des membres des forces de l’ordre. Il se serait interposé lors d’une altercation entre des amis et les policiers. Un des agents a été inculpé de meurtre.
En avril, des policiers ont ouvert le feu sur Galene Bonadie dans des circonstances controversées. D’après des témoins, Galene Bonadie a reçu une balle dans la tête après avoir tenté d’intervenir auprès de policiers qui frappaient un homme. De leur côté, les agents ont affirmé avoir tiré sur elle alors qu’elle tentait de s’emparer de l’arme d’un de leurs collègues. En juin, le procureur général a ordonné l’ouverture d’une enquête. Celle-ci a été entamée en décembre, puis ajournée jusqu’en 2005.

Peine de mort
En juillet, au Royaume-Uni, le Judicial Committee of the Privy Council (JCPC, Comité judiciaire du Conseil privé), un organe du Commonwealth qui intervient en tant que dernière instance d’appel pour Trinité-et-Tobago, a infirmé l’avis qu’il avait luimême émis en 2004 dans l’affaire Balkissoon Roodal et aux termes duquel il était contraire à la Constitution de prévoir impérativement la peine de mort pour certains crimes. Cette peine a donc continué à être l’unique condamnation possible pour les personnes reconnues coupables de meurtre. Toutefois, cette instance a commué la peine des 86 personnes alors condamnées à mort en une peine d’emprisonnement, au motif qu’elles avaient espéré pouvoir bénéficier de l’avis donné précédemment.
Les tribunaux ont continué à prononcer des peines capitales. À la fin de l’année 2004, au moins trois personnes étaient condamnées à mort mais aucune exécution n’avait eu lieu.

Mauvais traitements en détention
Les conditions de vie dans les lieux de détention demeuraient extrêmement préoccupantes et s’apparentaient dans certains cas à un traitement cruel, inhumain et dégradant. L’action du groupe d’étude pour la réforme pénitentiaire, dont la création avait été annoncée courant 2003, s’est révélée largement insuffisante.
En avril, après avoir obtenu du gouvernement de pouvoir accéder sans aucune restriction aux principaux établissements pénitentiaires du pays, une délégation d’Amnesty International a constaté que les conditions de détention dans les prisons de Port of Spain et de Golden Grove étaient effroyables. La surpopulation y était très importante et les détenus étaient contraints de déféquer et d’uriner dans des récipients puis de transvaser leurs excréments dans un seau situé à l’extérieur de leur cellule. Jusqu’à 17 prisonniers cohabitaient dans des cellules d’environ neuf mètres carrés.
De nouveaux cas de violences en milieu carcéral ont été signalés. En octobre, Kern Phillips est mort, poignardé par un autre détenu. En septembre, Ignatius Owen aurait été battu à mort par d’autres prisonniers. Les deux victimes étaient détenues à la prison de Golden Grove.

Châtiments corporels
Les lois autorisant les condamnations à des châtiments corporels, notamment pour viol, sont restées en vigueur. À la connaissance d’Amnesty International, aucune condamnation à la flagellation n’a été infligée. Le gouvernement a indiqué à l’organisation qu’aucun prisonnier n’avait subi de châtiment corporel depuis 2002.

Visites d’Amnesty International
En avril, une délégation d’Amnesty International s’est rendue à Trinité-et-Tobago. Elle a rencontré le ministre de la Sécurité nationale et le directeur par intérim de l’administration pénitentiaire.

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