AUSTRALIE

Les droits des indigènes demeuraient un motif de préoccupation. Les mesures destinées à lutter contre le « terrorisme » ont entraîné des modifications législatives qui n’étaient pas sans conséquence sur les droits civils. Bien que le gouvernement ait introduit quelques mesures limitées pour autoriser les résidences permanentes, des milliers de réfugiés se trouvaient toujours dans une situation floue. La détention obligatoire à durée indéterminée des réfugiés a eu pour effet de séparer les familles.

Australie
CAPITALE : Canberra
SUPERFICIE : 7 682 195 km²
POPULATION : 19,9 millions
CHEF DE L’ÉTAT : Elizabeth II, représentée par Michael Jeffery
CHEF DU GOUVERNEMENT : John Howard
PEINE DE MORT : abolie
COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Statut de Rome ratifié
CONVENTION SUR LES FEMMES : ratifiée avec réserves
PROTOCOLE FACULTATIF À LA CONVENTION SUR LES FEMMES : non signé

Communauté indigène
En octobre, le Council of Social Services (COSS, Conseil des services sociaux) a indiqué que le déséquilibre entre les indigènes et les autres Australiens en matière de santé, d’éducation, d’emploi et de logement constituait toujours un sujet d’inquiétude. La Commission des Aborigènes et des populations des îles du détroit de Torrès, organe élu et représenté au Forum permanent des peuples indigènes des Nations unies, a été dissoute et remplacée par une commission consultative nommée par l’État.
En février, des émeutes ont éclaté à Sydney après la mort d’un jeune indigène, T. J. Hickey, qui s’est empalé sur une grille à la suite d’une chute de bicyclette survenue au cours d’une opération de police. En août, le coroner (officier de justice chargé de faire une enquête en cas de mort violente, subite ou suspecte) a dégagé les policiers de la Nouvelle-Galles du Sud de toute responsabilité dans ce décès. En novembre, des troubles ont secoué Palm Island, dans le Queensland, à la suite de la mort en garde à vue d’un indigène, Cameron Doomadgee. Une commission spéciale a été désignée afin de mener une enquête exhaustive sur cette affaire.

Violences contre les femmes
En lançant sa campagne Australia says NO (L’Australie dit NON), le gouvernement a reconnu que la violence contre les femmes constituait un problème. Au mois d’octobre, les résultats d’une étude coordonnée par les Nations unies ont révélé que 36 p. cent des Australiennes avaient été victimes de brutalités de la part de leur conjoint, ancien ou actuel. Le même mois, on apprenait que la violence domestique représentait la principale cause de décès prématuré ou de mauvais état de santé chez les femmes âgées de quinze à quarante-quatre ans.
Au mois de décembre, la Cour suprême de l’État du Victoria a reconnu James Ramage coupable d’homicide involontaire - et non de meurtre - sur la personne de Julie Ramage, son épouse. Cette décision résultait du fait que la victime avait, semble-t-il, tenu des propos provocateurs. L’invocation de la provocation comme argument de défense a été remise en cause par la Commission de réforme législative du Victoria et les mouvements de défense des droits des femmes.

Droits humains et sécurité
De nouvelles lois « antiterroristes » ont prolongé la période de détention sans inculpation pour les infractions liées au « terrorisme » et restreint davantage encore les possibilités d’assistance juridique. Dans les procès fédéraux de nature pénale, sous réserve d’acceptation par un juge, le procureur général pouvait désormais ne pas divulguer à l’accusé des informations ayant des conséquences sur la sécurité du pays.
Les autorités n’ont pas cherché à obtenir le transfert ou la remise en liberté de David Hicks et Mamdouh Habib, deux Australiens détenus à Guantánamo Bay, et ont accepté leur comparution devant des commissions militaires américaines. L’audience préliminaire de David Hicks a eu lieu au mois d’août. Le gouvernement a rejeté les allégations de torture et de mauvais traitements émises par Mamdouh Habib. Ce dernier était détenu sans inculpation.

Réfugiés et demandeurs d’asile
La Haute Cour australienne a conclu que la loi prévoyant le placement en détention obligatoire des demandeurs d’asile était conforme à la Constitution.
Peter Qasim, ressortissant indien originaire de l’État de Jammu-et-Cachemire, entamait sa septième année consécutive de détention pour une durée indéterminée.
Au mois de mai, la Commission pour les droits humains et l’égalité des chances a fait état de la souffrance physique et psychologique endurée par les enfants qui se trouvaient en détention. Elle a demandé la libération des mineurs placés dans des centres de détention pour immigrés, ainsi que celle de leurs familles. Au mois de novembre, au moins 212 demandeurs d’asile étaient toujours incarcérés. Vingt-deux Afghans secourus, en 2001, par le cargo MV Tampa avant d’être placés, avec de nombreux autres, en détention sur l’île de Nauru, ont obtenu le statut de réfugié. Cinquante-quatre autres personnes restaient détenues.
Le gouvernement a modifié les réglementations relatives au permis de séjour temporaire, laissant à certains réfugiés la possibilité de demander d’autres permis ou visas. La situation de milliers de réfugiés restait toutefois incertaine.

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