Koweit

Malgré des réformes de la législation, les travailleurs étrangers étaient toujours confrontés à l’exploitation et aux mauvais traitements. Des personnes qui se montraient critiques à l’égard du gouvernement et de la famille régnante ont été harcelées. Des milliers de bidun (Arabes apatrides) restaient privés d’une partie de leurs droits fondamentaux. Trois personnes au moins ont été condamnées à mort. Aucune exécution n’a été signalée.

ÉTAT DU KOWEÏT
CHEF DE L’ÉTAT : Cheikh Sabah al Ahmed al Jaber al Sabah
CHEF DU GOUVERNEMENT : Cheikh Nasser Mohammed al Ahmed al Sabah
PEINE DE MORT : maintenue
POPULATION : 3 millions
ESPÉRANCE DE VIE : 77,5 ans
MORTALITÉ DES MOINS DE CINQ ANS (M/F) : 11 / 9 ‰
TAUX D’ALPHABÉTISATION DES ADULTES : 94,5 %

Contexte

Des élections législatives se sont tenues en mai, à la suite de la démission, en mars, du gouvernement. Seize femmes ont fait acte de candidature pour l’Assemblée nationale (Majlis al Umma), qui compte 50 sièges. Pour la première fois, quatre femmes ont été élues. Les partis politiques restaient interdits.

Liberté d’expression

Des personnes qui se montraient critiques à l’égard du gouvernement et de la famille régnante ont été harcelées.
 ?Muhamad Abdulqader al Jasem, journaliste connu pour ses critiques envers le Premier ministre, a été arrêté en novembre à cause de remarques qu’il avait faites lors d’une réunion privée. Détenu pendant 12 jours dans les locaux du Service des enquêtes criminelles du ministère de l’Intérieur, il a ensuite été remis en liberté sous caution.

Lutte contre le terrorisme et sécurité

Les autorités ont annoncé en août l’arrestation de six hommes soupçonnés d’appartenance à une cellule d’Al Qaïda qui se préparait à attaquer une base américaine au Koweït et un bâtiment public utilisé par les services de sécurité. En décembre, les charges retenues contre ces prisonniers ont été considérées comme sujettes à caution, après que le tribunal eut reconnu qu’ils avaient été maltraités. Le parquet a ordonné une enquête sur leurs allégations de mauvais traitements. Une nouvelle audience devait se tenir en janvier 2010.
Détenus par les États-Unis à Guantánamo, Khaled al Mutairi et Fouad al Rabia ont été libérés – respectivement en octobre et décembre – et renvoyés au Koweït. Ni l’un ni l’autre n’auraient apparemment été arrêtés à leur retour, bien que le gouvernement ait créé un centre de « rééducation » à Sulaybiya, à proximité de la prison centrale, prévu semble-t-il pour accueillir notamment les détenus de Guantánamo. Deux autres Koweïtiens – Fawzi al Odah et Faiz al Kandari – étaient toujours détenus à Guantánamo à la fin de l’année.

Droits des femmes

Dans une décision rendue en octobre, la Cour constitutionnelle a conclu que la loi de 1962 prévoyant qu’une femme ne peut obtenir un passeport sans l’autorisation de son mari était contraire aux dispositions constitutionnelles garantissant la liberté individuelle et l’égalité entre hommes et femmes.

Droits des migrants

En décembre, le Parlement a décidé de modifier le Code du travail de 1964 en vue d’instituer un salaire minimum pour certains emplois, d’augmenter la durée des congés annuels, d’interdire le licenciement arbitraire et de prévoir des sanctions pour les personnes qui font le commerce de visas ou recrutent des travailleurs sans leur procurer un emploi. Si elle est ratifiée par l’émir, cette nouvelle loi mettra également en place un organisme officiel à but non lucratif chargé de contrôler les modalités de recrutement et les conditions de travail des travailleurs étrangers. Il semblait toutefois que ce texte ne s’appliquerait pas aux employés de maison, des femmes pour la plupart, qui risquent tout particulièrement d’être exploités et maltraités.
 ?En mars, une employée de maison philippine aurait été hospitalisée après avoir été violée et brutalisée à plusieurs reprises. La police a rejeté les allégations de l’employeur de cette femme, qui affirmait qu’elle avait tenté de se suicider.

Peine de mort

Trois personnes au moins ont été condamnées à mort pour meurtre. Aucune exécution n’a été signalée.
 ?May Membriri Vecina, une employée de maison philippine, est rentrée dans son pays en juin après avoir été graciée par l’émir. Reconnue coupable du meurtre du plus jeune enfant de son employeur, elle avait été condamnée à mort en juillet 2007. Au cours de son procès, cette femme avait affirmé que son employeur lui avait infligé des sévices physiques et psychologiques qui avaient entraîné des troubles mentaux. Sa sentence capitale avait été commuée en peine de réclusion à perpétuité en juin 2008.

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