NAMIBIE

Le procès pour trahison de Caprivi est entré dans sa 11e année. Un autre accusé est mort, ce qui portait à 21 le nombre de personnes mises en cause dans cette affaire qui étaient décédées en détention. Le gouvernement et le parti au pouvoir, l’Organisation du peuple Sud-Ouest africain (SWAPO), ont pris pour cible des défenseurs des droits humains, des journalistes et des organisations de la société civile qui étaient critiques à leur égard.

République de Namibie
CHEF DE L’ÉTAT ET DU GOUVERNEMENT : Hifikepunye Pohamba
PEINE DE MORT : abolie
POPULATION : 2,2 millions
ESPÉRANCE DE VIE : 62,1 ans
MORTALITÉ DES MOINS DE CINQ ANS (M/F) : 58 / 45 ‰
TAUX D’ALPHABÉTISATION DES ADULTES : 88,2 %

Contexte

Des partis politiques d’opposition ont déposé une requête auprès de la Haute Cour afin qu’elle invalide les résultats des élections législatives de novembre 2009.

Procès de Caprivi

Le procès pour haute trahison de Caprivi s’est poursuivi. Il s’agissait du procès pénal le plus important et le plus long de l’histoire de la Namibie. Les personnes mises en cause étaient accusées de participation à des attaques lancées en 1999 dans le couloir de Caprivi par l’Armée de libération de Caprivi. Lorsque le procès s’est ouvert en octobre 2003, 132 personnes devaient être jugées. À la fin 2010, 21 d’entre elles étaient mortes en détention – dont Ritual Mukungu Matengu, décédé le 28 mai 2010.
Saviour Ndala Tutalife, Postrick Mwinga et Britian Simisho Lielezo, trois accusés qui avaient déposé des demandes d’indemnisation pour torture auprès des ministres de l’Intérieur et de la Défense, ont vu leur requête rejetée par la Haute Cour. L’arrêt a été rendu en janvier pour Britian Simisho Lielezo et en juillet pour Saviour Ndala Tutalife et Postrick Mwinga.

Liberté d’expression

Des médias et des journalistes critiques envers le gouvernement et des membres de la SWAPO, le parti au pouvoir, ont été pris pour cible par les autorités et leurs sympathisants. Des défenseurs des droits humains et des organisations dénonçant les agissements du gouvernement ont également été visés. Ce dernier a maintenu l’interdiction faite en 2000 aux services gouvernementaux de placer des encarts publicitaires dans The Namibian, un journal indépendant considéré comme hostile au gouvernement et à la SWAPO.

  • Le 8 janvier, John Grobler, un journaliste indépendant, a été attaqué par quatre hommes. Cette agression était, semble-t-il, liée à un article qu’il avait publié dans The Namibian en septembre 2009 ; il y attirait l’attention sur le manque de transparence d’un accord commercial impliquant des membres de premier plan de la SWAPO.
  • En janvier, des hauts fonctionnaires ont ordonné à la fondation Konrad Adenauer de quitter le pays parce qu’elle avait signalé que les élections de 2009 avaient été relativement libres mais pas équitables et parce qu’elle avait organisé des réunions auxquelles avaient assisté des partis politiques de l’opposition.
  • Le 28 octobre, le Parlement namibien a décidé de débattre des mesures à prendre à l’encontre de Phil ya Nangoloh, directeur de Namibian Rights and Responsibilities Inc (NamRights Inc), anciennement Association nationale de défense des droits humains. Cet homme avait diffusé une déclaration accusant l’ancien président Samuel Nujoma d’incitation à la violence. Le Parlement a demandé aux autorités judiciaires et aux organes chargés de l’application des lois de prendre des mesures contre Phil ya Nangoloh, qui a reçu des menaces de mort.

Violences faites aux femmes et aux filles

Des viols, des tentatives de viol et des meurtres de femmes ont été signalés tout au long de l’année.

  • Magdalena Stoffels, une lycéenne de 17 ans, a été violée et tuée à Windhoek au mois de juillet. Un suspect a été arrêté et placé en détention.
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