PANAMA

La situation était préoccupante en matière de violences faites aux femmes et de discrimination à l’égard des populations indigènes et des Afro-Panaméens. Quatre personnes ont trouvé la mort lors d’affrontements entre des manifestants et la police.

République du Panama
CHEF DE L’ÉTAT ET DU GOUVERNEMENT : Ricardo Martinelli
PEINE DE MORT : abolie
POPULATION : 3,5 millions
ESPÉRANCE DE VIE : 76 ans
MORTALITÉ DES MOINS DE CINQ ANS (M/F) : 27 / 20 ‰
TAUX D’ALPHABÉTISATION DES ADULTES : 93,5 %

Contexte

En novembre, le bilan du Panama en matière de droits humains a été évalué dans le cadre de l’examen périodique universel des Nations unies. Parmi les problèmes pointés du doigt figuraient la violence contre les femmes et la liberté d’expression.

Liberté de réunion

En juillet, des manifestations ont été organisées dans la province de Bocas del Toro pour protester contre un projet de modification du droit du travail, susceptible selon certains de porter atteinte aux droits des syndicats et d’exacerber les tensions entre les salariés et le principal employeur local, une exploitation bananière. Le mouvement a duré environ deux semaines et s’est terminé par des heurts violents entre la police et les manifestants. Quatre protestataires ont été tués et des centaines d’autres blessés.

En octobre, la commission spéciale qui avait été créée par décret présidentiel pour faire la lumière sur ces événements a conclu qu’au moins 56 policiers et 700 manifestants avaient été blessés. Pas moins de 55 personnes présentaient des lésions oculaires irréversibles liées à l’utilisation de gaz lacrymogène par la police. La commission a également établi que deux des manifestants tués avaient succombé à des blessures par balle et que les deux autres étaient décédés après avoir été aspergés de gaz lacrymogène.

Elle a recommandé que les Principes de base sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois soient transposés dans des directives nationales. Elle a également préconisé l’abandon du chef d’« atteintes à la sûreté intérieure de l’État » retenu contre quelque 350 manifestants, tout en précisant que les actes violents ne devaient pas rester impunis. À la fin de l’année, aucune inculpation n’avait été prononcée dans l’affaire de la mort des quatre manifestants.

Violences faites aux femmes et aux filles

En février, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes [ONU] s’est félicité de la mise en place, en 2004, du Plan national de lutte contre les violences faites aux femmes. Il a salué certaines modifications de la législation prévoyant de nouvelles mesures de protection en cas de violences familiales. Le Comité a toutefois jugé préoccupant le grand nombre d’actes de violences visant des femmes, l’absence de services et de mesures de protection adéquats pour les victimes de ces violences et le fait qu’aucune campagne de sensibilisation n’ait été menée. Dans un rapport remis au Comité, le gouvernement a indiqué que, de 2005 à 2009, les services du parquet de Panama spécialement chargés de ces affaires avaient enregistré 17 067 plaintes de femmes victimes de violences et 1 198 autres concernant des mineures.

Droits des peuples indigènes

En mai, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale [ONU] a pris note avec préoccupation de la persistance de la discrimination à l’égard des Afro-Panaméens et des peuples indigènes, ainsi que de la marginalisation, de la paupérisation et de la vulnérabilité de ces populations. Entre autres recommandations, il a demandé au Panama de se doter de mécanismes appropriés pour obtenir le consentement libre, préalable et éclairé des peuples autochtones au sujet de projets de développement les concernant, de mettre fin aux expulsions forcées de ces communautés et d’adopter une législation interdisant la discrimination « fondée sur la race ».

  • En juin, les 4 500 Nasos de la province de Bocas del Toro ont saisi la Commission interaméricaine des droits de l’homme, accusant notamment l’État panaméen de les priver d’une juste reconnaissance de leurs droits et d’avoir pris parti pour des éleveurs de bétail qui avaient procédé à des expulsions forcées en 2009, dans le cadre d’un litige foncier toujours non résolu.
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