BURKINA FASO

De graves troubles ont eu lieu entre février et juillet, et le président a dissous le gouvernement. Quelque 300 soldats ont été inculpés et placés en détention à la suite des émeutes.

BURKINA FASO
Chef de l’État : Blaise Compaoré
Chef du gouvernement : Tertius Zongo, remplacé par Luc-Adolphe Tiao le 18 avril
Peine de mort : abolie en pratique
Population : 17 millions
Espérance de vie : 55,4 ans
Mortalité des moins de cinq ans : 166,4 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes : 28,7 %

Contexte

Entre les mois de février et de juillet, le Burkina Faso a été le théâtre de l’une des vagues de mutinerie les plus graves depuis la prise du pouvoir par le président Blaise Compaoré, en 1987. À plusieurs reprises des militaires sont descendus dans la rue pour protester contre les peines d’emprisonnement infligées à cinq des leurs pour l’agression d’un civil à propos de soldes non payées. En réaction, le président a dissous le gouvernement et limogé le chef d’état-major. En septembre, 300 soldats environ ont été inculpés et placés en détention ; un grand nombre d’entre eux ont été jugés pour rébellion, viol, vol aggravé et pillage.
En mars et avril, des milliers de personnes ont manifesté à Ouagadougou, la capitale, et dans d’autres villes pour protester contre le prix des denrées alimentaires et la hausse du coût de la vie. Elles ont réclamé la démission du président Compaoré et la fin de l’impunité.

Utilisation excessive de la force

En février, la mort de Justin Zongo, un étudiant décédé après avoir été frappé par des policiers à Koudougou, à 100 kilomètres à l’ouest de Ouagadougou, a déclenché des manifestations antigouvernementales à travers tout le pays. Des déclarations officielles selon lesquelles le jeune homme avait succombé à une méningite ont été ultérieurement contredites par des rapports indiquant qu’il était mort des suites de violences physiques.
Des heurts ont alors opposé manifestants et représentants des autorités. Des centaines de personnes ont été blessées et cinq autres tuées, dont un policier, lorsque les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur les manifestants. En août, dans l’affaire Justin Zongo, trois policiers ont été condamnés à des peines comprises entre huit et 10 années d’emprisonnement pour « coups mortels et complicité de coups mortels ».

Peine de mort

*En janvier, Issoufou Savadogo a été condamné à mort pour meurtre par la chambre criminelle de la cour d’appel de Ouagadougou.
*En décembre, deux personnes ont été condamnées à mort par contumace par la chambre criminelle de la cour d’appel de Bobo-Dioulasso, également pour meurtre.

Droit à la santé – mortalité maternelle

Alors que le gouvernement avait défini la santé maternelle comme un objectif prioritaire, aucune amélioration réelle n’avait été constatée à la fin de l’année ni dans la qualité des services de santé maternelle, ni dans l’accès au planning familial ou aux méthodes de contraception. Quelques avancées ont été signalées quant à l’obligation faite aux membres du personnel médical de rendre compte de leurs actes.
*En septembre, deux responsables des services de santé de Bobo-Dioulasso ont été renvoyés pour « faute professionnelle grave » après la mort d’une femme enceinte qui avait été enfermée sans aucune surveillance dans un service de maternité. Ils ont été condamnés en octobre à des peines d’emprisonnement. Des réparations ont été accordées à la famille.

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