MALI

Le Mali a mené avec des pays voisins des opérations de lutte contre Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Trois des sept otages enlevés par cette organisation en 2010 ont été libérés. Une personne a été tuée et cinq autres ont été enlevées. La Commission nationale des droits de l’homme a recommandé au gouvernement d’abolir la peine capitale. Dix personnes ont été condamnées à mort.

RÉPUBLIQUE DU MALI
Chef de l’État : Amadou Toumani Touré
Chef du gouvernement : Modibo Sidibé, remplacé par Mariam Kaïdama Cissé Sidibé le 3 avril
Peine de mort : abolie en pratique
Population : 15,8 millions
Espérance de vie : 51,4 ans
Mortalité des moins de cinq ans : 191,1 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes : 26,2 %

Contexte

En mai, des représentants de quatre pays subsahariens voisins du Mali, dont le Niger et la Mauritanie, se sont réunis dans la capitale, Bamako, pour renforcer la coopération dans la lutte contre AQMI. Le Mali et la Mauritanie ont mené des opérations militaires conjointes à leur frontière commune contre une base présumée d’AQMI ; plusieurs personnes, dont des soldats mauritaniens, ont été tuées en juin.
En octobre, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest a fait part de ses préoccupations au sujet de la menace pour la sécurité constituée par l’arrivée dans le nord du Mali de combattants de retour de Libye.
En décembre, l’Assemblée nationale a adopté un nouveau Code de la famille, qui perpétuait la discrimination envers les femmes.

Commission nationale des droits de l’homme

En mars, la Commission nationale des droits de l’homme a publié son premier rapport. Elle y recommandait l’adoption du projet de loi en faveur de l’abolition de la peine de mort, approuvé par le gouvernement en 2007. Ce rapport engageait en outre le gouvernement à interdire les mutilations génitales féminines, à améliorer les conditions carcérales et à prendre des mesures pour prévenir la torture et les autres traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Morts consécutives à un exercice militaire

En octobre, cinq élèves officiers de l’École militaire interarmes de Koulikoro sont morts après un « bahutage » (bizutage) traditionnel. Trois hauts responsables de l’armée et plusieurs instructeurs permanents de l’école ont été arrêtés. Le ministère de la Défense a ordonné une enquête.

Exactions perpétrées par des groupes armés

En janvier, deux personnes ont été blessées après qu’un membre d’AQMI de nationalité tunisienne a fait exploser une bombonne de gaz devant l’ambassade de France à Bamako.
En janvier également, deux Français enlevés par AQMI à Niamey, la capitale du Niger, ont trouvé la mort au cours d’une opération de sauvetage manquée à la frontière malienne.
En février, trois personnes enlevées au Niger en septembre 2010 ont été libérées après le paiement d’une rançon. Quatre autres personnes étaient toujours détenues par AQMI dans le nord du Mali.
En mars, Hamma Ould Mohamed Yahya, enlevé par AQMI en 2010, a été libéré.
En novembre, cinq personnes ont été enlevées par AQMI et une autre a été tuée. Deux Français ont été enlevés dans leur hôtel à Hombori. Au cours du même mois, des ressortissants des Pays-Bas, de l’Afrique du Sud et de la Suède ont été enlevés à Tombouctou. Un touriste allemand qui avait tenté de résister à son enlèvement a été tué.

Peine de mort

Dix personnes ont été condamnées à mort. Parmi elles figuraient Mariam Sidibé, condamnée en juillet pour le meurtre, commis en 2008, de Mariam Traoré, sa coépouse ; et Bachir Simoun, un Tunisien, condamné en novembre pour avoir causé une explosion devant l’ambassade de France à Bamako. Le 15 décembre, Bachir Simoun a été gracié par le président Amadou Toumani Touré après que le président tunisien, Moncef Marzouki, eut demandé son renvoi dans son pays d’origine.

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