AUSTRALIE

L’Australie transgressait toujours les droits des peuples autochtones, notamment en omettant d’assurer les services les plus élémentaires sur les terres ancestrales des Aborigènes. Les autorités privilégiaient une politique de dissuasion concernant les réfugiés, en recourant à la détention obligatoire, pour une durée indéterminée et dans des lieux reculés, des demandeurs d’asile arrivés par bateau.

AUSTRALIE
Chef de l’État : Elizabeth II, représentée par Quentin Bryce
Chef du gouvernement : Julia Gillard
Peine de mort : abolie
Population : 22,6 millions
Espérance de vie : 81,9 ans
Mortalité des moins de cinq ans : 5,1 ‰

Droits des peuples indigènes

Le gouvernement continuait de restreindre les fonds affectés au logement et aux services municipaux (tels que l’eau et les réseaux d’assainissement) sur les terres ancestrales aborigènes du Territoire du Nord. De ce fait, certains Aborigènes ont été contraints d’abandonner leur territoire traditionnel pour avoir accès à ces services essentiels.
Un groupe d’experts examinant la reconnaissance des Australiens autochtones par la Constitution devait soumettre ses recommandations au Parlement fédéral en décembre.

Justice

Les habitants autochtones, qui représentent environ 2,5 % de la population australienne, constituaient 26 % de la population carcérale d’âge adulte. La moitié de tous les mineurs en détention dans le pays étaient des Aborigènes. Un rapport d’une commission parlementaire relatif à la jeunesse aborigène et à la justice rendu public en juin a fait état d’une hausse de 66 % du taux d’emprisonnement des Aborigènes entre 2000 et 2009.
*En septembre et en octobre, des agents d’une société de sécurité se sont vu infliger une amende pour n’avoir pas empêché la mort, en 2008, de M. Ward, un Aborigène âgé qui avait été victime d’un coup de chaleur dans une voiture cellulaire.

Réfugiés et demandeurs d’asile

En juillet, les gouvernements australien et malaisien ont convenu d’« échanger » 800 demandeurs d’asile arrivés en Australie par bateau contre 4 000 réfugiés (pour la plupart originaires du Myanmar) présents en Malaisie dans l’attente d’une réinstallation.
*Quarante-deux demandeurs d’asile (des Afghans dans leur grande majorité), dont six garçons mineurs non accompagnés, ont contesté leur renvoi vers la Malaisie. Dans une décision importante rendue en août, la Haute Cour a estimé un tel « échange » non valide au regard de la Loi relative à l’immigration. Ce texte interdit à l’Australie de renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays n’offrant pas les garanties légales suffisantes en matière de protection de réfugiés (voir Malaisie).
En novembre, 5 733 migrants, dont 441 enfants, se trouvaient en détention. Trente-huit pour cent d’entre eux étaient détenus depuis plus de 12 mois. Les autorités ont fait état d’une augmentation des taux de suicide et d’automutilation dans presque tous les centres de détention, y compris par des enfants âgés de seulement neuf ans. Le médiateur du Commonwealth a lancé, en juillet, une enquête dont les conclusions n’avaient pas été rendues à la fin de l’année.
En septembre, le gouvernement a adopté des lois en matière de protection complémentaire, qui ont renforcé les mesures de protection à l’intention des personnes ayant subi des atteintes non couvertes par la Convention relative au statut des réfugiés – telles que les mutilations génitales féminines, les crimes « d’honneur » et la peine de mort.

Violences faites aux femmes et aux enfants

En février, le Plan national de lutte contre les violences faites aux femmes et à leurs enfants a été approuvé par les autorités au niveau territorial, fédéral et des États.

Surveillance internationale

En janvier, le bilan de l’Australie en termes de droits humains a été évalué pour la première fois au titre de l’Examen périodique universel des Nations unies. L’Australie a accepté de ratifier le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et d’envisager de ratifier la Convention n° 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT) concernant les peuples indigènes et tribaux. Elle a toutefois refusé d’adopter une loi relative aux droits humains, de mettre un terme à la détention obligatoire des demandeurs d’asile, d’autoriser le mariage entre personnes de même sexe et d’indemniser les autochtones retirés de force à leurs familles lorsqu’ils étaient enfants.

Visites et documents d’Amnesty International

 Le secrétaire général d’Amnesty International s’est rendu en Australie en octobre.
 Australia : ‘The land holds us’ : Aboriginal Peoples’ right to traditional homelands in the Northern Territory (ASA 12/002/2011).

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