TURKMENISTAN

Le Comité contre la torture [ONU] a estimé que la torture était une « pratique généralisée » au Turkménistan. Le gouvernement a poursuivi sa politique de répression à l’égard des journalistes et des défenseurs des droits humains.

TURKMÉNISTAN
Chef de l’État et du gouvernement : Gourbangouly Berdymoukhammedov
Peine de mort : abolie
Population : 5,1 millions
Espérance de vie : 65 ans
Mortalité des moins de cinq ans : 45,3 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes : 99,6 %

Torture et autres mauvais traitements

De nombreuses informations ont fait état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés à des défenseurs des droits humains, des journalistes et des personnes appartenant à des minorités religieuses par des policiers, des fonctionnaires du ministère de la Sûreté nationale ou des membres du personnel pénitentiaire. Les autorités n’ont pas mené de véritable enquête sur ces affirmations.
Le Comité contre la torture a publié en juin ses observations finales sur le Turkménistan. Il s’est dit profondément préoccupé « par les allégations nombreuses et concordantes dénonçant la pratique généralisée dans l’État partie de la torture et des mauvais traitements à l’encontre des détenus ».

Répression de la dissidence

Les autorités ont continué de réprimer la dissidence. Les journalistes travaillant avec des organes de presse étrangers connus pour leurs articles critiques envers le régime faisaient l’objet d’actes de harcèlement et d’intimidation. Les groupes indépendants de la société civile ne pouvaient pas fonctionner au grand jour. Le Comité contre la torture a instamment prié le gouvernement de « veiller à ce que les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes, au Turkménistan comme à l’étranger, soient protégés contre les actes d’intimidation ou de violence motivés par leurs activités ». Les autorités continuaient d’avoir recours à l’internement en asile psychiatrique pour faire taire les dissidents.
*Condamnés en 2006, à l’issue d’un procès non équitable, à des peines d’emprisonnement pour « acquisition, possession ou vente illégales de munitions ou d’armes à feu », deux prisonniers d’opinion proches de la Fondation Helsinki du Turkménistan (une ONG), Annakourban Amanklytchev et Sapardourdy Khadjiev, purgeaient toujours leur peine. Le Comité contre la torture a appelé le gouvernement à mettre en œuvre la demande émise en 2010 par le Groupe de travail sur la détention arbitraire, qui souhaitait la libération immédiate des deux hommes et l’octroi de dommages-intérêts.
*Dovletmyrat Yazkouliev, journaliste pour Radio Free Europe/Radio Liberty, a bénéficié le 26 octobre d’une amnistie présidentielle. Quelques jours plus tôt, à l’issue d’un procès expéditif, il avait été déclaré coupable d’avoir encouragé un membre de sa famille à se suicider. Il avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement. Selon son entourage, il aurait en fait été pris pour cible en raison du reportage critique qu’il avait fait sur l’explosion meurtrière, en juillet, d’un dépôt d’armes près d’Achgabat. Quelques mois auparavant, il avait couvert les révolutions qui avaient déferlé sur le Moyen-Orient et fait des comparaisons avec la situation au Turkménistan.
*Le militant Amanguelen Chapoudakov, 80 ans, a été arrêté le 7 mars et placé pendant 40 jours en hôpital psychiatrique. Il avait accordé à Radio Azatlyq (le service en langue turkmène de Radio Free Europe/Radio Liberty) un entretien au cours duquel il avait accusé un responsable local de corruption.
*Le site Internet d’actualités indépendant Chronicles of Turkmenistan, animé par des émigrés, a été mis hors d’usage par une cyberattaque le 18 juillet, quelques jours après avoir publié des informations sur l’explosion du dépôt d’armes situé près d’Achgabat. Les auteurs de cette attaque auraient rendu publiques des données concernant les usagers de ce site, y compris ceux vivant au Turkménistan, leur faisant ainsi courir le risque d’être harcelés par les autorités. Des représentants des pouvoirs publics locaux se sont rendus au domicile de la mère du rédacteur en chef du site et l’auraient interrogée de façon menaçante. Elle a indiqué un peu plus tard qu’elle avait été placée sous surveillance.

Liberté de religion et de conviction

Les activités religieuses étaient toujours étroitement contrôlées. Nombre de groupes religieux minoritaires avaient toujours beaucoup de mal à se faire inscrire sur les registres officiels, ce qui les exposait davantage à d’éventuelles manœuvres de harcèlement de la part des autorités.
Le refus d’effectuer le service militaire constituait toujours une infraction pénale et il n’existait aucune solution civile de remplacement pour les objecteurs de conscience. Huit témoins de Jéhovah purgeaient des peines d’emprisonnement pour objection de conscience ; un neuvième était sous le coup d’une condamnation avec sursis.
Le pasteur protestant Ilmourad Nourliev était toujours emprisonné.

Disparitions forcées

Les autorités refusaient toujours de donner des informations concernant le sort de plusieurs dizaines de personnes arrêtées et condamnées au lendemain de la tentative d’assassinat dont aurait fait l’objet, en 2002, l’ancien président Saparmourad Niazov. Le Comité contre la torture a invité le gouvernement à faire en sorte que des enquêtes impartiales et approfondies soient menées sans délai sur toutes les affaires non résolues de disparitions forcées présumées, et à tenir les proches des victimes informés des résultats.

Droit de circuler librement

Le 1er août, de jeunes Turkmènes qui faisaient leurs études au Tadjikistan et qui étaient rentrés chez eux pour les vacances n’ont pas été autorisés à repartir pour reprendre leurs cours. Cette interdiction a été levée en octobre mais certains de ces étudiants n’ont quand même pas pu regagner leur université. Les autorités turkmènes n’ont donné aucune explication.

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