Namibie

Le procès pour trahison de Caprivi, ouvert depuis de longues années déjà, se poursuivait. La plupart des prévenus étaient privés de liberté depuis plus de 12 ans. Des membres du parti au pouvoir, l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO), continuaient de jouir de l’impunité pour les violations des droits humains commises à l’encontre de leurs opposants politiques. Les minorités ethniques étaient marginalisées et exclues des processus de prise de décision.

RÉPUBLIQUE DE NAMIBIE
Chef de l’État et du gouvernement : Hifikepunye Pohamba

Procès de Caprivi

Le dernier des 379 témoins du procès pour haute trahison de Caprivi a été appelé à la barre et le parquet a achevé ses réquisitions devant la Haute Cour le 7 février. Les 111 hommes qui restaient en instance de jugement devaient répondre de 278 accusations au total, dont celle de haute trahison, neuf accusations de meurtre et 240 de tentative de meurtre en lien avec un prétendu complot en faveur de la sécession de la région de Caprivi, entre janvier 1992 et décembre 2002. L’un des accusés, Rodwell Kasika Mukendwa, a été acquitté le 10 août 2012. Il avait été arrêté le 26 août 1999.

Pour Amnesty International, nombre des prévenus dans cette affaire étaient susceptibles d’être considérés comme des prisonniers d’opinion car ils avaient été arrêtés uniquement en raison de leurs opinions politiques, réelles ou supposées, de leurs origines ethniques ou de leur appartenance à certaines organisations. Le groupe était jugé sur la base d’une « intention délictueuse commune ». Cette doctrine consiste essentiellement à dispenser l’accusation d’avoir à prouver au-delà de tout doute raisonnable que chaque membre du groupe a commis une infraction et contribué, par un enchaînement de causes et d’effets, aux actes délictueux en question. Ce faisant, cette doctrine déplace la charge de la preuve de l’accusation aux accusés et porte atteinte à leur droit à la présomption d’innocence.

Liberté d’association et de réunion

La police namibienne et des membres de la SWAPO ont bafoué le droit à la liberté de réunion pacifique et d’association.
*En octobre, sept enseignants ont été arrêtés dans la ville d’Oshakati pour avoir protesté contre la médiocrité de leurs conditions de travail. Ils faisaient partie des quelque 300 professeurs qui s’étaient mis en grève pour demander des salaires plus justes et de meilleures conditions de travail, dans le cadre d’un mouvement d’action nationale du corps enseignant.

Conditions carcérales
La plupart des établissements pénitentiaires et des centres de détention restaient surpeuplés, et certains d’entre eux étaient utilisés à plus du double de leur capacité. La prison centrale de Windhoek, prévue pour 912 prisonniers, en comptait environ 2 000, condamnés ou en détention provisoire. Les prisons des villes d’Ondangwa, de Swakopmund, d’Oshakati et d’Otjiwarongo faisaient face à des situations similaires.

Violences faites aux femmes et aux filles

Les violences liées au genre demeuraient un grave motif de préoccupation. De nombreuses femmes ont été tuées par leur partenaire dans le cadre de disputes au foyer.
 Le 1er février, Fransina Ndinelago Amuteka est morte après avoir été poignardée et égorgée par son petit ami dans le village d’Ondukutu, près d’Ondangwa.
 Le 15 février, Melody Monde Mbololwa est morte après que son petit ami l’eut frappée de neuf coups de couteau à Mavuluma Extension Two, dans la ville de Katima Mulilo (région de Caprivi).
 Le 19 juillet, une lycéenne, Letitia Ndeshuulilwe Nghilongwa, a été abattue par son petit ami à Oshikuku (région d’Omusati).
 Le 20 septembre, Tangi Nanguka Martin, originaire du village d’Epuku, dans la région d’Ohangwena, a été tuée par son mari.

Discriminations

En septembre, le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des peuples autochtones s’est rendu en Namibie et a souligné la marginalisation que continuaient de subir les minorités ethniques du pays. De nombreux obstacles empêchaient notamment les enfants des peuples indigènes san et ovahimba d’être scolarisés. C’était le cas, en particulier, des enfants ovahimbas, contraints de se couper les cheveux et interdits de porter leurs vêtements traditionnels pour pouvoir fréquenter les écoles publiques à Opuwo.

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