Singapour

Singapour s’est engagé dans un processus visant à ce que la peine de mort ne soit plus obligatoirement appliquée pour certaines infractions. La presse restait étroitement contrôlée et les dissidents faisaient toujours l’objet de mesures de répression politique. Les lois autorisant la détention arbitraire et le châtiment de la bastonnade étaient toujours en vigueur.

RÉPUBLIQUE DE SINGAPOUR
Chef de l’État : Tony Tan Keng Yam
Chef du gouvernement : Lee Hsien Loong

Peine de mort

Le gouvernement a déclaré en juillet qu’il allait procéder à la révision des lois aux termes desquelles une personne reconnue coupable d’homicide volontaire ou de trafic de drogue était obligatoirement punie de la peine de mort. Il a proposé en octobre plusieurs modifications qui devaient autoriser les juges à faire un usage discrétionnaire de la peine de mort dans certaines affaires de trafic de drogue, notamment lorsque le prévenu n’a joué qu’un rôle de passeur ou qu’il a accepté de collaborer largement avec la Brigade des stupéfiants. La Cour d’appel serait également tenue d’examiner la légalité de chaque condamnation à mort avant toute exécution.
Le gouvernement a expliqué que les exécutions seraient suspendues pendant la durée de cette révision. Le pays comptait au moins 32 condamnés à mort à la fin de l’année.

Torture et autres mauvais traitements

La bastonnade (pratique assimilable à un acte de torture ou, plus généralement, à un mauvais traitement) continuait d’être appliquée pour punir toute une série d’infractions pénales.
Aux termes des modifications proposées à la Loi relative à l’usage illicite de stupéfiants, les trafiquants de drogue condamnés à l’emprisonnement à vie au lieu de la peine de mort pourraient également être soumis à la bastonnade.

Liberté d’expression et de réunion

Des militants d’opposition, parmi lesquels d’anciens prisonniers d’opinion, continuaient d’exprimer leur opinion en ligne, dans des livres ou lors de rassemblements publics, mais ils se heurtaient très souvent à la répression des autorités.
 En mai, Robert Amsterdam, un avocat canadien spécialisé dans la défense des droits humains qui représentait le Parti démocrate de Singapour (SDP) et son dirigeant, Chee Soon Juan, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire singapourien. Par cette mesure, le gouvernement portait atteinte au droit du dirigeant du SDP de s’entretenir avec son avocat.
 En juillet, le président du nouveau campus ouvert à Singapour par l’université américaine de Yale a indiqué au quotidien des États-Unis Wall Street Journal que les étudiants de cet établissement ne seraient pas autorisés à organiser des manifestations politiques. Au regard des Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme [ONU], cette politique a placé l’instance dirigeante de l’université, la Yale Corporation, en porte-à-faux, puisque celle-ci a l’obligation de veiller à ne pas limiter les droits humains, en l’occurrence le droit à la liberté d’expression et de réunion.
 En septembre, les anciens Premiers ministres Lee Kuan Yew et Goh Chok Tong ont accepté une conciliation avec Chee Soon Juan, le dirigeant du SDP, qui leur a versé la somme de 30 000 dollars des États-Unis. Ce dernier a ainsi évité la faillite et obtenu l’autorisation de se rendre à l’étranger et de se présenter aux prochaines élections. En août, pour la première fois depuis de nombreuses années, ses livres avaient été mis en vente dans des librairies du pays.

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