JAPON

Japon

Chef du gouvernement : Shinzo Abe

Le Japon a continué de s’écarter des normes internationales relatives aux droits humains. Le gouvernement n’a pas pris les mesures suffisantes pour résoudre le problème de la discrimination contre les étrangers et les enfants d’étrangers vivant au Japon, comme les personnes d’origine coréenne. Il n’a par ailleurs rien fait pour mettre un terme aux manœuvres visant à nier le système d’esclavage sexuel entretenu par l’armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, ou même pour s’en démarquer. Le nombre de réfugiés reconnus demeurait très bas. On craignait que la Loi sur la protection des secrets spécifiques, entrée en vigueur en décembre, n’ait des conséquences négatives sur la transparence.

DISCRIMINATION

Le gouvernement n’a pas dénoncé les discours discriminatoires ni pris de mesures pour mettre un terme aux injures racistes et aux actes de harcèlement visant les personnes d’origine coréenne et leurs descendants, communément désignés sous le nom de Zainichis (littéralement « résidant au Japon »). Des manifestations ont été organisées dans des villes comptant une forte proportion d’habitants d’origine coréenne. Dans une décision rendue en décembre, la Cour suprême a interdit à l’organisation bien connue Zaitokukai (Association des citoyens contre les privilèges spéciaux des Coréens du Japon) d’utiliser des propos discriminatoires et menaçants lorsqu’elle manifestait à proximité d’une école élémentaire de Kyoto qui accueille des enfants d’origine coréenne. Pour la première fois, la justice traitait une affaire de ce genre sous l’angle de la discrimination à caractère raciste, en se fondant sur la définition de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, et non comme une infraction pénale du type diffamation ou dégradation de biens. À la fin de l’année, toutefois, le gouvernement n’avait toujours pas adopté de loi interdisant les appels à la haine qui constituent une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence, conformément aux normes internationales.

JUSTICE

Le système des daiyo kangoku, qui permet à la police de garder des suspects en détention sans inculpation jusqu’à 23 jours d’affilée, continuait de faciliter le recours à la torture et à d’autres mauvais traitements pour extorquer des « aveux » pendant les interrogatoires.
Malgré les recommandations formulées en ce sens par plusieurs organes internationaux, aucune mesure n’a été prise pour abroger ce dispositif ou le modifier afin de le mettre en conformité avec les normes internationales.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES

Le gouvernement a cherché à prendre ses distances par rapport à la déclaration historique de Kono, par laquelle le Japon, il y a plus de 20 ans, avait reconnu sa responsabilité dans le système d’esclavage sexuel de l’armée et présenté ses excuses officielles aux victimes. En juin, les résultats du réexamen du processus ayant conduit à la déclaration de Kono, conduit par un groupe d’étude nommé par le gouvernement, ont été rendus publics. Les discussions et décisions antérieures n’ont pas été remises en cause, mais le réexamen lui-même a accru les tensions avec les pays voisins, comme la Corée du Sud, qui y ont vu une tentative de nier la responsabilité de l’État. Plusieurs personnalités publiques ont nié l’existence d’un tel système, ou ont avancé des arguments pour le justifier. Le gouvernement a continué de refuser de parler officiellement d’« esclavage sexuel » et d’accorder des réparations pleines et entières aux victimes.

PEINE DE MORT

Des exécutions ont encore eu lieu en 2014. En mars, un tribunal de district a ordonné la remise en liberté immédiate d’Iwao Hakamada, et la tenue d’un nouveau procès dans cette affaire. Iwao Hakamada avait été condamné à mort en 1968 à l’issue d’un procès inéquitable, sur la base d’« aveux » obtenus sous la contrainte. Il était le plus ancien condamné à mort au monde. Il souffre de troubles mentaux provoqués par une détention de plus de 40 ans, passée à l’isolement pour la plus grande partie du temps. Le ministère public a fait appel de la décision de rejuger l’affaire. L’appel était en cours d’examen devant la haute cour de Tokyo.

RÉFUGIÉS ET DEMANDEURS D’ASILE

Environ 500 demandes d’asile ont été déposées. Le nombre de personnes reconnues réfugiées au titre de la Convention relative au statut des réfugiés [ONU] demeurait très faible. On constate depuis 2006 une augmentation régulière du nombre de demandes, avec une baisse des ressortissants du Myanmar mais une hausse des Ghanéens et des Camerounais, notamment.

LIBERTÉ D’EXPRESSION

La Loi sur la protection des secrets spécifiques est entrée en vigueur en décembre 2014. Elle autorise le gouvernement à classer comme « secrets spécifiques » des informations relevant des domaines de la défense, de la diplomatie, des « activités dangereuses » ou du « terrorisme » lorsque leur « divulgation pourrait constituer une menace grave pour la sécurité nationale ». Elle risque de porter atteinte à la transparence en restreignant l’accès aux informations détenues par les autorités. La définition des « secrets spécifiques » est en effet vague et l’organe de suivi n’a pas de moyens contraignants à sa disposition.

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