MALDIVES

République des Maldives

Chef de l’État et du gouvernement : Abdulla Yameen Abdul Gayoom

Les préparatifs en vue d’une reprise des exécutions menaçaient la vie d’au moins 20 condamnés à mort. Des peines de flagellation continuaient d’être prononcées et appliquées, le plus souvent contre des femmes. Le gouvernement n’a pas traduit en justice des membres de milices qui ont eu recours à la violence contre des personnes promouvant la tolérance religieuse. L’impunité restait de mise pour des policiers et des militaires ayant fait un usage injustifié ou excessif de la force.

CONTEXTE

Des élections législatives se sont tenues en mars. Les partis alliés au président ont remporté la majorité des sièges. En avril, le Parlement a adopté un nouveau Code pénal, qui devrait entrer en vigueur en 2015.

PEINE DE MORT

Le pays se préparait à reprendre les exécutions, après une interruption de plus de 60 ans. En avril, le gouvernement a adopté des « règles de procédure relatives à l’instruction et à la sanction de l’infraction de meurtre » au titre de la Loi sur la police et de la Loi sur la grâce, ce qui préparait la voie à la mise en œuvre des exécutions. Ces règles contenaient également de nouvelles modalités concernant l’exécution de personnes qui avaient moins de 18 ans au moment de l’infraction, permettant de les exécuter à leur majorité. Deux personnes ont été condamnées à mort par le Tribunal des mineurs pour des infractions commises avant l’âge de 18 ans.

CHÂTIMENTS CRUELS, INHUMAINS OU DÉGRADANTS

Des personnes continuaient d’être condamnées à la flagellation pour avoir eu des rapports sexuels hors mariage. D’après les médias et les défenseurs des droits humains, dans la plupart des cas seules les femmes étaient reconnues coupables et flagellées. Le parquet a indiqué à Amnesty International que les condamnations se fondaient avant tout sur des « aveux ».
Lorsque la personne mise en cause niait les accusations, les poursuites pour « fornication » étaient abandonnées. Le parquet a précisé que les hommes rejetaient généralement les accusations et n’étaient pas inculpés. C’était également le cas de quelques femmes, sauf si elles étaient enceintes ou si leur entourage les poussait à reconnaître les accusations.
En 2013 Amnesty International a parlé à une femme reconnue coupable de « fornication ». Elle avait été condamnée à 20 coups de fouet et quatre mois d’emprisonnement en juin 2012, à l’âge de 17 ans. Selon ses dires, une personne l’ayant vue avoir des rapports sexuels avec son petit ami l’a dénoncée à la police, ce qui lui a valu d’être arrêtée et conduite au Tribunal des mineurs, où elle a « avoué ». La jeune femme a également déclaré que c’était la deuxième fois qu’elle était flagellée. La première fois, elle n’avait que 14 ans. Elle a précisé que la peine était toujours exécutée par un homme et a décrit son expérience : « J’ai eu très mal lorsqu’ils m’ont fouettée. J’ai conservé des lésions et des marques sur le corps pendant un certain temps. » Elle a été emprisonnée après la flagellation.

LIBERTÉ DE RELIGION ET LIBERTÉ D’EXPRESSION

Personne n’a été traduit en justice pour l’agression à l’arme blanche au cours de laquelle le défenseur des libertés religieuses Ismail « Hilath » Rasheed a été grièvement blessé, en 2012. Celui-ci avait déjà été victime d’une agression en 2011.
En juin, une milice islamiste a enlevé plusieurs hommes jeunes. Elle les a séquestrés pendant des heures, les a maltraités et les a enjoints de ne pas prôner l’« athéisme ». Aucun des responsables présumés n’a été traduit en justice.
En août, Ahmed Rilwan Abdulla, un journaliste connu travaillant pour Minivan News, a disparu. Il a pu être victime d’une disparition forcée. Il a été vu pour la dernière fois la nuit du 8 août sur le ferry reliant Malé à Hulhumalé. Des appels nationaux et internationaux ont été lancés aux autorités des Maldives afin qu’elles se mobilisent davantage pour découvrir ce qui lui était arrivé. Ahmed Rilwan Abdulla enquêtait notamment sur les activités de milices islamistes. Son éventuelle disparition forcée serait liée à son travail de journaliste.

RECOURS EXCESSIF À LA FORCE

Le gouvernment n’a pas confirmé si des enquêtes étaient menées sur des policiers ayant fait usage d’une force injustifiée contre des jeunes qui assistaient pacifiquement à un festival de musique privé en avril. Les policiers ont pillé leurs affaires, détenu et menotté 79 jeunes pendant toute une nuit et infligé des mauvais traitements à certains d’entre eux. Une participante a déclaré qu’un policier lui avait donné de violents coups de pied dans le dos. Une autre personne a été aspergée de gaz poivre, sans avoir provoqué les policiers.

IMPUNITÉ

Aucun policier ni militaire n’a été traduit en justice pour répondre des coups et blessures infligés à des dizaines de membres et de cadres du Parti démocratique maldivien lors des événements de février 2012.