Rapport annuel 2016

MALAWI

République du Malawi
Chef de l’État et du gouvernement : Arthur Peter Mutharika

Le nombre d’agressions visant des personnes atteintes d’albinisme a grimpé en flèche. La situation des droits humains dans le pays a été évaluée en mai dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) de l’ONU. Le gouvernement a adopté 154 des 199 recommandations formulées, rejetant principalement celles qui concernaient l’abolition de la peine de mort et l’abrogation des articles du Code pénal qui criminalisaient les relations sexuelles entre adultes consentants de même sexe.

DISCRIMINATION – LES PERSONNES ATTEINTES D’ALBINISME
Le nombre d’albinos attaqués par des individus ou des bandes cherchant à s’approprier des parties de leurs corps pour les vendre à des fins de sorcellerie a considérablement augmenté. Les albinos et leurs familles vivaient dans la crainte de telles attaques ; certains enfants albinos ont même été retirés de l’école. L’Association des personnes atteintes d’albinisme au Malawi a recensé au moins 19 cas d’homicide, de tentative d’enlèvement ou de disparition.

Quinze de ces affaires concernaient des enfants, parmi lesquels 10 filles.
Dans une déclaration publiée le 19 mars, le président de la République a condamné les agressions contre les albinos et a appelé les services de police à arrêter les auteurs présumés de ces violences et à protéger les personnes exposées. Le ministre des Affaires intérieures a indiqué que huit suspects avaient été interpellés dans le cadre de certaines de ces agressions.

En mai, la police a signalé avoir arrêté quatre hommes pour l’enlèvement et le meurtre de Symon Mukota, un albinos ; les faits remontaient à décembre 2014. Les suspects détenaient toujours des ossements du défunt car ils n’avaient pas trouvé d’acheteur.

En septembre un instituteur, Philip Ngulube, a plaidé coupable devant le premier magistrat de Mzuzu. Il avait tenté de vendre une albinos à un étranger, qui avait dénoncé les faits à la police. En décembre, quatre personnes ont comparu devant un tribunal après avoir été arrêtées dans le district de Mchinji à propos du meurtre présumé de Pepuzan Prescote, un albinos qui avait disparu en août. Les quatre personnes ont été placées en détention dans la prison de haute sécurité de Lilongwe.

DROITS DES LESBIENNES, DES GAYS ET DES PERSONNES BISEXUELLES, TRANSGENRES OU INTERSEXUÉES

Lors de l’EPU, le gouvernement a accepté une recommandation lui suggérant de prendre des mesures afin de protéger les personnes LGBTI contre les violences, et poursuivre les auteurs présumés de tels agissements. Il a aussi accepté de veiller à ce que les personnes LGBTI aient véritablement accès aux soins, notamment à des traitements contre le VIH/sida. En revanche, il a rejeté les recommandations qui appelaient à abroger les dispositions du Code pénal érigeant en infraction les relations sexuelles entre adultes consentants de même sexe.

DROITS DES RÉFUGIÉS ET DES MIGRANTS
Le maintien en détention de migrants non enregistrés au-delà de la peine de privation de liberté à laquelle ils avaient été condamnés, avec de faibles perspectives de libération ou d’expulsion, demeurait un motif de préoccupation. Au moins 500 personnes, originaires d’Éthiopie pour la plupart, étaient ainsi détenues dans des prisons surpeuplées après avoir été inculpées d’entrée illégale dans le pays et condamnées à une amende de 35 dollars des États-Unis ou à une peine de deux à neuf mois d’emprisonnement. En novembre, l’Organisation internationale pour les migrations a toutefois facilité le retour de 223 Éthiopiens, avec le concours du gouvernement éthiopien. Plus tôt dans l’année, au moins 164 personnes parmi les plus vulnérables, dont des enfants et des personnes âgées, ont également été renvoyées en Éthiopie. À la fin de l’année, 20 % de la population carcérale totale étaient en attente de jugement, et certaines de ces personnes avaient passé plusieurs années en détention provisoire sans être présentées devant un tribunal.

PEINE DE MORT

Après des années d’atermoiements, le processus visant à rejuger les condamnés à mort a débuté en février. En 2007, la Haute Cour avait en effet jugé inconstitutionnelle la condamnation obligatoire à la peine capitale. Quarante-six prisonniers ont été immédiatement libérés et cinq ont été condamnés à des peines d’emprisonnement

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