Rapport annuel 2016

NAMIBIE

République de Namibie
Chef de l’État et du gouvernement : Hage Gottfried Geingob


Le procès pour trahison de Caprivi, ouvert depuis de longues années, s’est achevé. Le droit à la liberté d’expression a de nouveau été bafoué. Plusieurs décès de femmes à la suite de violences conjugales ont été signalés. Une journaliste a été agressée et détenue pour une brève période par la police parce qu’elle avait photographié des policiers en train d’arrêter un suspect.

PROCÈS DE CAPRIVI
Le procès de Caprivi a pris fin le 7 septembre.
Le juge Elton Hoff a déclaré 30 des 65 accusés coupables de haute trahison, de neuf meurtres et de 90 tentatives de meurtre ; 32 personnes ont été acquittées et remises en liberté et trois ont été déclarées coupables d’autres infractions. Les détenus avaient été arrêtés et inculpés en 1999 pour une tentative présumée de sécession de l’ancienne région de Caprivi. Ils avaient passé plus de 14 ans en détention provisoire. La majorité d’entre eux ont souffert de problèmes de santé liés à leur âge et à cette détention prolongée, et nombre de leurs proches n’avaient aucun moyen de leur rendre visite. Plusieurs détenus étaient susceptibles d’être considérés comme des prisonniers d’opinion car ils avaient été arrêtés uniquement en raison de leurs opinions politiques, réelles ou supposées, de leurs origines ethniques ou de leur appartenance à certaines organisations. La durée de leur détention provisoire a bafoué les droits des accusés à un procès équitable. Dix accusés sont morts en garde à vue avant le début du procès devant la Haute Cour siégeant à Grootfontein, dans la région d’Otjozondjupa, en 2003, et 12 autres sont morts avant la fin du procès.
La plupart des détenus ont déclaré avoir été torturés ou autrement maltraités lors de leur arrestation.

Dans son verdict, le juge Elton Hoff a confirmé un arrêt de 2001 de la Cour suprême qui déclarait irrecevables les aveux obtenus sous la contrainte et a rejeté les témoignages obtenus par la torture ou par des conduites illégales de la part de la police.

LIBERTÉ D’EXPRESSION
Le droit à la liberté d’expression a encore été bafoué.
Le 5 décembre, une journaliste travaillant pour New Era, Nuusita Ashipala, a été agressée physiquement par un policier à Oshakati, dans la région d’Oshana, et enfermée dans un fourgon de police pendant une trentaine de minutes pour avoir photographié des policiers alors qu’ils arrêtaient un suspect au centre commercial Game. Elle a reçu l’ordre de supprimer ces photos de son appareil avant d’être remise en liberté, sans inculpation.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES
Les violences faites aux femmes étaient toujours un motif de préoccupation, notamment les prétendus meurtres passionnels.
Le 21 avril, la police a annoncé la mort d’une mère de deux enfants âgée de 26 ans qui vivait dans le quartier informel d’Oneshila, à Oshakati East. Elle avait été assassinée devant ses enfants par son compagnon.

Le 20 juin, Martha Iyambo est morte après avoir été poignardée par son ex-compagnon dans le village d’Oyovu, dans la circonscription d’Omuntele (région d’Oshikoto). Le même mois, Justine Shiweda, une institutrice de 50 ans travaillant à l’école primaire d’Onalulago, dans la circonscription d’Oniipa, a été tuée par balle par son époux. En 2014, ONUSIDA, le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida, et l’ONG namibienne Victims 2 Survivors avaient recommandé que les violences liées au genre soient qualifiées de catastrophe nationale.

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