Rapport Annuel 2016

Guyana

République du Guyana
Chef de l’État et du gouvernement : David Arthur Granger (a remplacé Donald Ramotar en mai)

L’utilisation excessive de la force par la police, les violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que la discrimination et les violences à l’égard des personnes LGBTI demeuraient des motifs de préoccupation

CONTEXTE

Les crimes violents restaient très répandus. Selon la police guyanienne, 133 personnes ont été assassinées entre janvier et novembre 2015, contre 130 durant la même période de l’année précédente.
Des élections générales ont eu lieu en mai et David Granger a été désigné président de la République. La coalition qu’il dirigeait l’a emporté face à un parti qui s’était maintenu au pouvoir pendant 23 ans.

Dans un contexte pré-électoral sensible, un militant politique a été tué, ce qui laissait craindre d’éventuelles restrictions de la liberté d’expression. En janvier, le bilan du Guyana en matière de droits humains a été étudié dans le cadre de l’Examen périodique universel (EPU) des Nations unies.

POLICE ET FORCES DE SÉCURITÉ

Les allégations faisant état d’une utilisation excessive de la force par la police guyanienne lors des arrestations et pendant la détention constituaient toujours un motif de préoccupation. Le Guyana a accepté les recommandations formulées à l’occasion de l’EPU, qui suggéraient de renforcer l’indépendance du Service des plaintes contre la police et d’accroître ses ressources et ses capacités.

DROITS DES ENFANTS

Les châtiments corporels étaient encore pratiqués dans les établissements scolaires, en violation de la Convention relative aux droits de l’enfant [ONU]. Bien que les pouvoirs publics aient organisé des consultations avec la société civile sur cette question, la loi n’a pas été modifiée

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES

De nombreux cas de violences physiques, notamment sexuelles, infligées à des femmes ou à des jeunes filles ont encore été signalés. Selon une enquête publiée en 2014 dans le cadre du Latin American Public Opinion Project, la violence familiale était largement acceptée au Guyana. En novembre 2015, la police guyanienne avait enregistré 300 cas de viol depuis le début de l’année, contre 238 pour la même période de 2014.
Le taux de condamnations demeurait extrêmement faible pour les infractions à caractère sexuel. Selon des organisations de défense des droits des femmes, la police continuait de ne pas prendre au sérieux les plaintes concernant les faits de ce type.
En juillet, l’ancien ministre de la Santé a été inculpé pour avoir tenu des propos insultants à l’égard d’une défenseure des droits des femmes qui avait tenté de l’obliger à s’expliquer sur des questions de santé maternelle. Il avait alors menacé de la « gifler » et de la forcer à « se déshabiller ».

DROITS DES LESBIENNES, DES GAYS ET DES PERSONNES BISEXUELLES, TRANSGENRES OU INTERSEXUÉES

Les violences et la discrimination contre les personnes LGBTI demeuraient un sujet de préoccupation grave. Il n’y avait toujours aucune protection de la loi contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité ou l’expression de genre, réelles ou supposées ; les relations sexuelles entre hommes restaient considérées comme des infractions pénales.
En juillet 2015, quelques jours après la tenue par des organisations de la société civile d’une veillée de commémoration de la mort de deux travailleurs du sexe transgenres, un travailleur du sexe transgenre appelé « Nephi » a été tué à Georgetown.
Selon les informations diffusées, une personne a été inculpée dans cette affaire en août. L’Association contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle (SASOD, une ONG locale), a recensé de nouveaux cas de discrimination au travail fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.
Selon la SASOD, des jeunes transgenres se retrouvaient encore sans abri en raison de la discrimination au sein de leur entourage, et les foyers pour mineurs ne disposaient pas de capacités suffisantes pour répondre à leurs besoins.
Pour donner suite aux recommandations formulées lors de l’EPU, le Guyana a accepté de « renforcer la protection » des personnes LGBTI et de « poursuivre les efforts engagés pour mettre fin à la discrimination » à leur égard, « en commençant par revoir les textes de loi applicables ». En revanche, il a rejeté 14 autres recommandations concernant la situation des personnes LGBTI, notamment la réforme de la Loi relative aux infractions pénales.

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