Rapport Annuel 2016

Fidji

République des Îles Fidji
Chef de l’État : Jioji Konousi Konrote (a remplacé Ratu Epeli Nailatikau en novembre)
Chef du gouvernement : Josaia Voreqe Bainimarama

Fidji est devenu le 100e pays à abolir la peine de mort pour tous les crimes. L’examen d’un décret qui restreignait les droits des travailleurs depuis 2011 a été annoncé mais, à la fin de l’année, cet examen n’avait toujours pas été mené à bien. Des poursuites ont été engagées contre les tortionnaires présumés du détenu Iowane Benedito, torturé en 2012. La liberté d’expression demeurait soumise à des restrictions en vertu de plusieurs textes.

DROITS DES TRAVAILLEURS

En mars, le gouvernement a annoncé un réexamen du Décret de 2011 relatif à l’emploi dans les principales industries nationales, qui restreignait considérablement les droits à la négociation collective, le droit de grève et le droit de constituer des syndicats dans certains secteurs et d’y adhérer. Comme recommandé dans le cadre de ce réexamen, la proposition d’amendement du décret devra satisfaire aux normes du travail internationales, y compris aux traités de l’Organisation internationale du travail (OIT), ratifiés par Fidji.
En dépit des protestations de syndicalistes, l’OIT a reporté la constitution d’une commission d’enquête à la suite de l’annonce de ce réexamen, au motif qu’un rapport conjoint de mise en œuvre serait remis par le gouvernement, la Fédération des employeurs et le Congrès des syndicats de Fidji à la session suivante de son Conseil d’administration. Le rapport conjoint de mise en œuvre n’a pas été accepté par toutes les parties, et en novembre l’OIT a décidé de mener une mission à Fidji afin d’identifier les obstacles à l’avancée du dossier. En juillet, le gouvernement a adopté la Loi (modifiée) sur les relations professionnelles malgré une forte opposition, les syndicats et les partis d’opposition affirmant que ce texte était contraire aux conventions fondamentales de l’OIT.

ARRESTATIONS ET DÉTENTIONS ARBITRAIRES

Entre juillet et décembre, 76 personnes ont été arrêtées et mises en accusation pour sédition et pour d’autres faits remontant à août 2014. Les avocats de la défense se sont dits préoccupés par la non-divulgation des informations ayant conduit aux arrestations, par la détention prolongée de leurs clients avant leur comparution devant un juge, par l’interdiction qui leur a été faite, ainsi qu’à la famille de leurs clients, de rendre visite aux détenus, et par la dureté des conditions carcérales.

TORTURE ET AUTRES MAUVAIS TRAITEMENTS

Du fait de l’étendue de l’immunité prévue par la Constitution, il était toujours presque impossible d’obliger les acteurs étatiques responsables d’atteintes graves aux droits humains, comme la torture et d’autres mauvais traitements, à rendre des comptes. Une procédure judiciaire a été engagée en octobre contre les policiers et les militaires accusés d’avoir torturé le prisonnier en cavale Iowane Benedito en 2012. Les autorités n’ont toutefois pas mené d’enquêtes sur de nombreux cas de torture et d’autres mauvais traitements infligés dans le passé. Fidji n’avait toujours pas ratifié la Convention contre la torture [ONU] à la fin de l’année 2015.

1.Fiji. Amnesty International welcomes the government’s efforts to recognize economic and social rights, but regrets the rejection of recommendations on freedom of expression, assembly and association (ASA 18/1257/2015)

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