Rapport annuel 2017

Zambie

République de Zambie
Chef de l’État et du gouvernement : Edgar Chagwa Lungu

L’élection présidentielle, dont les résultats ont été contestés, a été marquée par une intensification des violences politiques. La Loi relative à l’ordre public a été utilisée pour réprimer les droits à la liberté d’expression, de réunion et d’association, tandis que la police a fait usage d’une force excessive pour disperser des réunions de partis d’opposition. Les autorités ont pris des mesures de répression contre des médias indépendants et ont harcelé des journalistes. En avril, des étrangers ont été victimes d’une vague de violence xénophobe.

Contexte

Edgar Chagwa Lungu a été reconduit à la tête de l’État au terme de l’élection présidentielle du 11 août, qui a été marquée par une tension et une violence accrues, en particulier entre les membres du Front patriotique, au pouvoir, et ceux du Parti uni pour le développement national (UPND), qui appartient à l’opposition. L’élection s’est tenue selon les modalités prévues par la nouvelle Constitution, promulguée le 5 janvier à l’issue d’un processus controversé.

L’UPND, qui avait introduit un recours auprès de la Cour constitutionnelle, a remis en cause l’indépendance du pouvoir judiciaire après le rejet de sa requête par trois juges constitutionnels, qui ont pris cette décision sans faire intervenir deux autres juges de la Cour et sans entendre les arguments du parti.

Le référendum constitutionnel organisé le 11 août, en même temps que les élections générales, n’a pas recueilli suffisamment de suffrages pour permettre la modification de la charte des droits du pays.

En avril, à la suite d’allégations de sacrifices rituels, des étrangers ont été la cible d’une vague de violence xénophobe dans les quartiers de Zingalume et de George. Des boutiques appartenant à des Rwandais et à des Zimbabwéens ont été pillées. Deux Zambiens ont été brûlés vifs lors de ces attaques xénophobes. Les auteurs présumés de ces actes ont été arrêtés et déclarés coupables d’homicide.

Selon l’indice de la faim dans le monde 2016, la Zambie était à la troisième place des pays les plus touchés par la famine. Près de la moitié de sa population souffrait de malnutrition.

Liberté de réunion

Les autorités ont utilisé de manière sélective la Loi relative à l’ordre public, promulguée en 1955 ; elles ont arbitrairement restreint le droit à la liberté de réunion des partis politiques d’opposition. La police a employé une force excessive pour disperser des foules. Le 8 juillet, à Chawama – un township de Lusaka, la capitale –, des policiers ont tiré à balles réelles sur des manifestants pour les disperser, tuant une jeune sympathisante de l’UPND, Mapenzi Chibulo.

Hakainde Hichilema et Geoffrey Mwamba, dirigeants de l’UPND, ont été arrêtés le 5 octobre et inculpés de réunion illicite et de pratiques séditieuses après une brève réunion avec des sympathisants du parti dans un village du district de Mpongwe. Ils ont été libérés sous caution le même mois, dans l’attente de leur procès.

Liberté d’expression

Le 21 mars, Eric Chanda, dirigeant du parti politique Quatrième révolution, a été arrêté et inculpé de diffamation envers le président pour des faits datant de 2015.

Les presses du journal The Post ont été saisies le 20 juin par l’administration fiscale et ses activités ont été arrêtées. Quelques jours plus tard, le 27 juin, la police a roué de coups et arrêté le rédacteur en chef du journal, Fred M’membe, ainsi que sa femme Mutinta Mazoka-M’membe, et le directeur adjoint de la rédaction, Joseph Mwenda. Il leur était notamment reproché d’être entrés par effraction dans le bâtiment du Post.

Le 22 août, l’autorité nationale de régulation des médias a suspendu les licences de trois médias indépendants : Muvi TV, Komboni Radio et Radio Itezhi. Quatre employés de Muvi TV qui se sont présentés au travail – John Nyendwa, Mubanga Katyeka, Joe Musakanya et William Mwenge – ont été arrêtés et inculpés de violation de propriété. Les licences ont été rétablies par la suite.

Le 5 octobre, alors que Komboni Radio avait récupéré sa licence, la directrice de la station, Lesa Kasoma Nyirenda, a été rouée de coups par six policiers armés, qui l’ont empêchée d’accéder aux locaux. Elle a également été accusée d’avoir agressé un policier.

Droits des enfants

En mars, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a publié ses observations finales sur la Zambie. Le Comité s’est inquiété du fait que les enfants appartenant à certains groupes ne bénéficiaient pas des mêmes conditions d’accès que les autres enfants à différents services, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation. Les taux de mortalité infantile et des enfants de moins de cinq ans restaient élevés, tandis que les adolescents ne disposaient pas d’un accès suffisant à des services et à des informations adaptés en matière de santé reproductive. Le Comité a également attiré l’attention sur l’application de frais de scolarité dans l’enseignement primaire et sur le taux élevé d’abandon scolaire chez les filles en raison de comportements traditionnels discriminatoires et de l’exclusion des jeunes filles enceintes.

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