Rapport annuel 2017

Uruguay

République orientale de l’Uruguay
Chef de l’État et du gouvernement : Tabaré Vázquez

Malgré les efforts du groupe de travail Vérité et justice, les rares procédures judiciaires engagées pour des crimes de droit international et des violations des droits humains perpétrés sous le régime militaro-civil (1973-1985) n’ont guère avancé. La discrimination contre les personnes handicapées persistait et les inégalités entre les genres demeuraient préoccupantes. L’Uruguay a accueilli la Conférence internationale sur les droits humains des LGBTI. L’exercice de l’objection de conscience par des professionnels de santé continuait d’entraver fortement l’accès des femmes à un avortement sûr et légal.

Contexte

Le plan d’action 2016-2019 « pour une vie sans violence liée au genre », rédigé par le Conseil consultatif national contre la violence domestique, est entré en vigueur.

En juillet, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes [ONU] a exhorté l’Uruguay à intensifier son action de lutte contre la discrimination à l’égard des femmes d’ascendance africaine et à améliorer leur accès à l’éducation, à l’emploi et à la santé. Il a par ailleurs déploré, entre autres sujets de préoccupation, l’absence de mécanisme spécifique de réparation pour les femmes qui ont été victimes de violences sexuelles sous le régime militaro-civil.

En août, le Comité des droits des personnes handicapées [ONU] a demandé la création de mécanismes de consultation pour les personnes handicapées, afin de leur permettre de participer à l’adoption des politiques publiques et des mesures législatives, et de leur offrir des moyens accessibles de signaler les cas de discrimination liée au handicap.

Conditions de détention

En juin, le commissaire parlementaire aux affaires pénitentiaires a facilité, avec l’aide d’autres institutions nationales et du Haut-Commissariat aux droits de l’homme [ONU], l’organisation d’ateliers à destination des directeurs de prison sur le thème de l’éducation aux droits humains. L’objectif de ces ateliers était de faire en sorte que les fonctionnaires connaissent mieux les méthodes fondées sur les droits humains afin d’éviter les conflits internes et le recours excessif à la force.

Impunité

Le groupe de travail Vérité et justice, créé en mai 2015 pour enquêter sur les crimes contre l’humanité commis entre 1968 et 1985, a continué de recueillir des témoignages, de procéder à des exhumations et de localiser les restes des personnes disparues. Il a aussi obtenu l’accès à des documents importants, notamment aux archives du siège des fusiliers marins. Ses conclusions doivent être rendues publiques en 2017.

Droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexuées

L’Uruguay a accueilli en juillet la Conférence internationale sur les droits humains des personnes LGBTI. Le pays a présidé le groupe de discussion thématique demandant l’intégration des personnes LGBTI dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 [ONU].

L’Uruguay a pour la première fois effectué un recensement des personnes transgenres afin de mieux comprendre leur situation. Les personnes transgenres continuaient de faire l’objet de diverses formes de discrimination, malgré les mesures adoptées et les politiques mises en œuvre pour améliorer leur situation.

Des établissements de santé sans homophobie ont été créés avec succès. Toutefois, les personnes LGBTI n’avaient toujours pas accès à des soins de santé complets.

Droits sexuels et reproductifs

Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes [ONU] a salué la réduction drastique de la mortalité maternelle en Uruguay, et l’amélioration de l’accès des femmes aux services de santé sexuelle et reproductive. Il a toutefois déploré le fait que cet accès était toujours limité dans les zones rurales. Il s’est par ailleurs inquiété de l’usage généralisé de l’objection de conscience par les professionnels de santé, qui limitait l’accès des femmes aux services d’avortement sûr et légal. Le Comité a appelé le gouvernement à évaluer la disponibilité à l’échelle nationale des services de santé sexuelle et reproductive afin d’identifier les zones insuffisamment desservies et de prévoir un financement approprié. Il lui a aussi demandé de prendre des mesures pour garantir aux femmes un accès à l’avortement légal et aux services post-avortement, ainsi que d’imposer des conditions plus strictes pour contrer l’usage généralisé de l’objection de conscience à pratiquer un avortement.

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