Rapport annuel 2017

Papouasie-Nouvelle-Guinée

État indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée
Chef de l’État : Elizabeth II, représentée par Michael Ogio
Chef du gouvernement : Peter Charles Paire O’Neill

Les autorités n’ont pas fait le nécessaire pour empêcher les nombreuses violences contre les enfants, les femmes, les travailleurs et travailleuses du sexe, les demandeurs d’asile et les réfugiés. Les affaires de violence faisaient rarement l’objet d’enquêtes. Certaines pratiques culturelles, notamment la polygamie, continuaient de porter atteinte aux droits des femmes. La protection contre la torture et les autres formes de mauvais traitements était toujours insuffisante. La police a continué de faire usage d’une force excessive contre des manifestants. La pauvreté était toujours endémique, particulièrement dans les zones rurales, en dépit de la richesse économique générée par l’industrie minière. La peine de mort était maintenue. Aucune exécution n’avait eu lieu depuis 1954.

Liberté d’expression et de réunion pacifique

Les manifestations pacifiques menées pendant plusieurs semaines par des étudiants de l’Université de Papouasie-Nouvelle-Guinée contre la corruption présumée de membres du gouvernement ont pris fin dans la violence le 8 juin, lorsque la police a ouvert le feu sur des manifestants pacifiques et les a brutalisés. Trente-huit personnes ont été blessées et ont reçu des soins médicaux, dont deux qui avaient été touchées par des tirs. Des enquêtes ont été ouvertes par la police, le médiateur et une commission parlementaire, mais leurs résultats n’avaient pas été dévoilés à la fin de l’année.

Violences faites aux femmes et aux filles

Le gouvernement n’a rien fait pour apporter une réponse, en droit ou en pratique, au problème généralisé des violences sexuelles ou liées au genre. Certaines pratiques culturelles restaient permises, notamment la coutume selon laquelle les femmes mariées sont obligées de rembourser une « dot » à leur mari si elles souhaitent s’en séparer, ce qui met d’autant plus en danger les femmes prises au piège d’un mariage violent. Les femmes accusées de « sorcellerie » étaient victimes de violences collectives.

Les services de soutien psychosocial, les centres d’accueil pour les femmes et les autres services destinés à protéger les femmes des violences domestiques étaient en outre restreints.

Discrimination – travailleurs et travailleuses du sexe

Les travailleurs et travailleuses du sexe étaient souvent victimes de violences commises par des acteurs étatiques et non étatiques en raison de leur identité de genre, de leur orientation sexuelle ou de leur profession, et du fait de la législation érigeant en infraction le travail du sexe. Les inégalités et les discriminations liées au genre systémiques dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, ainsi qu’au sein de la population en général, forçaient de nombreuses femmes, notamment des femmes transgenres, et des hommes homosexuels à vendre des services sexuels pour survivre. Des travailleurs et travailleuses du sexe ont été victimes d’atteintes à leurs droits fondamentaux aux mains de policiers, notamment de viols, d’agressions physiques, d’arrestations et de détentions arbitraires et d’autres formes de mauvais traitements. Le fait que les relations sexuelles entre personnes de même sexe et le travail du sexe soient érigés en infraction a continué de motiver et d’aggraver les violences et la discrimination contre les personnes homosexuelles et transgenres. Cela a également entraîné des discriminations dans le domaine de l’accès à la santé et a entravé la prévention et le traitement du VIH.

Réfugiés et demandeurs d’asile

Au 30 novembre, environ 900 réfugiés et demandeurs d’asile, tous des hommes, étaient maintenus en détention dans deux centres de détention gérés par l’Australie sur l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée (voir Australie). En avril, la Cour suprême a statué que leur détention − qui durait depuis plus de trois ans − était illégale et anticonstitutionnelle. Elle a ordonné aux gouvernements d’Australie et de Papouasie-Nouvelle-Guinée de fermer immédiatement ces camps. À la fin de l’année, les deux camps étaient toujours ouverts.

Des réfugiés et des demandeurs d’asile ont intenté une action devant un tribunal civil pour demander la fermeture de ces camps, l’autorisation de retourner en Australie et une indemnisation pour leur détention illégale.

Un réfugié soudanais, Faysal Ishak Ahmed, est mort le 24 décembre après avoir été transporté par avion depuis l’un des centres de détention vers un hôpital australien à la suite d’une chute et de convulsions. Des réfugiés de ce centre ont déclaré que son état de santé s’était détérioré depuis plusieurs mois, mais qu’il n’avait pas reçu de soins médicaux appropriés.

Des informations faisaient toujours état de violences contre les réfugiés et les demandeurs d’asile pour lesquelles les responsables étaient rarement amenés à rendre des comptes. En avril, deux ressortissants de Papouasie-Nouvelle-Guinée employés dans l’un des centres de détention ont été déclarés coupables du meurtre en 2014 de Reza Berat, un demandeur d’asile. D’autres personnes qui auraient également été impliquées n’ont cependant pas été poursuivies.

En novembre, le gouvernement australien a annoncé que certains des réfugiés détenus à Nauru (voir Nauru) et sur l’île de Manus allaient être réinstallés aux États-Unis.

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