Rapport annuel 2017

Timor-Leste

République démocratique du Timor-Leste
Chef de l’État : Taur Matan Ruak
Chef du gouvernement : Rui Maria de Araújo

Des victimes de graves violations des droits humains commises durant l’occupation indonésienne (1975-1999) ont continué à demander que justice soit faite et que des réparations leur soient accordées. Les forces de sécurité ont été accusées de s’être livrées à des homicides illégaux, à des actes de torture et à d’autres mauvais traitements, ainsi que d’avoir procédé à des arrestations arbitraires et restreint arbitrairement les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

Contexte

En août, plusieurs centaines de militants de la société civile se sont réunis à Dili, la capitale du pays, lors d’une conférence organisée en marge d’un sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) pour évoquer les droits humains et d’autres thématiques régionales. En novembre, le bilan du pays en matière de droits humains a été examiné dans le cadre de l’Examen périodique universel des Nations unies.

Impunité

Un groupe de travail a été créé en mai par le Premier ministre. Investi d’une mission consultative auprès du gouvernement, il était chargé d’émettre des avis sur la mise en œuvre des recommandations formulées en 2005 par la Commission d’accueil, de recherche de la vérité et de réconciliation (CAVR). Beaucoup de celles sur l’impunité n’avaient pas été suivies à la fin de l’année. L’expulsion, en 2014, de juges étrangers continuait d’entraver le déroulement des procès de personnes accusées de crimes graves.

Police et forces de sécurité

Les informations faisant état d’un recours excessif ou injustifié à la force, d’actes de torture et d’autres mauvais traitements de la part des forces de sécurité, et l’impunité dont elles bénéficiaient pour ces actes, demeuraient des motifs de préoccupation. En août, un garde-frontière a abattu un homme souffrant de troubles mentaux à Suai. Toujours en août, un policier a frappé un journaliste à Dili. À la fin de l’année, personne n’avait eu à rendre de comptes pour les actes de torture et les autres mauvais traitements infligés à des dizaines de personnes arrêtées lors d’opérations de sécurité conjointes menées dans le district de Baucau en 2015. Ces opérations avaient été lancées à la suite des attaques dont la police avait été l’objet dans les sous-districts de Laga et Baguia et qui auraient été menées par Mauk Moruk (Paulino Gama) et son mouvement interdit, le Conseil révolutionnaire maubere.

Liberté d’expression

En janvier, les forces de sécurité ont sommé un militant de l’ONG Yayasan HAK d’ôter son tee-shirt, où était écrit « Libérez la Papouasie occidentale ». Elles ont également menacé d’autres militants des droits humains de les arrêter, parce qu’ils avaient participé à l’organisation d’un rassemblement pacifique en marge d’une visite du président indonésien et qu’ils avaient signé une déclaration conjointe dans laquelle ils réclamaient que les auteurs de crimes contre l’humanité commis sous l’occupation indonésienne aient à répondre de leurs actes.

Le 11 avril, deux journalistes ont été inculpés dans le cadre d’une procédure pour diffamation.

Violences faites aux femmes et aux filles

Les violences liées au genre demeuraient un problème grave. Une enquête a révélé que, parmi les femmes âgées de 15 à 49 ans qui avaient déjà entretenu une relation amoureuse, trois sur cinq avaient été victimes de sévices sexuels et d’autres violences physiques aux mains d’un époux ou d’un partenaire de sexe masculin. Le Timor-Leste est devenu en avril le troisième pays d’Asie du Sud-Est à adopter un Plan d’action national consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité pour la période 2016-2020.

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