Rapport annuel 2018

Nauru

République de Nauru
Chef de l’État et du gouvernement : Baron Waqa

Des réfugiés et des demandeurs d’asile demeuraient bloqués à Nauru. Ils y avaient été transférés contre leur gré par l’Australie, en dépit de très nombreuses informations faisant état de violences physiques, psychologiques et sexuelles. En septembre, 27 réfugiés ont été envoyés aux États-Unis. Ils étaient encore plus de 1 000 à vivre sur l’île à la fin de l’année.

PERSONNES RÉFUGIÉES OU DEMANDEUSES D’ASILE

Dans un rapport sur les réfugiés et les demandeurs d’asile à Nauru et en Papouasie-Nouvelle-Guinée rendu public en avril, une commission sénatoriale australienne a présenté de nombreuses allégations de sévices physiques et sexuels, d’automutilation et de négligence. Au nombre des facteurs à l’origine de cette situation, elle a cité un cadre de vie préjudiciable, un avenir incertain, un cadre réglementaire insuffisant (notamment en matière de politiques de protection de l’enfance), un manque de transparence dans les opérations touchant les réfugiés et l’impunité dont bénéficiaient les autorités pour les violations commises. À la fin de l’année, rien n’avait été fait par les pouvoirs publics australiens ni nauruans pour remédier à cette situation.
Durant l’année, des informations ont fait état de la complicité de la multinationale espagnole Ferrovial et de sa filiale australienne Broadspectrum dans les violences dont étaient victimes les réfugiés à Nauru, ainsi que des vastes profits qu’elles tiraient des politiques de l’Australie en matière de réfugiés. Le groupe Ferrovial a déclaré qu’il ne renouvellerait pas son contrat arrivant à échéance en octobre [1].
En août, un professionnel de la santé a indiqué que quatre réfugiées n’avaient pas été autorisées à se rendre en Australie pour y subir une interruption de grossesse, cette intervention médicale étant illégale à Nauru.
En novembre, un réfugié a trouvé la mort dans un accident de moto ; une enquête de police était en cours. Plus tard dans le mois, un autre réfugié a été blessé à la tête, également dans un accident de moto.

LIBERTÉ D’EXPRESSION ET DE RÉUNION

En mai, trois députés suspendus du Parlement, qui avaient été inculpés et déclarés coupables en 2015 à la suite de manifestations pacifiques, ont vu leurs peines d’emprisonnement considérablement alourdies en appel : 22 mois pour deux d’entre eux et 14 mois pour le troisième, contre trois mois en première instance. L’avocat des trois hommes a fait part de leur intention de former un recours contre leur déclaration de culpabilité et leurs peines devant la Haute Cour australienne, juridiction de dernier recours dans le système judiciaire de Nauru.
Les journalistes souhaitant se rendre à Nauru devaient toujours s’acquitter de droits de visa non remboursables s’élevant à 6 089 dollars des États-Unis. Cette obligation restreignait fortement la liberté des médias et entravait tout examen indépendant des politiques et pratiques de Nauru.

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