Fidji - Rapport annuel 2020

carte Fidji rapport annuel amnesty

République des Fidji
Chef de l’État : Jioji Konrote
Chef du gouvernement : Josaia Voreqe « Franck » Bainimarama

Les autorités ont continué de museler les voix critiques et de restreindre le droit à la liberté d’expression. De nouveaux cas de torture et d’autres mauvais traitements imputables aux forces de sécurité ont été signalés tout au long de l’année. Certains des agents impliqués ont été sanctionnés par des mesures disciplinaires ou ont été inculpés. Le taux des violences liées au genre commises contre des femmes et des filles demeurait élevé. La réaction des autorités face à la pandémie de COVID-19 n’a pas permis de fournir de protection ni de soutien financier ciblé aux femmes et aux personnes travaillant dans les secteurs informels, ce qui a accru les risques de pauvreté et de difficultés financières pour des personnes déjà marginalisées.

Contexte de la situation des droits humains au Fidji

L’adoption des conclusions de l’EPU des Fidji en mars a révélé des lacunes en termes de protection des droits humains, notamment en ce qui concerne la législation contre les discriminations, la protection du droit à la liberté d’expression et les mesures de lutte contre l’inégalité entre les genres1. Les Fidji demeuraient particulièrement vulnérables aux effets négatifs du changement climatique, notamment la hausse du niveau des mers.

Liberté d’expression et de réunion pacifique

Les autorités ont signalé les premiers cas de COVID-19 dans le pays à la fin du mois de mars et ont contenu la propagation du virus en restreignant la liberté de circulation et les rassemblements publics. Les personnes qui ne respectaient pas ces mesures risquaient d’être arrêtées ou de recevoir de lourdes amendes2.

Les autorités ont menacé de poursuivre des personnes qui avaient manifesté à l’Université du Pacifique Sud après que le vice-chancelier eut été suspendu pour avoir dénoncé des faits de corruption et des détournements de fonds3. Celui-ci a par la suite été réintégré par le comité exécutif de l’université régionale.

En juin, Felix Anthony, responsable syndical, a été inculpé et a comparu devant la justice au titre de la Loi relative à l’ordre public pour des déclarations qu’il avait faites en faveur des droits des travailleurs et des travailleuses.

Torture et autres mauvais traitements

En janvier, les autorités fidjiennes ont informé l’ONU de leur décision de retirer la réserve qu’elles avaient émise lors de la ratification de la Convention contre la torture concernant la définition de la torture. Les réserves à l’égard de la reconnaissance du droit à indemnisation et de la compétence du Comité contre la torture à recevoir des plaintes ont été maintenues. Des immunités continuaient d’être accordées en quantité au titre de lois nationales.

En juin, quatre policiers ont été inculpés de coups et blessures graves pour avoir semble-t-il jeté un homme d’un pont dans la province de Tailevu en avril. Une cinquième policière a été inculpée quant à elle de subornation de témoins.

Quatre anciens agents pénitentiaires ont affirmé en mai que le directeur de l’administration pénitentiaire avait supervisé ou ordonné des actes de torture et d’autres mauvais traitements sur des personnes détenues, notamment sous forme de passages à tabac, de privation de sommeil et de maintien à l’isolement. Aucune enquête n’avait été ouverte sur ces allégations à la fin de l’année.

Violences faites aux femmes et aux filles

Les chiffres relatifs aux violences liées au genre commises contre les femmes et les filles demeuraient élevés. Les autorités n’ont pas pris ces infractions au sérieux.

Un ancien joueur de rugby de l’équipe nationale reconnu coupable de viol et condamné à huit ans d’emprisonnement en octobre 2019 a été autorisé à participer à un entraînement de rugby en juillet alors qu’il purgeait sa peine. Plusieurs organisations de défense des droits des femmes ont condamné le manque d’obligation de rendre des comptes et de transparence dans cette affaire et ont demandé l’ouverture d’une enquête indépendante.

1Fiji : Address gaps in human rights protection before next review (ASA 18/1993/2020)
2Pacific countries must not use COVID-19 to regress on human rights (ASA 05/2144/2020)
3Fiji : Stop harassing peaceful protesters at the University of the South Pacific (ASA 18/2551/2020)

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