Estonie - Rapport annuel 2020

carte Estonie rapport annuel amnesty

République d’Estonie
Cheffe de l’État : Kersti Kaljulaid
Chef du gouvernement : Jüri Ratas

Le pays comptait toujours un nombre important d’apatrides et les minorités ethniques continuaient de se heurter à des discriminations. Un ralentissement a été constaté dans les initiatives législatives destinées à mieux faire respecter les droits des personnes LGBTI. Un membre du gouvernement a essayé de limiter les financements octroyés à des ONG militant dans les domaines de l’égalité et du genre.

Contexte de la situation des droits humains en Estonie

En mars, le gouvernement a invoqué l’article 15 de la Convention européenne des droits de l’homme pour justifier les restrictions apportées à certains droits, notamment au droit à la liberté de réunion, pendant les deux mois d’état d’urgence décrétés au nom de la lutte contre la pandémie de COVID-19.

Des modifications apportées en mai à la Loi relative aux étrangers autorisaient les policiers et les garde-frontières à annuler le visa ou à mettre fin au séjour régulier de toute personne n’ayant pas la nationalité estonienne et ayant perdu son emploi, y compris lorsque cette perte d’emploi résultait de la crise du COVID-19.

Cinq des 15 portefeuilles ministériels du gouvernement étaient toujours détenus par des membres du Parti populaire conservateur d’Estonie (EKRE), opposé à l’immigration et aux droits des personnes LGBTI.

Discrimination

En janvier, le Parlement a modifié la Loi relative à la citoyenneté, facilitant la naturalisation des enfants lorsqu’au moins un des deux parents était apatride de fait et l’autre de nationalité étrangère. Quelque 1 500 mineur·e·s ont ainsi pu acquérir la citoyenneté estonienne. Environ 71 000 personnes, soit à peu près 5,3 % de la population, restaient cependant apatrides. La Commission européenne a estimé que la politique de l’Estonie en matière de citoyenneté « demeurait conservatrice ».

Bien qu’elles jouissent d’un statut de résident, les personnes appartenant à des minorités ne parlant pas estonien continuaient de se heurter à des discriminations dans toute une série de secteurs, allant de l’emploi aux soins de santé, en passant par le logement et l’enseignement. Plusieurs études ont montré qu’elles avaient rencontré davantage de difficultés financières pendant le confinement dû au COVID-19 que les personnes de langue estonienne, majoritaires dans le pays.

Défenseures et défenseurs des droits humains

En juillet, le ministre du Travail, membre de l’EKRE, a tenté de couper les subventions accordées à trois organisations de défense des droits humains militant sur des questions d’égalité et de genre (la Table ronde des associations de femmes estoniennes, le Centre estonien d’études et de ressources sur les femmes et le Centre des droits humains d’Estonie).

Droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes
Le Parlement n’a pas adopté les textes d’application de la Loi de 2016 relative au partenariat d’union civile. Une disposition visant à légaliser la reconnaissance du genre des personnes transgenres a été supprimée du projet de loi sur la santé publique. Les organisations LGBTI faisaient toujours l’objet de menaces explicites de la part de groupes d’extrême-droite.

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