Namibie - Rapport annuel 2021

République de Namibie
Chef de l’État et du gouvernement : Hage Geingob

La police a fait un usage excessif de la force à plusieurs reprises. Le recours à la détention provisoire pour des durées prolongées et indéterminées a été exacerbé par les restrictions liées à la pandémie de COVID-19. Les violences liées au genre demeuraient monnaie courante et les personnes LGBTI étaient en butte à la discrimination. Le pays a connu une pénurie de vaccins anti-COVID-19. La prospection pétrolière et gazière mettait en péril l’environnement et les moyens de subsistance des populations autochtones. Une commission a recommandé au gouvernement de promulguer une loi visant à protéger les droits fonciers ancestraux. Le président a été impliqué dans des allégations de corruption.

Recours excessif à la force

En avril, à Khorixas, des policiers ont agressé un homme en situation de handicap et l’ont arrêté, ainsi que sa belle-sœur, pour avoir enfreint le couvre-feu lié à la pandémie de COVID-19. Au mois de juin, un policier a blessé par balle trois hommes en détention provisoire au poste de police de Rundu. En août, à Lüderitz, un policier a abattu deux personnes, dont un autre policier.

Droits des personnes détenues

Le recours à la détention provisoire pour des durées prolongées et indéterminées a été exacerbé par les restrictions liées à la pandémie de COVID-19. Plusieurs personnes détenues ont vu leur audience ajournée, car les autorités correctionnelles ont imposé des mesures de confinement dans les prisons. Les conditions dans les centres de détention et les cellules des postes de police demeuraient mauvaises.

Discrimination

Droits des femmes et des filles

`Le confinement au domicile imposé face à la pandémie de COVID-19 a rendu particulièrement difficile la vie des femmes et des filles obligées de s’isoler avec leur agresseur. En février, le président de la Cour suprême a annoncé que le nombre de procédures judiciaires concernant des violences domestiques avait fortement augmenté en 2020. Les mariages d’enfants étaient toujours d’actualité. En janvier, il a été signalé que les parents d’une enfant de quatre ans l’avaient mariée deux ans plus tôt à un homme de 25 ans.

Droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes

Les personnes LGBTI étaient toujours en butte à une discrimination généralisée. En avril, une femme transgenre a été accusée par la police d’avoir falsifié son identité pour éviter des poursuites, et a fait l’objet d’un harcèlement transphobe pendant sa garde à vue.

Droits économiques, sociaux et culturels

Droit à la santé

En juillet, la Namibie a connu une troisième vague de COVID-19, accentuée par le manque de vaccins et la lenteur de la campagne de vaccination. L’accès aux services de santé sexuelle et reproductive a été encore plus perturbé pendant la pandémie.

Droit aux terres ancestrales

En janvier, la Commission d’enquête sur la revendication et la restitution des droits fonciers ancestraux a publié un rapport recommandant que les terres ancestrales soient restituées aux populations concernées. Elle a conclu que les demandes de restitution de droits fonciers déposées par certains groupes et certaines personnes entraient dans le champ des réparations prévues par le droit international et le droit relatif aux droits humains. Elle a donc recommandé au Parlement d’adopter sous deux ans une loi sur la revendication et la restitution des droits fonciers ancestraux, dont l’élaboration et l’aboutissement devaient être conformes au droit constitutionnel, au droit international et au droit relatif aux droits humains.

Dégradations de l’environnement

En août, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO s’est déclaré préoccupé par les permis de prospection pétrolière accordés à l’entreprise canadienne ReconAfrica dans des zones écologiquement sensibles du bassin de l’Okavango, dans le nord-est de la Namibie. Il a réagi après l’annonce par le gouvernement que les opérations de forage du puits 6-1 avaient été achevées avec succès. Des militant·e·s écologistes et des habitant·e·s de la région ont fait circuler des pétitions et organisé des manifestations contre les forages au cours de l’année, mais ceux-ci se sont poursuivis. Ces opérations menaçaient un environnement fragile et les moyens de subsistance des populations autochtones de la région.

Impunité

En avril, le président a été impliqué dans des allégations de corruption concernant le lucratif secteur de la pêche. Des fonctionnaires ont été accusés de s’être livrés à la corruption en toute impunité.

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