Namibie - Rapport annuel 2022

République de Namibie
Chef de l’État et du gouvernement : Hage Geingob

La police a continué de faire usage d’une force excessive contre des manifestant·e·s. Un projet de loi contre la cybercriminalité a menacé de restreindre les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion, ainsi que le droit au respect de la vie privée. Cette année encore, des mariages précoces ont été conclus. Un sondage a révélé qu’une grande partie de la population namibienne pensait que la violence fondée sur le genre était courante dans son voisinage. Des pétitions pour la dépénalisation de l’avortement ont conduit le Parlement à organiser des consultations publiques. Les droits des personnes LGBTI ont été entravés. Les activités des entreprises minières risquaient de dégrader l’environnement et de porter atteinte aux droits des populations autochtones.

Liberté d’expression

  • Recours excessif à la force

Le 13 mai, la police namibienne a fait usage d’une force excessive contre des manifestant·e·s pacifiques à Windhoek, la capitale. Des commerçant·e·s locaux étaient descendus dans la rue pour dénoncer la destruction par les autorités de biens de contrefaçons qu’elles leur avaient confisqués. La police a blessé des manifestant·e·s en tirant du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc sur la foule. L’une de ces balles a blessé à la jambe un journaliste d’un média namibien.

  • Loi contre la cybercriminalité

En février, l’Institut de recherche sur les politiques publiques a exprimé ses préoccupations concernant le projet de loi sur les transactions électroniques et la cybercriminalité, qui venait d’être soumis au Parlement. S’il était adopté, ce texte risquait de restreindre les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion, ainsi que le droit au respect de la vie privée. Les inquiétudes soulevées portaient notamment sur des dispositions qui autoriseraient l’émission de mandats de perquisition secrets et arbitraires et qui accorderaient des pouvoirs excessifs au ministre de l’Information et des Technologies de communication.

Droits des enfants

En mars, l’UNICEF a indiqué qu’en Namibie 64 200 fillettes et jeunes femmes étaient mariées avant l’âge de 18 ans, dont 15 500 avant 15 ans. Dans un sondage mené par l’organisation, 38 % des jeunes femmes et des fillettes mariées précocement ont signalé avoir subi des violences liées au genre, notamment sexuelles, au sein de leur couple.

Violences fondées sur le genre

En mars, le réseau de recherche AfroBaromètre a dévoilé les résultats d’une enquête révélant que 57 % des Namibiennes et des Namibiens pensaient que la violence liée au genre était courante dans leur voisinage. En décembre, une femme de 32 ans a été tuée par son partenaire intime à coups de hache.

Droits sexuels et reproductifs

En juin, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a recommandé aux autorités de modifier la Loi no 2 de 1975 sur l’avortement et la stérilisation, qui datait d’avant l’indépendance du pays, de manière à dépénaliser l’interruption volontaire de grossesse en toutes circonstances. Le Comité a invité l’État à « reconnaître » que l’incrimination de l’avortement était « une forme de violence liée au genre perpétrée contre des femmes ». En octobre, à la suite de pétitions lancées par des organisations de défense des droits des femmes pour demander la dépénalisation ou la légalisation de l’avortement, le Comité parlementaire permanent sur l’égalité des genres, le développement social et les affaires familiales a proposé des consultations publiques en vue d’une modification du texte de loi.

Droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes
En janvier, la Haute Cour namibienne a rejeté des demandes de personnes qui cherchaient à régulariser leur statut migratoire en invoquant leur mariage conclu à l’étranger avec une Namibienne ou un Namibien de même sexe. Selon l’arrêt de la Cour, ces mariages n’étaient pas reconnus par le droit namibien. Tout en exprimant sa compassion pour la situation de ces couples, la Haute Cour a expliqué être contrainte par la jurisprudence de la Cour suprême.

Dégradations de l’environnement

En juillet, la Haute Cour a rejeté une requête urgente présentée par plusieurs organisations, par laquelle elles lui demandaient d’empêcher une entreprise minière canadienne, Reconnaissance Energy Namibia, de poursuivre ses activités de prospection dans les régions de Kavango-Ouest et Kavango-Est. Des militant·e·s et des organisations de défense de l’environnement s’opposaient aux forages pétroliers de cette entreprise depuis 2020. Des populations autochtones et locales ont continué d’exprimer leurs préoccupations concernant le risque que ces activités entraînent une baisse du niveau des nappes phréatiques et une perte des produits tirés de la faune et de la flore sauvages.

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