Brésil - Rapport annuel 2026

Brésil

République fédérative du Brésil

Le taux de pauvreté a considérablement diminué, principalement en raison des politiques de transfert de revenus, mais les inégalités structurelles persistaient et l’exercice de certains droits était entravé. Les populations vulnérables, en particulier les personnes noires et à faibles revenus, ont été touchées de façon disproportionnée par des phénomènes climatiques extrêmes. L’adoption d’une nouvelle loi relative à l’environnement et d’autres textes législatifs a aggravé la dégradation des politiques environnementales et des droits territoriaux des peuples autochtones et des communautés traditionnelles.

Les violences commises contre les défenseur·e·s des droits humains se sont intensifiées, en particulier celles visant les militant·e·s des droits environnementaux et des droits des personnes autochtones et des Quilombolas (descendant·e·s d’esclaves organisés en communautés). Cette année encore, des violences policières ont été commises, touchant de façon disproportionnée la population noire. Les violences commises contre des personnes LGBTI ou fondées sur le genre, notamment les féminicides de femmes noires, demeuraient un grave motif de préoccupation. Les difficultés d’accès à la justice, en particulier dans les affaires de violences policières, continuaient de compromettre l’obligation incombant à l’État de rendre des comptes.

Contexte

L’ancien président, Jair Bolsonaro, a été condamné à 27 ans et trois mois d’emprisonnement pour tentative de coup d’État, et des campagnes coordonnées sur les réseaux sociaux témoignaient d’un soutien accru à l’autoritarisme. Le Tribunal suprême fédéral ayant jugé que sa condamnation était définitive, Jair Bolsonaro a commencé à exécuter sa peine de prison en novembre, d’abord en régime fermé au siège de la police fédérale, dans la capitale, Brasilia.

Dans ce contexte, des tensions ont éclaté au Congrès, où des agents de la police législative ont expulsé des journalistes et agressé des parlementaires pendant les débats du 9 décembre. Des initiatives législatives visant à réduire la peine de l’ancien président et à réexaminer sa responsabilité dans les événements en question ont gagné du terrain, malgré une forte mobilisation sociale en faveur de sa condamnation.

Des femmes, des personnes autochtones et des personnes transgenres qui siégeaient au Congrès y ont été la cible d’attaques misogynes, racistes et transphobes révélant la fragilité des mécanismes institutionnels en place face à la violence politique fondée sur le genre, la race ou l’orientation sexuelle.

La 30e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui s’est tenue à Belém, a mis la ville au centre de l’actualité climatique mondiale, braquant les projecteurs sur les actions sociales menées en faveur de la justice climatique, d’une transition énergétique juste et de l’octroi de réparations dans les affaires de racisme environnemental.

En dépit de ces exigences fortes, les négociations officielles n’ont débouché que sur de maigres avancées vers une transition juste. Malgré la reconnaissance, pour la première fois, de la contribution des populations d’ascendance africaine à l’action climatique et aux solutions pour une transition juste, les fonds destinés à compenser les pertes et préjudices n’ont pas été suffisamment augmentés lors de la Conférence, et aucun engagement clair n’a été pris pour mettre fin à l’utilisation des combustibles fossiles.

Droits économiques et sociaux

La pauvreté et les inégalités au Brésil ont atteint leur niveau le plus bas depuis 30 ans grâce à la consolidation des politiques distributives et des programmes de transfert de revenus. Cependant, ces politiques et les ministères responsables des affaires sociales ont été touchés par d’importantes restrictions budgétaires, au détriment notamment des habitant·e·s des quartiers marginalisés et des populations des zones périurbaines.

De profondes inégalités persistaient en matière d’accès à l’éducation, de maintien dans le système scolaire et de qualité de l’enseignement. Selon les données issues de l’enquête nationale continue par sondage auprès des ménages qui ont été publiées en septembre, en 2024, seuls 50 % des adultes d’ascendance africaine avaient terminé l’enseignement élémentaire obligatoire, contre 63,4 % des adultes blancs. Une analyse de l’UNICEF publiée en janvier a révélé qu’au moins 1,17 million d’enfants brésiliens avaient vu leur scolarité perturbée par des phénomènes climatiques extrêmes cette même année. En outre, le Forum brésilien de la sécurité publique a indiqué que les perturbations du calendrier scolaire dues à la violence extrême (fusillades, menaces d’attaques et opérations policières) avaient augmenté d’environ 245 % entre 2021 et 2023.

L’accès à l’eau potable restait un problème de taille dans plusieurs régions du pays. D’après un rapport de l’Instituto Trata Brasil portant sur l’accès à l’eau traitée et aux services d’assainissement, les besoins les plus importants étaient concentrés dans les régions du nord et du nord-est du pays, où la couverture des services liés à l’eau était bien moindre que dans les régions du sud et du sud-est.

Droit à un environnement sain

Dans le cadre des actions menées par l’État pour lutter contre la crise climatique, des mécanismes de suivi environnemental et des politiques de conservation ont été mis en place dans certaines régions. L’une des principales mesures a été l’adoption du Plan national de protection et de défense civile, pour lutter contre les phénomènes météorologiques extrêmes.

Selon l’Institut national de recherches spatiales (INPE), les taux de déforestation en Amazonie ont encore baissé en 2025, atteignant des niveaux figurant parmi les plus bas depuis que les données ont commencé à être enregistrées. Dans le Cerrado, ces taux ont aussi diminué pour la deuxième année consécutive. Néanmoins, la déforestation restait importante dans ces deux biomes.

D’autres écosystèmes, comme la Caatinga et ses zones de transition, continuaient de subir une forte pression. De graves atteintes à l’environnement et des incendies dévastateurs ont été constatés, reflétant un modèle d’occupation des sols qui restait fondé sur l’expansion des terres agricoles et la dégradation du milieu naturel. Selon l’INPE et d’autres organisations spécialisées, les taux de déforestation et le nombre élevé de feux de forêt ont continué de menacer des écosystèmes essentiels pour la régulation du climat mondial.

Les catastrophes liées au changement climatique ont eu des effets disproportionnés sur les populations vulnérables de par leur situation et vivant dans des zones périphériques, dans toutes les régions du pays. Elles ont aggravé les inégalités sociales préexistantes et accentué des formes récurrentes de racisme environnemental, en particulier contre les personnes noires, autochtones et à faibles revenus.

Des pénuries d’eau, des déficits pluviométriques, des glissements de terrain, des tempêtes, des inondations, des vagues de chaleur et des sécheresses ont été enregistrés. Les analyses du Centre national de surveillance des catastrophes naturelles et d’alerte (CEMADEN) publiées au cours de l’année indiquaient une augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes extrêmes liés aux fortes pluies et aux sécheresses prolongées, avec 3 620 alertes de catastrophes et environ 1 690 phénomènes relevés en 2024.

L’Organisation météorologique mondiale a averti que le réchauffement climatique intensifiait les phénomènes extrêmes à l’échelle mondiale et, selon le CEMADEN, le Brésil était déjà entré dans « l’ère des extrêmes », qui se traduisait par un risque croissant de pertes humaines, économiques et sociales concentrées dans des territoires historiquement marginalisés.

Un an après les inondations survenues dans l’État du Rio Grande do Sul, qui ont représenté la plus grande catastrophe hydrologique jamais enregistrée dans cet État, moins de 25 % des mesures prévues dans le Plan Rio Grande, le programme étatique de reconstruction, d’adaptation et de résilience climatique créé en 2024, avaient été mises en œuvre. Les politiques publiques donnaient la priorité à la reconstruction des infrastructures, alors que les populations restaient exposées à de nouveaux phénomènes météorologiques extrêmes.

L’adoption de la Loi générale sur les licences environnementales (Loi no 15.190/2025) a aggravé les menaces pesant sur les droits humains, en particulier le droit à un environnement sain, en assouplissant l’octroi des licences, en exemptant de licence ou en soumettant à une procédure simplifiée des projets potentiellement polluants, et en réduisant les garanties pour les populations autochtones et traditionnelles. En rejetant 52 des 63 vetos présidentiels à la loi, le Congrès a élargi les motifs d’exemption de licence, raccourci les délais d’évaluation des projets et limité la participation sociale et les possibilités d’intervention des agences locales de protection de l’environnement.

Le président, Luiz Inácio Lula da Silva, a ordonné en décembre l’élaboration d’une feuille de route nationale pour l’abandon progressif des combustibles fossiles, mais le gouvernement a continué d’autoriser de nouveaux projets dans des écosystèmes d’une importance cruciale.

En parallèle, des projets facilitant l’exploitation minière sur des terres autochtones ont continué d’être examinés, et le forage d’un puits d’exploration pétrolière a été autorisé dans le bassin de Foz do Amazonas situé dans la région appelée la Marge équatoriale. L’autorisation de forer au niveau de l’embouchure du fleuve, alors même que l’exploitation pétrolière causait depuis longtemps des dommages sociaux et environnementaux dans la baie de Guanabara (État de Rio de Janeiro), a renforcé la persistance d’un modèle extractif fondé sur l’utilisation des combustibles fossiles. Cette décision allait à l’encontre d’une transition énergétique juste et axée sur les droits humains, et contribuait à la création de « zones sacrifiées » dans les territoires exploités.

Droits des peuples autochtones

Au cours de la COP30, le gouvernement fédéral a achevé la dernière étape du processus de reconnaissance officielle, avec leur homologation, de quatre territoires autochtones, et a publié 10 décrets relatifs à la délimitation de nouveaux territoires. Au total, 20 procédures de délimitation des terres ont été débloquées.

Les occupations illégales de terres, les actes de violence liés à des conflits fonciers et les attaques armées se sont poursuivis dans les régions où le secteur agro-industriel était en pleine croissance, touchant en particulier les communautés Guarani-Kaiowá (État du Mato Grosso do Sul), Avá Guaraní du Paraná (État du Paraná), et Pataxó et Pataxó Hã-hã-hãe (État de Bahia). Des occupations et accaparements illégaux de terres, ainsi que des activités minières illégales, ont également été signalés sur des terres autochtones déjà délimitées, en particulier en Amazonie (territoires yanomami, kayapó, munduruku et sararé).

Les menaces et les agressions visant des dirigeant·e·s autochtones ont considérablement augmenté. Parmi les cas de violence extrême enregistrés en 2025 figuraient l’homicide et la décapitation d’Everton Lopes Rodrigues, un jeune Avá Guaraní du Paraná, dans la municipalité de Guaira (État du Paraná), et l’homicide de Vicente Fernandes Vilhalva, un dirigeant guarani-kaiowá, lors d’une attaque menée par des individus armés contre le territoire récupéré de Pyelito Kue, dans la municipalité d’Iguatemi (État du Mato Grosso do Sul). Ces faits sont survenus alors que les États du Paraná, du Mato Grosso do Sul et de Bahia, entre autres, étaient le théâtre de violences persistantes liées à la délimitation de territoires, avec des menaces, des attaques nocturnes, des incendies volontaires et des persécutions visant des dirigeant·e·s de communautés autochtones.

Un accord conclu en mars entre le gouvernement fédéral, l’entreprise Itaipú Binacional et le peuple Avá Guaraní du Paraná prévoyait des mesures de réparation et l’allocation de ressources destinées à l’acquisition de terres, après des décennies d’atteintes aux droits humains liées à la construction d’une centrale hydroélectrique. Quelques mois plus tard, l’État brésilien et cette entreprise ont présenté des excuses tardives pour les actes de violence commis. Cette avancée tant symbolique que concrète a été saluée, mais les peuples autochtones ont continué de dénoncer l’insuffisance des mesures adoptées face aux pertes territoriales de plus en plus importantes et à la persistance sur leurs terres, dans différentes régions du pays, des menaces, des pressions et des occupations illégales.

Quilombolas

Les droits des communautés quilombolas ont été partiellement reconnus juridiquement, avec des décisions de justice réaffirmant que l’État était tenu de faire avancer les procédures d’identification, de délimitation des territoires et d’attribution de titres de propriété. En mars, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a condamné le Brésil pour des violations des droits territoriaux de 171 communautés quilombolas dans la municipalité d’Alcântara (État de Maranhão), et a ordonné l’octroi de titres de propriété couvrant environ 78 000 hectares, ainsi que d’autres mesures de réparation collective.

Malgré cela, les communautés quilombolas ont été confrontées à une intensification des violences physiques, symboliques et structurelles. L’absence de politiques efficaces de délimitation et de protection territoriale perpétuait la vulnérabilité de ces communautés et le manque de justice réparatrice. Les menaces contre leurs dirigeant·e·s se sont multipliées, souvent en lien avec des conflits agraires et des tentatives d’appropriation illégale de terres.

Défenseur·e·s des droits humains

Un nouveau plan national pour la protection des défenseur·e·s des droits humains a été approuvé, renforçant l’obligation incombant à l’État d’adopter des mesures exhaustives de protection physique, psychosociale et juridique pour les personnes et communautés en danger.

Cependant, les attaques, les menaces et les violences graves visant des défenseur·e·s des droits humains, en particulier en ce qui concerne les droits environnementaux, les Quilombolas et les dirigeant·e·s autochtones et communautaires dans des contextes de conflit territorial, ont persisté. Des homicides, des attaques, des menaces de mort et des cas de poursuites pénales ont été signalés. En novembre, Antônia Ferreira dos Santos et Marly Viana Barroso, défenseures des droits humains et cueilleuses de noix de babassu âgées respectivement de 53 et 71 ans, ont été tuées dans la municipalité de Novo Repartimento (État du Pará) dans un contexte de conflit territorial et de défense des modes de vie traditionnels.
En novembre, la Chambre des députés a approuvé l’Accord d’Escazú, qui n’avait cependant toujours pas été ratifié à la fin de l’année en raison de retards dans la procédure devant le Sénat.

Des organisations de défense des droits humains ont accusé le gouvernement de l’État du Pará d’avoir utilisé de manière abusive le programme de protection des défenseur·e·s des droits humains à des fins de surveillance de dirigeant·e·s autochtones et communautaires, dont des parlementaires.

Les procédures judiciaires engagées dans le cadre d’affaires très médiatisées de violence contre des défenseur·e·s des droits humains, comme les homicides de Marielle Franco, d’Anderson Gomes, de Maria Bernadete Pacífico (« Mère Bernadete »), de Bruno Pereira et de Dom Phillips, en étaient à différents stades de l’enquête et du procès et n’avaient toujours pas débouché sur une décision finale. Dans l’affaire concernant Marielle Franco et Anderson Gomes, la procédure engagée contre les commanditaires présumés de leur assassinat en était à sa phase finale et le procès devant la première chambre du Tribunal suprême fédéral était prévu pour février 2026, près de huit ans après la commission de ces crimes. Dans l’affaire concernant Maria Bernadete Pacífico, la Cour de justice de Bahia a également fixé à février 2026 la tenue d’une audience devant un jury pour juger les accusés, deux ans après l’assassinat de cette femme.

Usage illégal de la force

Cette année encore, la politique de sécurité publique a été marquée par des violences policières. D’après l’Annuaire brésilien de la sécurité publique et des organisations telles que l’Instituto Democracia em Xeque, la police a tué en moyenne 17 personnes par jour en 2024, ce qui représentait un total annuel de plus de 6 200 décès. Ainsi, le Brésil se classait toujours parmi les pays du monde où le taux de mortalité due à des violences policières était le plus élevé.

Selon l’Annuaire brésilien de la sécurité publique publié en juillet, la population noire continuait de représenter la majorité des victimes de l’usage meurtrier de la force par la police : en 2024, environ 82 % des personnes tuées lors d’interventions policières étaient noires, alors que les Noir·e·s représentaient environ 55,5 % de la population totale.

Au niveau institutionnel, des décisions judiciaires liées à la protection des valeurs constitutionnelles fondamentales face aux actions des pouvoirs publics – rendues notamment à la suite d’un recours pour non-respect du principe fondamental (ADPF) 635 (dit « ADPF das favelas ») ou 709 – ont renforcé la responsabilité de l’État pour les violences commises par des agent·e·s des services de sécurité et en ce qui concerne la protection des populations vulnérables. Cependant, ces décisions n’ont pas été appliquées. En janvier, une opération menée dans les quartiers de l’Alemão et de la Penha, à Rio de Janeiro, a causé des dizaines de morts et perturbé la vie quotidienne dans ces favelas, et des cas d’exécutions extrajudiciaires et d’entrave à la circulation des ambulances ont également été signalés. Dans la ville de São Paulo, les décès causés par des membres de la police militaire en service ont augmenté en 2025 pour atteindre le nombre de 672, avec une hausse plus marquée au second semestre après l’adoption par la police d’un nouveau modèle de caméra-piéton offrant un champ de vision plus restreint.

En mai, une opération de la police militaire menée dans le quartier de Pantanal de la ville de Macapá (État d’Amapá) a entraîné la mort de sept jeunes qui revenaient d’un match de football, dont un adolescent de 14 ans, à la suite de coups de feu tirés sur le véhicule dans lequel ils se trouvaient.

En octobre, l’opération Contenção, menée dans les favelas de la Penha et de l’Alemão par 2 500 membres de la police civile et de la police militaire, a fait 121 morts, dont quatre policiers. Cette opération, considérée comme la plus meurtrière de l’histoire de l’État de Rio de Janeiro, a été marquée par des cas d’exécutions extrajudiciaires, de perquisitions domiciliaires, de non-respect des protocoles de préservation des scènes de crime, et d’usage disproportionné de la force dans une zone densément peuplée, selon certaines informations.

Quelques progrès sont à noter en matière de reconnaissance de la responsabilité de l’État, puisque des personnes ont été déclarées coupables dans plusieurs affaires très médiatisées de violences policières. Dans la ville de Fortaleza, huit policiers militaires ont été condamnés à de longues peines d’emprisonnement pour homicide, tentative d’homicide et torture, ces actes ayant été commis lors du massacre de Curió, en 2015, contre des habitants de plusieurs quartiers périurbains. Plusieurs agents ont été acquittés dans le cadre d’un autre procès. Dans l’affaire João Pedro Matos Pinto, un adolescent noir de 14 ans tué en 2020 à son domicile de Rio de Janeiro lors d’une opération policière, la justice a décidé que les agents impliqués devaient être jugés devant un jury populaire pour meurtre avec circonstances aggravantes, après leur acquittement par un tribunal en 2024. Dans l’affaire Johnatha de Oliveira Lima, un jeune homme noir tué lors d’une intervention policière dans une favela de Rio de Janeiro, une série de décisions judiciaires a permis la réouverture de l’enquête. Ces exemples restaient toutefois exceptionnels, puisqu’environ 98 % des enquêtes visant des fonctionnaires de police étaient classées sans suite et moins de 2 % des cas de décès causés par la police faisaient l’objet d’un procès.

Droits des personnes LGBTI

Les questions relatives aux personnes LGBTI ont gagné en visibilité et des décisions judiciaires ont permis d’élargir la reconnaissance des droits de ces personnes avec des arrêts rendus par des juridictions supérieures qui ont renforcé l’égalité en matière de filiation, de congés parentaux et de reconnaissance administrative pour les identités de genre non binaires.

En parallèle, la violence à l’égard des personnes LGBTI a augmenté : l’Observatoire du Groupe gay de Bahia a recensé 291 morts violentes de personnes LGBTI en 2024, soit près de 9 % de plus qu’en 2023, et l’Association nationale des personnes travesties et transsexuelles a comptabilisé plus de 100 homicides de personnes trans au cours de la même période, ce qui maintenait le Brésil parmi les pays les plus meurtriers au monde pour cette catégorie de la population. Les crimes de haine fondés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre continuaient de faire l’objet de peu d’enquêtes et les responsabilités étaient rarement établies dans ces affaires.

Violences sexuelles ou fondées sur le genre

La mise en place de mécanismes institutionnels de protection et d’obligation de rendre des comptes face à la violence fondée sur le genre a progressé. Ainsi, le nombre de postes de police spécialisés a progressivement augmenté, les réseaux d’aide ont été élargis et des campagnes de sensibilisation ont été menées, ce qui montrait que les autorités avaient dans une certaine mesure reconnu la gravité du problème. Les féminicides ont néanmoins atteint un niveau record, avec au moins 1 470 cas enregistrés en 2025, soit environ quatre femmes assassinées par jour, un chiffre en légère augmentation par rapport à 2024. Dans un contexte d’inégalités raciales persistantes, les femmes noires restaient surreprésentées parmi les victimes, et plusieurs affaires très médiatisées qui se sont succédé ont donné lieu à des manifestations massives et à des appels à une réponse plus ferme de la part des autorités.

Droits sexuels et reproductifs

Le Congrès a poursuivi la mise en œuvre d’initiatives visant à restreindre l’accès à l’avortement légal. L’examen de la proposition de loi no 1904/2024, qui visait à assimiler l’avortement pratiqué après la 22e semaine de grossesse à un homicide volontaire simple, y compris en cas de viol, a déclenché des mobilisations massives du mouvement féministe et d’organisations de défense des droits humains. À la fin de l’année, le texte n’avait toujours pas été adopté.

Impunité

Le rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition a souligné dans ses rapports qu’une impunité structurelle et des obstacles importants à l’accès à la justice subsistaient, en particulier dans les cas d’exécutions extrajudiciaires, de torture et de disparitions forcées, malgré quelques avancées ponctuelles en matière d’obligation de rendre des comptes.

Des blocages législatifs et des résistances politiques continuaient d’entraver certains dispositifs de justice de transition, notamment des tentatives visant à limiter les politiques de mémoire historique et à modifier la loi d’amnistie, mettant en péril le droit collectif à la vérité, à la justice et à des réparations.

L’accès à la justice restait marqué par de profondes inégalités. D’après les données du Conseil national de la justice, les personnes noires et les groupes marginalisés continuaient d’être surreprésentés dans la population carcérale et sous-représentés dans l’accès à une défense adéquate, malgré des initiatives telles que la mise en place de protocoles de prise en compte des questions raciales et relatives aux droits humains dans les procédures de jugement.

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